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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Mercredi 30 janvier 2008

Ceux qui nous laissent

Laissent dans nos cœurs

Un trou qui a la forme de nos souvenirs.

Dans les premiers temps, la blessure fait si mal qu'on n'ose pas trop y toucher.

Puis elle cicatrise, et ça gratte. Alors on ose, petit à petit, toucher les contours du trou, les apprendre tout doucement. Parfois on arrive à retrouver des sensations normales dans ce qui n'était que douleur, parfois c'est trop tôt et on ne réussit qu'à s'infecter bêtement.

Enfin un jour, on se rend compte qu'on n'a plus mal, la plupart du temps, et on ose enfin regarder son cœur en face, dans son entier, et le toucher, cicatrice comprise. On voit alors qu'elle est le reflet de celui qui nous a laissé, qu'elle dessine ce qu'on a vécu ensemble, bon et mauvais, ce qu'on a appris de lui. On se sent entier, enfin. Alors, peut-être, le deuil est-il fini...

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Mercredi 19 décembre 2007

Il était une fois un livre de Terry Pratchett, Le père Porcher, qui racontait une histoire du Disque-Monde : celle du jour où les Auditeurs, qui haïssent tout ce qui est vivant parce que ça leur échappe, décident d'éliminer le père Porcher, équivalent de notre père Noël. Il était une fois la BBC, qui décida d'offrir à ses téléspectateurs une adaptation télévisée de ce roman pour Noël 2006. Ce téléfilm était très réussi, à la fois par lui-même et par son respect du bouquin. Il était une fois une chaîne française qui d'habitude ne passe pas grand-chose de bon, et qui décida pourtant, pour Noël 2007, d'offrir à son tour ce téléfilm aux téléspectateurs français. Cette chaîne s'appelait M6, la diffusion était prévue pour le 24 décembre à 22h10.

Belle histoire, non ? Figurez-vous que c'est une histoire vraie. Il n'y a plus qu'à espérer que les anges du doublage auront fait du bon boulot sur ce coup-là, et à programmer magnétoscopes et enregistreurs numériques pour la soirée du 24...

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Vendredi 26 octobre 2007

Il marche à tout petits pas

Ceux d'un citoyen pressé

Regard fuyant et front bas

Incarnation désolée

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Mercredi 3 octobre 2007

C'est un début de soirée maussade. Elle est sortie du boulot de mauvaise humeur, elle a marché jusqu'au métro. L'escalator à peine descendu elle a entendu les quelques notes qui annoncent un message : le métro est en panne sur toute la ligne pour une durée de 30 minutes environ... Elle a maugréé et décidé de rentrer à pied, pour une fois. Vu la durée de la panne ce sera presque aussi rapide, et ça lui évitera toujours la mauvaise humeur des autres.


Elle sort du métro, commence à marcher. Vite d'abord, à cause du crachin et de l'énervement. Puis un peu plus posément. Elle regarde autour d'elle. Respire à fond l'air de la ville.


Une enseigne lui fait de l'œil au loin. Une boulangerie. Ça ne serait pas raisonnable... Non, mais c'est si bon ! Elle entre, dit bonjour à la boulangère, demande un croissant, paye, ressort, son petit sachet de papier à la main.


Un croissant. Encore un peu chaud. Son odeur lui rappelle d'autres croissants, ceux qu'elle prenait à la sortie de la piscine pour effacer le goût du chlore, ceux qu'elle achetait en rentrant de la fac jeune fille pour effacer la solitude et accompagner la radio.


La première bouchée du croissant la fait sourire, franchement. Elle la mâche avec lenteur, pour profiter, et fait durer le croissant jusqu'à la maison.


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Mercredi 5 septembre 2007
D'habitude, je fais très peu attention à ce qui se passe autour de moi dans le métro. J'ai plutôt tendance à sortir mon bouquin ou mon lecteur mp3 et à m'abstraire de ce qui m'entoure : il y a des gens qui réagissent mal s'ils pensent qu'on les regarde ou qu'on les écoute, même si on pense à tout autre chose. Mais l'autre soir je venais de terminer l'écoute du dernier épisode du donjon de Naheulbeuk, il ne me restait que deux stations, pas la peine de sortir mon bouquin. Une dame avec ses deux petites filles, une de 3 ans et l'autre de 5, à peu près, se sont installées en face de moi. La plus petite avait l'air un peu anxieuse, elle a réfléchi un moment et a demandé à sa mère "maman, pourquoi il y avait des policiers dans le métro ? Il n'y avait pas de méchants...". La dame a répondu "mais si ma chérie, des méchants il y en a partout, c'est pour ça qu'il y avait des policiers". La grande fille a surenchéri : "oui, et même qu'ils ont des pistolets comme ça ils peuvent tirer sur les méchants". Fin de la discussion.

Certes, on ne peut pas parler à des enfants comme on le fait aux adultes, ils ne sont pas outillés pour tout entendre, tout comprendre. Mais quand même, transmettre une vision aussi simpliste du monde, ça me fait mal. Il me semble qu'on peut expliquer à un enfant que les choses sont compliquées. Que le monde ne se divise pas entre gentils et méchants. Que ce n'est pas parce qu'on a été méchant une fois qu'on restera avec l'étiquette "méchant" sur le front toute sa vie. Que personne n'est parfait. Qu'on est tous méchants à un moment ou à un autre de sa vie. Que ce qui compte c'est de s'en apercevoir et d'essayer de ne pas recommencer. Que les policiers sont là pour faire respecter la loi, et qu'eux aussi doivent la respecter.

On ne vit pas dans de la mauvaise littérature jeunesse, ou un méchant sera toujours ignoble, et un gentil toujours bon ; la réalité se peint en tons de gris, pas en noir et blanc. Qu'on ne vienne pas me dire que les enfants ne peuvent pas comprendre, les enfants sont des philosophes nés, ils se posent les questions qu'on oublie de se poser, ils ne sont pas encore habitués au monde. Les questions des enfants, ça pourrait être une occasion de se décrasser les neurones et d'essayer d'y répondre vraiment, en leur donnant des réponses adaptées à leur âge mais de vraies réponses, pas une occasion pour les formater au monde selon Disney.
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Mercredi 29 août 2007
Quand j'ai commencé ce blog, j'ai choisi un design par défaut, je l'ai très peu adapté, et je me suis concentrée sur ce que j'écrivais. Au fil du temps, j'ai modifié ce design, mais de manière mineure. Jusqu'à ce qu'un jour, j'en aie marre du bleu, et je décide de changer tout le thème de couleur. Et puis aussi les polices, tiens, je les voyais depuis trop longtemps. Je suis passé à un thème orangé, une photo de feuilles d'automne comme bannière. J'ai encore changé une fois ou deux avant le passage de ma plate-forme de blog, overblog, à la version 2, qui offrait encore plus de possibilités. J'ai mis le design proposé à ma sauce, plus sobre pour les images (pas d'images de fond ni sur les boîtes, juste une bannière) mais avec plus de couleur.

Le truc, c'est que ça n'a pas de fin. C'est comme de tirer sur un fil qui dépasse d'un tricot : on sait où ça commence, pas où ça finit. Prenez le dernier changement de design que j'ai fait la semaine dernière... Enfin, si on peut appeler ça comme ça, comparé aux grands chambardements auxquels Brendufat ou Djac nous ont habitués, c'est quand même secondaire. Si vous ne voyez rien de changé, videz le cache de votre navigateur et rechargez la page.

J'en étais contente, moi, de mon bleu un peu turquoise. Mais comme couleur pour le contour, je trouvais ça trop sombre. Je ne pouvais pas prendre la couleur pastel que j'avais prévue au départ, sinon les liens overblog en bas ne se voyaient plus, et ils doivent toujours être visibles. Alors j'ai cherché une autre couleur dans les bleus, mais rien ne me plaisait. J'ai fini par tenter d'autres choses, et je suis tombée sur une couleur plutôt orangée. Ça allait très bien avec la bannière, ce qui était l'objectif principal, mais pas du tout avec le reste. Je me suis résignée à changer le reste. J'ai d'abord trouvé la couleur du dessus des boîtes sur le côté. Puis j'ai aussi modifié celle du fond qui jurait, sinon (d'un bleu très très pâle à un jaune très très pale). C'est alors que je me suis rendu compte que la police toute grise ne ressortait pas du tout sur cette couleur. Du coup, j'ai changé, aussi. Je suis passé à un joli rouge. Mais la couleur du cadre, celle que j'avais choisie au départ, et qui avait l'air gaie à côté du bleu, était toute palote, elle ternissait plutôt l'ensemble. J'ai essayé une vingtaine d'orangés avant de me décider pour celui que vous devez avoir sur votre écran : assez vif pour ne pas ternir le reste, assez discret pour que le regard se porte quand même en priorité sur l'écrit (un blog, c'est un peu fait pour ça) et assez foncé pour que les liens en bas se voient. Trois contraintes, rien que ça. Il a aussi fallu changer la couleur des différents liens, ceux des articles et ceux en-dessous des articles, pour ajouter un commentaire, par exemple.

Après avoir changé toutes les couleurs, j'ai regardé mon chef-d'oeuvre, satisfaite. Satisfaite ? Pas tant que ça. La police, là, ça faisait un moment que je me disais que je devrais en choisir une plus lisible. Times New Roman, c'est très bien pour être imprimé, mais ce n'est pas fait pour être lu à l'écran, à la base. J'ai passé en revue des dizaines de polices : il m'en fallait une jolie, élégante, mais quand même courante, parce que si elle était rare, elle ne pourrait pas s'afficher sur les écrans de la majorité de ceux qui passent par là. J'ai beaucoup hésité entre Garamond et Georgia, et j'ai fini par me décider pour Georgia. Je crois qu'elle est plus courante, et surtout, comme sa taille est comparable à celle de Times New Roman, l'affichage restait cohérent pour ceux qui ne l'avaient pas ; Garamond est plus petite, j'aurais dû grossir le tout.

En tout, j'y ai passé deux ou trois heures. Et encore, j'en aurais passé deux fois plus, facile, si les tutoriels de Brendufat, surtout celui-là, ne m'avaient pas appris de bonnes méthodes pour gagner du temps.

Dans quelques semaines ou quelques mois, je vais en avoir marre de ma bannière et je vais vouloir en changer. Du coup, les couleurs actuelles ne conviendront plus, et il faudra tout modifier... Coup de bol qu'au fond, ça m'amuse.
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