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Lundi 4 février 2008

Je sais qu'on est lundi, mais exceptionnellement, c'est d'un film dont j'ai envie de vous parler. Le titre de ce film est Nos souvenirs brûlés. Il raconte l'histoire d'une femme, Audrey (jouée par Halle Berry) dont le mari, Brian, est tué brutalement. Elle a deux jeunes enfants, une petite fille de 9 ans et un petit garçon de 6 ans. Le meilleur ami de son mari, Jerry (joué par Benicio Del Toro), est un ancien avocat devenu toxicomane. Audrey n'a jamais pu le supporter, elle pensait qu'il profitait de son mari. C'est pourtant à lui qu'elle se raccroche désespérément, lui à qui elle propose d'habiter dans le garage aménagé en chambre d'ami.

On dirait le scénario parfait pour un mélo à deux balles, non ? Elle, belle, rigoureuse, en deuil, apprend à connaître un homme qui est par bien des côtés aux antipodes d'elle-même... Raté. Ce film est incroyablement délicat, sensible, pas un instant on a l'impression de se faire manipuler ou d'assister à des scènes volontairement tire-larmes. Il y a elle, et le deuil qu'elle a à faire, il y a lui, et son combat contre lui-même, il y a les enfants qui eux aussi mènent leur barque comme ils peuvent, il y a des aller-retours entre passé et présent, entre avant et après la mort de Brian. Il y a des personnages ambigus et touchants, des acteurs toujours justes, enfants compris. Il y a quelques scènes assez dures, nécessaires pourtant. Il y a un film magnifique qui mérite d'être vu, et pour lequel pourtant il n'y avait qu'une dixaine de spectateurs quand je l'ai vu. Si ça vous tente, dépêchez-vous, il risque de ne pas rester longtemps à l'affiche.

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Samedi 22 décembre 2007

J'aime beaucoup la série de Philip Pullman, À la croisée des mondes, j'étais donc assez curieuse de voir le film qui en a été tiré.

En tant que film, je l'ai trouvé pas mal, sans plus. Le rythme est peut-être un peu trop rapide, mais les acteurs, à l'exception de Daniel Craig, jouent plutôt bien, et surtout les décors et les effets spéciaux sont vraiment très réussis esthétiquement. La musique, par contre, est lourdaude et surtout trop fort par rapport au reste (dialogues et bruitages). La chanson du générique est vraiment ratée à mon goût, elle arrive comme un cheveu sur la soupe. Dernier défaut, j'ai été le voir en version française, et j'ai été très déçue des doublages des dæmons, les voix sont carrément irritantes.

En tant qu'adaptation d'un très bon bouquin, ce film a des mérites, mais pas seulement. J'ai apprécié le fait qu'ils n'aient pas choisi une gamine adorable pour jouer Lyra, parce que dans le premier tome, c'est une peste, et elle n'est pas très jolie. C'est respecté, et c'est bien. Il y a bien sûr quelques changements dans l'intrigue pour mieux convenir au format d'un film, et la plupart ne m'ont pas gênée : il n'y en a que deux que je trouve vraiment mauvais.

Le premier, c'est le changement d'auteur de la tentative d'assassinat de Lord Asriel, dans les premières minutes du film. Je comprends bien qu'ils faut faire rentrer dans la tête du spectateur que le magisterium, ce sont "les méchants", mais si j'apprécie À la croisée des mondes, c'est justement pour sa complexité : on peut commettre des actes terribles (en l'occurrence la tentative d'assassinat) sans être forcément un franc salaud, et on peut faire partie des "méchants" et avoir quand même une place dans son cœur pour un peu de bonté et d'amour.

L'autre modification qui m'a énervée, c'est l'endroit de l'intrigue où ils ont choisi de couper le film, avant la fin du premier tome. Les scénaristes ont choisi un point d'équilibre, pas le grand bouleversement du roman. Là encore, je comprends pourquoi ils ont fait ce choix - s'ils respectaient la structure des livres, ils devaient commencer le deuxième film en rupture complète avec le premier, avec Will qui ne connaît pas encore Lyra, et dans notre monde. Ce changement de point de vue dans la série est un choix original, courageux, qui montre que Philip Pullman ne prend pas ses lecteurs pour des cons et n'a pas peur de les bousculer. Dommage que ce ne soit pas le cas des scénaristes.

En conclusion, je recommanderais vivement de lire le bouquin avant d'aller voir le film pour ceux que ça tente, et, pour ceux qui l'ont déjà vu, de ne pas trop attendre du film - c'est un bon divertissement, sans plus.

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Samedi 4 août 2007
J'ai une tendresse particulière pour les génériques de fin des films. Les génériques de début, on ne les remarque presque plus : le modèle généralement admis est celui où le film commence, puis on voit quelques noms (réalisateur, acteurs principaux) défiler pendant une brève pause de l'action, avant de plonger dans le film pour de bon.

Les génériques de fin, c'est une autre histoire. Déjà, par définition, ils arrivent à la fin du film. Je ne sais pas qui fait les génériques en général, si c'est le réalisateur, quelqu'un d'autre, mais je sais que certains sont vraiment formidables. Je pense par exemple à celui du Prisonnier d'Azkaban, les noms qui défilent sur la carte du maraudeur. Et puis il y a la musique, parfois une simple resucée de celle du film, parfois un thème proche, parfois quelque chose de différent.

Le rôle premier du générique est, bien sûr, de citer tous les noms de ceux qui ont fait le film : les acteurs, les cascadeurs, les coiffeurs, les musiciens, les responsables des effets spéciaux... C'est grâce à tous ceux-là qu'on a passé un bon moment, c'est déjà une bonne raison de rester jusqu'au bout.

Le second rôle du générique est, pour moi, le plus important. On vient de passer une heure et demie, deux heures dans le noir, complètement plongés dans une histoire, des personnages, un autre lieu, un autre temps. Sauf si le film est mauvais, je ne peux pas sortir de tout ça simplement en secouant la tête pour revenir à la réalité. J'ai des copains qui sortent de la salle dès que le film est fini, avant la fin du générique, il m'est arrivé de les suivre, mais je trouve ça assez désagréable. Je n'arrive pas à passer directement de "immergée dans le film" à "alors, qu'est-ce que tu en as pensé". Il me faut un petit moment de rêverie, où je peux imaginer ce que le film n'a pas montré, refaire les scènes qui ne m'ont pas plu, rejouer celles qui m'ont plu avant de réatterrir sur mes pieds. Pour ça, quoi de mieux que le générique ? Dans les bons cinémas la lumière reste faible, on est encore dans l'ambiance du film, dans la musique du film, même si le film est fini.

Devos disait que c'était grossier de finir une histoire trop vite, de balancer ses auditeurs en dehors de l'imagination sans préavis. Les génériques des films nous offrent cette option, cette transition. Pourquoi ne pas saisir l'occasion ?
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Mercredi 18 juillet 2007
Cette note sera en trois parties. Thèse, antithèse, synthèse ? Pas du tout. Simplement je sais que le public de ce blog est assez divers, donc je vous propose une division selon les intérêts. Première partie spécialement pour les gens qui n'ont pas vu le film, deuxième pour ceux qui l'ont vu mais qui n'ont pas lu les livres (ou du moins pas le suivant), et dernière pour les Potterophiles qui ont tout lu et qui préparent déjà leur sac de couchage pour dormir devant une librairie vendredi soir. Comme ça, personne n'apprend d'éléments importants s'il ne le veut pas.

Or donc, pour tout le monde y compris ceux qui n'ont pas vu L'ordre du Phénix : j'ai trouvé que c'était un assez bon film. Peut-être pas aussi bon que Le prisonnier d'Azkaban, mais indubitablement meilleur que La coupe de feu. Il y a suffisamment de scènes d'action pour qu'on ne s'ennuie pas, suffisamment de scènes de non-action pour que ça ait du sens, et je crois qu'on peut comprendre ce qui se passe sans avoir lu les livres. Les effets spéciaux sont pas mal du tout, la musique assez prenante, les acteurs pour la plupart excellents. Mention spéciale à Imelda Staunton, qui joue le professeur Umbridge. James et Oliver Phelps qui jouent les jumeaux Weasley grandissent pour devenir carrément mignons, je n'aurais pas cru ça en les découvrant dans le premier film. Je conseille d'aller le voir en VO, parce que même le meilleur doubleur du monde ne pourrait pas rendre la voix d'Imelda Staunton dans ce film (vous avez vu, je n'ai même pas parlé d'Alan Rickman) (merde !)

Pour ceux qui ont vu le film ou lu le livre. J'ai trouvé Umbridge exactement comme elle devait être, flippante à force de rose bonbon, de grands sourires, de chatons cromeugnons et de dévotion pour Fudge. Sa petite toux, c'était exactement comme je l'imaginais ! L'actrice qui joue Luna Lovegood est très bien aussi, peut-être moins barrée que je la voyais.
On voit un peu moins le côté chiant de Harry adolescent que dans le livre. Avoir choisi Cho comme "traîtresse" (involontaire, puisque qu'Umbridge lui a fait boire du Veritaserum) au lieu de son amie Marietta est un bon choix pour un film où on doit rester centré sur les personnages principaux. Je suis contente qu'ils aient gardé la scène où Hermione explique les sentiments de Cho à Ron et à Harry, c'est une des plus drôles du livre.
J'ai un peu regretté de ne pas revoir Dobby : dans le livre c'est lui qui propose l'endroit où le DA s'entraîne, mais c'est bien que ce soit Neville qui l'ait remplacé pour ça. Dommage qu'on n'explique pas bien ce que sont devenus ses parents (fous après avoir été torturés par Bellatrix) et que Voldemort aurait pu le choisir autant que Harry. Dommage aussi qu'on voie si peu Kreacher. Je sais que JK Rowling a insisté pour qu'il apparaisse dans le film, mais on ne comprend rien de son rôle dans la mort de Sirius : dans le livre il raconte tout ce qu'il peut aux Malfoy et induit Harry en erreur en lui faisant croire que Sirius est parti de la maison quand Harry a la vision de Sirius torturé par Voldemort. Kreacher a un rôle essentiel puisque c'est un elfe de maison vraiment horrible : il fait un contraste avec Dobby qui est adorable encore qu'un peu frappadingue. La scène de combat au ministère de la magie m'a un peu déçue : les death eaters (à l'exception de Bellatrix Lestrange, formidable Helena Bonham Carter) sont moins effrayants que les dementors au début. C'est marrant, d'ailleurs, c'était la même chose pour La coupe de feu : les death eaters du début étaient vraiment terrifiants, Voldemort à la fin limite moins. On s'attendrait à une progression dans l'autre sens, tout de même.
Je suis toujours aussi déçue par le jeu de Michael Gambon en Dumbledore, il lui manque une dimension de sagesse et d'affection pour Harry, qu'on ne sent même pas à la fin quand il lui explique qu'il lui a caché des choses pour le protéger. On ne voit pas non plus son humour. C'est quelque chose que j'adore chez lui, pourtant.
Les feux d'artifices de Fred et George sont un peu moins impressionnants que je les avais imaginés, mais ils montrent quand même bien que leur spécialité, c'est la révolte joyeuse, et c'est génial. J'ai adoré les thestrals. Le seul truc qui m'a un peu gênée côté effets spéciaux c'est à la fin, pendant la bataille, quand les méchants se déplacent en laissant une traînée noire et les gentils une traînée blanche. Quand on pense qu'un peu plus tôt Sirius dit que chacun a en lui la lumière et l'ombre, et que ce sont nos choix qui font la différence, c'est bien manichéen comme vision.

Enfin, les Potterophiles qui ont lu le bouquin suivant, vous pouvez surligner ce qui suit avec votre souris : il y a des détails sur Half Blood Prince et des théories sur Deathly Hallows.
Si Michael Gambon continue comme ça, je crois qu'il n'y aura pas grand-monde pour pleurer la mort de Dumbledore à la fin du prochain film, alors que dans les livres... Je ne connais pas grand-monde qui les ait lus et qui ne l'ait pas pleuré.
Le film montre aussi des choses qu'on ne sait pas encore vraiment dans ce tome-là : les regards de Ginny sur Cho quand elle drague Harry, par exemple, joli détail. On apperçoit Percy aux côtés de Fudge même s'il n'est pas nommé. La chèvre dans le bar où le DA se retrouve pour la première fois tend à prouver que le barman est bien Aberforth, le frère de Dumbledore (si, rappelez-vous, dans Goblet of Fire Dumbledore dit que son frère a été arrêté pour avoir pratiqué des sortilèges interdits sur une chèvre). La façon dont on voit la mort de Sirius - "avalé" par le voile - confirme à mon avis une théorie selon laquelle les voix derrière le voile sont celles de tous ceux qui ont été tués par le sort Avada Kedavra. Une des dernières phrases de Harry dans le film, quand il dit qu'il a pitié de Voldemort qui ne connait ni l'amour ni l'amitié, avance aussi pas mal sur le tome 6 où il se rend vraiment compte à travers des "leçons" de Dumbledore que Voldemort est un humain comme n'importe qui d'autre, qu'il a fait des choix lui aussi, qu'il n'est pas né armé et maléfique. J'espère que dans le prochain film Dumbledore va bien dire à Harry que ce sont ses choix qui comptent, pas la prophétie. Parce que mine de rien, Harry Potter porte aussi une vision du monde, et qu'elle n'est pas fataliste.
Je ferai probablement un post en deux parties (sans et avec spoilers) dès que j'aurai fini de lire Deathly Hallows et de sécher mes larmes, dimanche ou lundi. En attendant, puisque cette note est déjà un peu décousue et que c'est la dernière occasion que j'ai de le faire, je vais vous raconter ma théorie sur le prochain tome. Il y a pas mal de gens qui pensent que Harry lui-même, ou sa cicatrice, est un horcrux, qu'il contient une partie de l'âme de Voldemort. Ce que je crois - une théorie comme une autre, dont on rira peut-être dans une semaine mais que j'aime bien tout de même - c'est que Harry était un horcrux, mais que depuis que Voldemort a assimilé son sang pour retrouver son corps dans le tome 4 il ne l'est plus. Vous vous souvenez, quand Dumbledore apprend ça, il y a dans son regard une lueur de triomphe, Harry croit qu'il se trompe quand il la voit mais JK Rowling a confirmé que c'était important. Je crois que Dumbledore avait compris que Voldemort avait retrouvé au moins cette partie de son âme, que Harry ne serait pas forcé de se sacrifier.
Je suis sûre que RAB, celui qui a le vrai médaillon horcrux, est bien Regulus Black, le frère de Sirius, parce que selon les traductions les initiales changent pour concorder avec son nom. Pour ce qui est de Snape... Je refuse de croire que c'est un pur salaud, parce que c'est le personnage le plus intéressant de la série, toujours en tons de gris. J'espère qu'il restera comme ça, avec une bonne part d'ombre mais quelques éclairs de lumière par-ci par-là.

Si vous avez envie de commenter, ce serait sympa de préciser si vous allez raconter des éléments de Half Blood Prince ou des théories sur la suite avant de le faire pour garder la surprise à ceux qui ne l'ont pas lu. En fait, si vous pouviez faire comme moi et garder les spoilers en blanc pour qu'on ne puisse pas tomber dessus par hasard, ce serait encore mieux.
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Jeudi 5 juillet 2007
Hier soir, j'ai obéi à l'injonction de Maybe et je suis allée voir Persépolis. Je comptais y aller de toute façon après avoir entendu beaucoup de bien de ce film sur France inter et en avoir lu aussi dans Télérama.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'ai pas regretté ma soirée. Ce film est incroyable, il ne dure qu'1h35 mais j'ai eu l'impression d'être plongée dans l'histoire pendant beaucoup plus longtemps que ça. Il y a tout dans ce film : il y a des sentiments, mais ce n'est pas mièvre, il y a de la violence parfois (et vu l'histoire, celle de Marjane Satrapi, jeune fille en Iran, c'est prévisible) mais ce n'est pas brutal pour le spectateur. Au niveau technique, c'est juste bluffant de beauté.

Bref, c'était magnifique à tous points de vue, et je vous le recommande chaudement. Le film est basé sur une BD sur laquelle je compte bien me ruer dès qu'elle sera disponible à la bibliothèque.

Une chose encore. A côté de nous il y avait un couple, le visage du monsieur, quand la lumière s'est rallumée, était de marbre. Sa femme lui a dit tendrement "la prochaine fois, on ira voir un Disney". Visiblement, une victime du préjugé qui veut qu'un dessin animé ce soit forcément pour les enfants... Je ne le déconseillerais pas à des ados ou des préados, mais ce n'est pas un film pour enfants.
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Jeudi 14 juin 2007
Le premier est un film classique, un Disney d'aventure, avec comme petite lueur de folie le personnage du capitaine Jack Sparrow.
Le deuxième est limite brouillon, mais déjà un peu plus fou et, comment dire, prometteur.
Le troisième est un bouillonnement incroyable, un vrai film de pirates, mythologie incluse, où le capitaine Jack Sparrow a presque l'air raisonnable à côté de tous ces tarés. Quelques longueurs à la fin, aisément pardonnables. Pas du tout un film pour les enfants.
Tout ça parti d'un manège de Disneyland, c'est tout de même fabuleux, non ?
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