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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Mercredi 23 mai 2007
    J'espère que je ne marche pas trop sur les plates-bandes d'Arbobo en partageant avec vous un de mes coups de coeur musicaux du moment : c'est un guitariste nommé Eltjo Haselhoff. Ne vous en faites pas, moi non plus je ne sais pas comment ça se prononce, mais j'adore sa musique.

    Pour ceux qui s'intéressent à la technique (les autres, sautez ce paragraphe) Eltjo est un guitariste picking : en gros, ça veut dire qu'au lieu de jouer simplement une mélodie à la guitare, corde après corde (comme le fait souvent Cabrel par exemple) il joue plusieurs cordes à la fois. Cette technique permet à un guitariste de jouer tout seul sans qu'on s'ennuie, il peut faire le rythme, la mélodie, une seconde mélodie, tout ça en même temps. A l'écoute, on a parfois l'impression qu'il y a plusieurs guitares, alors que c'est juste une guitare et un gars aux doigts véloces. Parmi les guitaristes qui ont développé cette technique du picking, on trouve Marcel Dadi et Chet Atkins.

    Eltjo Haselhoff compose et joue des musiques diverses et très belles. Il écrit des ballades magnifiques comme Snow in London, mais aussi des airs simples et enjoués comme Tumbo. Je trouve particulièrement difficile de trouver les mots pour parler musique, surtout quand la musique en question est sans paroles, alors je vous renvoie à son Myspace et à son site officiel. Si vous faites une recherche google sur lui, vous apprendrez qu'en plus d'être un excellent guitariste, il est docteur en physique : étonnant, non ?
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Mercredi 18 avril 2007
    J'aime la musique de Stephan Eicher depuis tellement longtemps que je ne me souviens pas de la premiere fois que je l'ai entendu. Déjà, j'aime sa voix, un peu rauque et pourtant très douce. Ensuite, j'aime ses musiques, tout court, et je suis bien incapable de vous dire pourquoi. Enfin, j'aime les paroles de ses chansons en français, qui sont le plus souvent écrites par Philippe Djian, et ça m'étonne toujours. Quand j'ai découvert que Philippe Djian était aussi romancier, j'ai tenté de lire plusieurs de ses livres, en pensant que si je les aimais autant que les paroles des chansons de Stephan Eicher, alors j'allais trouver un romancier vraiment cher à mon coeur, mais le charme n'a pas opéré, tant pis...
   
    Bref, pour en revenir à Stephan Eicher. L'alchimie entre sa voix, ses musiques, les paroles de Djian ou d'autres pour les autres langues (il chante aussi en bernois et en anglais, voire parfois en italien ou en allemand, il est suisse), tout ça crée des chansons qui peuvent parfois sonner étrange à la première écoute, mais qui sont juste belles. Rivière, par exemple, il m'arrive de pleurer en l'écoutant, cette chanson, pourtant elle n'est pas triste : c'est comme une berceuse pour le coeur. Il n'écrit et ne chante pas que des ballades, loin de là : mais même dans ses chansons plus dynamiques je trouve une profondeur qu'on ne trouve pas toujours ailleurs.

    Tout ça pour en arriver au fait : Stephan Eicher vient de sortir un nouvel album, Eldorado. J'ai hésité à vous en parler d'abord, parce que je ne pouvais pas décemment illustrer ce billet en vous envoyant écouter les extraits disponibles sur amazon, trop courts et dont le son est pourrave. Heureusement, la moitié des chansons de l'album sont disponibles à l'écoute tout ce qu'il y a de légalement sur le site officiel. Le site est en flash, il faut cliquer sur Eldorado en bas, puis sur Album. Rendez-vous, le titre qui est  le plus diffusé sur les radios en ce moment, n'est pas mon préféré, loin de là ; il a été écrit par Raphaël, et est franchement trop sombre à mon goût. Jetez plutôt une oreille à Confettis, ou Voyages. Stephan Eicher sera invité dans le prochain Taratata, qui passera vendredi soir sur France 4 et je ne sais pas trop quand sur France 3, mais je vous le dirai quand je le saurai, et l'album Eldorado est disponible dans toutes les bonnes crémeries.
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Vendredi 26 janvier 2007
    Aujourd'hui j'avais prévu de vous parler de Johnny Clegg, mais je ne savais pas trop comment. Bien sûr, je pouvais commencer par vous rappeler que c'était lui, le zoulou blanc, lui, l'auteur de la chanson Asimbonanga, hommage à Mandela et à tout ceux qui à l'époque étaient emprisonnés à cause de leur lutte contre l'apartheid. J'aurais pu vous rappeler son histoire en quelques mots, garçon blanc d'origine anglaise arrivé très jeune en Afrique, qui a rencontré des zoulous à travers son amour de la musique, et s'est pris d'amitié pour l'un d'entre eux, Sipho Mchunu.

    Je pourrais vous parler de ce type qui danse de manière incroyable et qui fait une musique de j'adore, mélange d'influences qui finit par devenir un style en soi, rythmes irrésistibles, simples ou complexes. Je pourrais vous dire que Johnny Clegg chante en zoulou, en anglais, en afrikaans, même en français sur une des chansons de son dernier album. Je pourrais vous dire qu'il a écrit et joué des chansons de lutte comme Asimbonanga ou One (hu)man, one vote, mais aussi des chansons simples, belles et poétiques, comme Dela ou Daughter of Eden. Je pourrais vous raconter ses deux groupes, Juluka, fondé avec Sipho Mchunu, puis Savuka quand il est parti. Je pourrais vous dire qu'il a plaidé le mélange des cultures et des personnes par l'exemple, ce qui est quand même le meilleur moyen. Je pourrais vous dire que j'adore sa voix, sa façon de parler et de chanter avec un mélange d'accents incroyable. Je pourrais terminer en vous disant que son dernier album m'a charmée, qu'il n'a pas quitté mon lecteur de CD depuis trois semaines.

    Pour finir, je crois que je vais simplement vous laisser vous faire une idée en écoutant les extraits disponibles sur amazon (je vous en mettrais bien ici, mais la loi sur le droit d'auteur l'interdit...) et en jetant un oeil à son site officiel, sur lequel il y a aussi quelques extraits, et aux articles qui lui sont consacrés sur wikipedia (version française, version anglaise).
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Mercredi 27 décembre 2006
    Pour la note d'aujourd'hui je veux vous parler d'un chanteur : Graeme Allwright.
   
    Graeme Allwright est né en Nouvelle-Zélande il y a 80 ans mais il a vécu la plus grande partie de sa vie en France. Son nom ne vous dit peut-être rien mais je serais très étonnée que vous ne connaissiez aucune de ses chansons : je pense à Il faut que je m'en aille, par exemple, ou à Jolie bouteille.
   
    Il est surtout connu pour ses traductions, qui sont d'authentiques chef-d'oeuvres. Graeme Allwright a traduit et chanté Léonard Cohen (Suzanne, Demain sera bien, Vagabonde, ...) à l'époque où Hugues Aufray traduisait Bob Dylan, mais avec un vrai talent. Graeme Allwright a restitué le sens avec la poésie, indispensable.
   
    J'aime sa voix douce, son talent pour la guitare, ses traductions formidables - Léonard Cohen bien sûr mais pas seulement, il a aussi écrit la traduction française de Petit Garçon, Petites boîtes... Si vous voulez le découvrir, il existe pas mal de best of, mais je vous conseille plutôt un live, Demain sera bien par exemple.
   
    Graeme Allwright sur Wikipedia
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Mardi 5 septembre 2006
    Je chante, je chante soir et matin... Euh, pardon. Prenez vos cahiers, sujet de la dictée : le chant choral.

    Longtemps, j'ai chanté de bonne humeur. Quand il y avait de la musique, la radio, les cassettes (c'était il y a très longtemps), mais aussi quand il n'y en avait pas. De toutes façons, je chantais, sans technique, mais, paraît-il, avec une assez bonne oreille. Puis j'ai grandi et je suis partie faire mes études dans la grande ville. Je me suis vite sentie un peu seule loin de mes anciens camarades de classe qui étudiaient ailleurs. S'est alors posée la question d'une activité régulière, pour trouver des amis. La réponse est venue sous forme d'une inscription dans une chorale de jeunes.

    C'était avant le film "Les choristes" (quand je vous dis que ça fait un bail...), mais je trouvais que c'était une idée sympa de chanter en groupe. Je suis tombée sur une chorale fantastique, on était une vingtaine de jeunes, majoritairement des étudiants, codirigés par deux chefs au top. La plupart d'entre nous ne savait pas déchiffrer les partitions (pour ma part j'ai de vagues restes de solfège mais il ne faut pas trop m'en demander...) donc on apprenait surtout à l'oreille et ça m'allait très bien.

    J'ai pas mal tâtonné avant de trouver ma voix : alto (les filles qui chantent plutôt grave) ou soprane (les filles qui chantent plutôt aigu) ? Ma voix pouvait tenir les deux registres, mais elle rendait définitivement mieux dans les aigus, ce que je regrette toujours un peu (je rêvais d'une belle voix grave à la Maurane). On s'échauffait, on apprenait à chanter en harmonie les uns avec les autres et parfois aussi en dissonance pour certains chants étrangers : pas si facile que ça en a l'air, instinctivement on cherche plutôt l'harmonie ! Chanter en choeur suppose de savoir écouter en même temps qu'on chante, ça non plus ce n'est pas évident. Le groupe était assez soudé, on se voyait aussi en dehors des répétitions, chez les uns, chez les autres, soirées ciné ou tisane.

    J'ai quitté cette chorale quand j'ai commencé à travailler. Je suis entrée dans une chorale adulte, et j'y suis toujours. On est beaucoup plus nombreux, c'est nettement plus dur de communiquer en dehors des gens qui sont dans le même pupitre (les sopranes avec les sopranes, les ténors avec les ténors...) mais j'aime toujours chanter et la chef est formidable. L'année dernière a été assez chaotique pour moi, notamment au niveau du boulot, et j'ai très peu chanté. Je croyais me simplifier la vie. Parfois je me sentais simplement tellement fatiguée le soir que je n'avais plus l'énergie de ressortir de chez moi pour aller répéter. J'aurais sans doute dû me forcer un peu plus. L'ambiance de ma chorale actuelle est un peu moins sympa que la précédente mais le simple fait de chanter, comme ça, en groupe, a des vertus relaxantes indéniables, ne serait-ce que parce que ça force à respirer à fond !

    En conclusion... Non en fait il n'y a pas de conclusion, c'est une histoire qui continue !
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Jeudi 24 août 2006
    Une amie m'a envoyé un lien vers un article qui comparait les relations qu'on peut avoir avec les gens sur Internet et en réalité. Entre parenthèses, en anglais l'expression qui ressort en ce moment pour parler du monde extérieur (versus Internet) est "meatspace". Ça me fait plutôt rire. Bref, l'article parlait entre autres de la difficulté de communiquer uniquement par le texte, de toute l'information habituellement portée par les attitudes du corps et les inflexions de la voix. J'y ai un peu réfléchi, et ça m'a fait penser à un exemple où je me suis retrouvée à écouter un texte de manière très différente parce qu'il était lu - chanté, en d'occurrence - par une autre voix, d'une autre façon.

    J'imagine que la plupart d'entre vous connaissent la chanson d'Etienne Daho, Duel au soleil. Personnellement j'ai toujours trouvé les paroles un peu con. Il faut dire qu'Etienne Daho les accentue de manière bizarre et, je trouve, agaçante. Laurent Voulzy, dans La septième vague, a repris cette chanson (je sais qu'elle n'apparaît pas sur la pochette, c'est un morceau bonus ajouté après la dernière chanson, Light my fire). Je me suis surprise à écouter le texte avec nettement plus de respect... Ça ne casse toujours pas trois pattes à un canard mais c'est plus écoutable. Je me demande ce que j'aurais pensé de ce texte si je l'avais uniquement lu, sans "l'interférence" de l'interprétation du chanteur.

    La voix a sans doute une influence sur la manière dont on perçoit un message. Je suis, vous vous en seriez doutée, une de ces personnes qui quand elles le peuvent regardent tout - films, séries télé - en version originale. Seulement voilà, parfois ce n'est pas possible - et j'ai plus d'une fois regardé le début d'une série en VO et la fin en VF, ou un film en VF pour la première fois puis en VO quand il sort en DVD. Comparer les deux est plutôt instructif. Par exemple, j'ai vu les deux premières saisons d'Alias en VO (en DVD) puis la troisième en VF (sur M6). Le changement de voix m'a fait voir les personnages de manière plutôt différente, c'est surtout frappant entre le père de Sydney et Sloane. En VO le père de Sydney a une voix assez grave, douce, agréable à entendre, et Sloane une voix un peu nasillarde. En VF c'est l'inverse. Je me suis retrouvée comme une andouille à me sentir nettement plus tolérante envers le personnage qui avait la voix agréable et nettement moins envers celui qui avait la voix nasillarde. Bizarre, non ?
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