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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Jeudi 24 janvier 2008

Par ce titre sibyllin, je veux évoquer la lutte en cours entre un marchand en ligne qui a tiré son nom de guerrières mythologiques et les libraires de France.

Si vous avez déjà effectué des achats chez ce marchand en ligne, comme c'est mon cas, vous avez sûrement reçu il y a quelques jours un e-mail de leur part, un e-mail racontant leur lutte héroïque contre les cyniques libraires français qui voudraient leur faire renoncer à la gratuité des frais de port pour l'achat de livres, arguant que cette mesure va à l'encontre de la loi Lang sur le prix unique du livre. Le marchand a mis en ligne une pétition. L'info a été reprise par quelques blogs que je suis, avec en général un appel à signer cette pétition .

Voilà un son de cloche. Mais personnellement, pour me faire une opinion sur une question, j'évite de n'en écouter qu'un. Je vais être honnête avec vous, j'avais déjà dans l'idée que l'argument "les livres deviendraient plus chers sur Internet que chez les libraires et ça ne serait pas juste" ne tenait pas vraiment la route, parce qu'il y a aussi des libraires qui livrent et qui la font payer, la livraison. Il faut bien que quelqu'un paye, les bouquins ne vont pas arriver par magie dans les boîtes aux lettres... D'autre part, s'ils l'aiment tant que ça, la culture, pourquoi n'appliquer la livraison gratuite sans minimum d'achats qu'aux livres ? Les DVDs, les CDs, ce n'est pas de la culture ? Bref, j'avais comme un doute. J'ai donc cherché, et trouvé, le point de vue des libraires, qui eux aussi ont lancé leur pétition.

En plus des arguments que j'avais déjà, eux disent - et je n'ai pas de raison d'en douter - que la livraison gratuite n'est pas du tout un cadeau du marchand, puisqu'elle est en réalité financée par des sur-rabais demandés aux éditeurs. Si les éditeurs refusent, ils n'entrent pas dans le catalogue du marchand en ligne, et j'imagine que tous les petits éditeurs ne peuvent pas se le permettre.

Le propos de ce post n'est pas du tout de crier haro sur les uns ou sur les autres. J'achète le maximum de livres chez des libraires "en vrai", parce que j'ai la chance d'habiter une grande ville où il y en a de bons et que j'adore avoir des conseils, des discussions, du contact, quoi. Néanmoins, je ne crache pas sur les services des marchands en ligne : ils sont bien pratiques quand leurs délais sont plus courts que leurs concurrents en ville sur les bouquins étrangers, ou pour éviter d'aller faire la queue à la poste quand on veut envoyer des livres à des gens qui n'habitent pas tout près. J'aime, justement, avoir le choix, c'est pour ça que je voulais permettre à tout le monde de lire les arguments des deux avant de se faire une opinion.

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Mercredi 16 janvier 2008

J'ai un lecteur mp3. Je l'ai depuis deux ans, à peu près, et je peux stocker dedans 256 mégaoctets de musique (ou de ce que je veux, d'ailleurs, il peut aussi servir de clé USB).

Je ne sais pas si on trouve encore des baladeurs mp3 avec cette capacité, en tout cas la dernière personne avec qui j'en ai parlé avait l'air de trouver ça incroyablement peu. Conversation :

- Mais qu'est-ce que tu fous avec un lecteur de 256 megs seulement ? Tu peux rien mettre dedans !

- Ça me suffit, je t'assure.

- Mais sérieusement, qu'est-ce que tu peux mettre là-dedans ?

- Quand j'aime un CD et que j'ai envie de l'emmener avec moi quelque part, je le compresse au format mp3, sauf pour le classique qui y perd trop de qualité, mais j'en emmène peu parce que je préfère en écouter en continu, sans bouger ou être dérangée. On peut partir sur le principe qu'un morceau de musique, compressé en mp3 avec une qualité très raisonnable, prend à peu près 1500 Ko. Autrement dit, en remplissant mon lecteur au maximum, je peux mettre 170 morceaux. C'est respectable, tu ne trouves pas ?

- Présenté comme ça, c'est sûr, mais vu la capacité du mien j'ai toujours toute ma discothèque sur moi, comme ça je peux choisir ce que j'écoute.

- Et pour finir, tu écoutes quoi ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Je suis sûre que tu finis toujours par écouter les mêmes morceaux, et il doit y en avoir que tu n'écoutes jamais. Quant à la fonction aléatoire, elle ne doit pas te servir à grand-chose, parce que tu as des choses si différentes que ça produit sans doute de drôles de mélanges.

- C'est pas faux...

- Tu vois, ce que j'aime avec mon lecteur, c'est justement que je suis obligée de choisir avant. Du coup, je ne le remplis jamais, je n'y mets que des choses dont je pense que j'aurai envie de les écouter dans les semaines qui arrivent, je peux me débrouiller pour avoir une certaine unité d'ambiance pour pouvoir activer la fonction aléatoire si ça me chante, et je change souvent de contenu. Si j'avais toute ma discothèque à portée de main dans mon baladeur, je sais que j'aurais du mal à choisir quoi écouter sur le moment. Là, j'ai suffisamment de choix pour toujours trouver quelque chose qui aille bien avec mon humeur, mais pas trop pour ne pas m'y perdre, parce que c'est plus facile de choisir un CD, avec la pochette, le livret, qu'un titre sur un écran. C'est la taille idéale, 256 megs. Pourquoi tu voudrais que j'en change ?

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Vendredi 4 janvier 2008

Il y a une publicité radio qui m'a particulièrement tapé sur les nerfs pendant cette période de fêtes. La pub mettait en scène une personne qui recevait un cadeau, le détestait, et le disait, de manière très blessante. On entendait ensuite une voix dire qu'il aurait mieux valu choisir une pochette cadeau pleine de jeux à gratter.

C'est le genre de réflexion qui me met dans une colère noire. Ma première réaction a été d'écrire un post indigné, qui rappelait qu'un cadeau, c'était quelque chose qu'on était sensé faire à ceux qu'on aime, et recevoir comme un acte d'amour, pas seulement comme un objet physique. Je finissais en foudroyant allégrement l'expression qui court et qui m'énerve, "le cadeau que tu m'as acheté", comme si l'acte important dans le cadeau était l'achat et pas l'acte d'offrir.

C'était un très beau post, notez bien. Seulement, un poil angélique. Un post qui ne prenait pas vraiment en compte la multiplicité des façons et des raisons de faire un cadeau, et celles de le recevoir.

Il y a les cadeaux-messages, bienveillants ou pas. La paire de minuscules chaussons offerte à ceux qui vont être grands-parents et qui ne le savent pas encore. La même, offerte par ceux qui aimeraient être grands-parents à ceux qui ne sont pas parents. Il y a le livre sur les régimes à celui qu'on trouve trop gros, le livre de recettes à celle qui cuisine mal. Il y a les cadeaux-obligation, ceux qui sont bien trop gros et qui créent un malaise, parce qu'on sait qu'on ne pourra jamais rendre ce qu'on a reçu, et qu'on ne veut pas de la dette qu'ils créent. Il y a les cadeaux-blessures, ceux qu'on choisit très mal, exprès ou pas, parce qu'au fond de soi ce n'est pas du bien qu'on veut à la personne à qui on les offre.

Les manières de recevoir ces cadeaux, elles sont aussi diverses que les gens qui les reçoivent. Je pense que tout cadeau choisi avec amour et sans arrière-pensée peut faire plaisir, même si l'objet en lui-même ne plaît pas. Quant aux autres, le plus souvent on affiche un sourire de façade en les recevant, et on règle ses comptes plus tard, pour ne pas gâcher la fête.

Cette année, j'ai eu la chance de ne recevoir et de ne donner que de bons cadeaux, mais ce n'est pas toujours le cas. Pour ceux qu'on reçoit, il n'y a pas grand-chose à faire, mais pour ceux qu'on offre, je sais que je vais essayer de continuer sur cette voie-là, parce qu'au fond il n'y a que ça qui puisse me réconcilier avec les fêtes de fin d'année - les dépouiller de leurs oripeaux d'hypocrisie et en profiter pour passer du temps avec les gens que j'aime.

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Mercredi 21 novembre 2007

J'ai beaucoup parlé avec des copains d'outre-atlantique des systèmes de classement des films, selon leur degré de violence, par exemple. Ça m'a donné envie de me poser sérieusement la question : devant une scène horrible, que ce soit une image, un livre ou un film, qu'est-ce qui nous fait le plus peur, qu'est-ce qui nous fait le plus horreur ?

On pourrait penser à première vue que l'horreur est liée à la scène elle-même. Un point par litre de sang, trois par membre arraché, un demi par hurlement... L'expérience nous détrompe vite, je trouve. Une quantité astronomique de sang peut n'être pas plus impressionnante que ça dans un film d'horreur ou mieux d'humour (La cité de la peur, par exemple). A l'inverse, très peu de sang peut suffire à horrifier pour de bon pourvu qu'on ne s'y attende pas, ou que la scène horrible arrive à des personnages auxquels on s'est attaché.

Même si ce n'est pas plus ma tasse de thé que ça, je peux tout à fait comprendre que voir couler l'hémoglobine puisse être très marrant dans un cadre où on s'y attend. En allant voir un film qui s'appelle Massacre à la tronçonneuse, je ne m'attends pas spécialement à ce qu'on me montre une histoire de bisounours... C'est déjà différent si je tombe sur le même film en zappant, sans le chercher, mais en sachant que je peux avoir des surprises. A l'autre bout du spectre, si je rencontre la même scène en allant voir Les Bisounours : le film, parce que le projectionniste s'est trompé de bobine, ça va me surprendre, et m'horrifier d'autant plus.

Un autre paramètre qui joue beaucoup, c'est la distance entre nous et les personnages à qui il arrive un truc affreux. Pour ceux qui connaissent la série télé Les Simpson, prenez les épisodes d'Itchy et Scratchy insérés dedans. On est vraiment dans un cadre où on se sépare de manière absolue des personnages : les personnages sont un chat et une souris, pas des humains, et surtout c'est un cartoon dans le cartoon, le dessin animé que regardent Bart et Lisa. Dans ces conditions, on ne se sent pas tellement proche d'eux et des scènes complètement atroces peuvent être au fond assez drôles. J'imagine que c'est plus ou moins la même chose pour ceux qui aiment les films d'horreur : la psychologie des personnages n'est pas plus poussée que ça, pas plus que le réalisme, on s'attend à voir couler du sang, point barre. Si en plus ça peut se teinter d'un peu d'humour (prenez le film Serial mother, par exemple) on peut arriver à des scènes qui ne font pas frémir d'un pouce, alors que dans l'absolu elles sont assez atroces. Les personnages sont si caricaturaux qu'on ne s'y identifie pas une seconde.

Au contraire, prenez un film plus réaliste, travaillez bien à rendre vos personnages attachants, et vous n'aurez pas besoin de beaucoup d'hémoglobine pour flanquer des frissons d'effroi et d'horreur à vos spectateurs, qui se sentiront associés à la scène de manière beaucoup plus forte.

Je ne parle là que de violence physique. S'il faut prendre en ligne de compte la violence psychologique, on rajoute un paramètre difficile à évaluer. Pour ceux qui l'ont vu, pensez à la fin de Kill Bill 2, tout le discours de Bill - il n'y a pas un geste brusque, pas une goutte de sang, mais c'est glaçant comme ce n'est pas permis.

Si vous ajoutez pour couronner le tout que ce que je viens de vous dire là s'applique à un point de vue d'adulte, et que les enfants, selon leur âge et leur maturité, ressentent les choses différemment, vous comprendrez pourquoi je suis bien contente de ne pas faire partie des gens qui ont à juger du degré de violence des films...

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Vendredi 19 octobre 2007

La dernière fois que j'ai poussé la porte d'un magasin de jeux vidéo, on m'a proposé la carte de fidélité. Elle était gratuite et offrait quelques euros pour X euros d'achats, j'ai accepté. Le vendeur a pris mon nom, mon adresse, m'a donné une carte temporaire. Bleu foncé, la carte. Le détail a son importance.


Trois mois plus tard, j'ai trouvé au courrier une lettre du marchand en question, me transmettant, ô joie ô félicité, ma carte définitive. Déjà, trois mois, ils ne s'étaient pas foulés, tout de même. Mais ce qui m'a heurtée au premier regard, c'est que la carte en question était rose.

Pas rose pâle. Rose barbie. Rose de chez rose.

Premier réflexe : il a changé de charte graphique, le magasin de jeux vidéo ? Mais les couleurs du courrier sont bien dans les bleus, il y a un truc qui cloche.

Du coup, je l'ai lu, le courrier.

Et j'ai appris qu'ayant une paire de chromosomes X, étant donc, n'ayons pas peur des mots, une femme, j'avais droit à une carte "pink", et qu'en plus au lieu de me faire chier avec des jeux de garçon, comme les camions ou les grues, j'allais avoir droit à la newsletter "spécial pink", avec que les jeux de fille. Les poupées et les dinettes.


C'est vraiment utile que j'en rajoute, là ?

Allez, explication de texte quand même.

Monsieur le marchand de jeux vidéo. Je comprendrais parfaitement que tu adaptes ta lettre de nouvelles aux goûts de chacun si c'était après leur avoir demandé quels sont leurs jeux préférés. Tu préfères te baser sur des critères biologiques, soit, mais sache quand même que certaines femmes, au hasard, moi, aiment bien les jeux du type Oblivion, que tu classes comme un jeu de mec, et n'aiment pas les jeux du genre Léa passion vétérinaire, que tu présentes comme un jeu de nana. Je suis sûre qu'il y a aussi des hommes qui aimeraient savoir quand sort le dernier add-on des Sims 2 et qui se foutent complètement de Hitman.

Le pire, c'est que tu fais passer ta carte "pink" pour une "attention spéciale pour les femmes". Si ton attention se résume à utiliser tous les clichés machistes que tu as sous la main, je crois que je préfère me fournir en jeux vidéo ailleurs.

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Vendredi 12 octobre 2007

L'autre jour, j'ai lu dans les commentaires d'un article de Djac sur la typographie celui d'Alexandra (commentaire 22) qui faisait remarquer une chose importante : la typographie est censée, entre autres, être l'expression graphique de la parole. Voilà pourquoi il est assez mal vu sur beaucoup de forums de mettre des titres tout en majuscules : ça donne l'impression d'un hurlement.

La ponctuation, elle, devrait donner le rythme de cette parole, et son intonation. Petite respiration pour les virgules, plus longue pour les points, voix qui monte pour les points d'interrogation, qui traîne pour les points de suspension... Je suis très sensible à toutes ces questions, une mauvaise ponctuation dans un texte me le rendra difficile à lire, ou involontairement comique.


Un abus de points de suspension... et j'entends tout de suite... une voix traînante... selon le texte... bourgeoise neurasthénique... ou parrain de la mafia...


Un abus de points d'exclamations ! Et je vois le locuteur sauter partout ! Parler fort ! Faire de grands gestes !


Un abus de points d'interrogations ? Et me voilà avec quelqu'un ? Qui se gratte la tête ? Qui n'est sûr de rien ?


Pas assez de virgules la respiration en souffre surtout dans de longues phrases sans un seul point.


Trop de virgules, et dans ma tête, un personnage, tout essoufflé, il a couru, c'est sûr.


Or donc, petit rappel. Les points de suspension servent à laisser planer quelque chose, un rêve, un doute, une énumération incomplète.

Les points d'exclamation, comme leur nom l'indique, servent à s'exclamer, à mettre l'accent sur quelque chose d'important. Si vous l'utilisez comme n'importe quel point, qui fera la différence entre votre discours normal et votre discours indigné ou extatique ?

Les points d'interrogation servent aux questions, ça c'est assez évident.

On utilise la virgule pour donner de l'air à une phrase, mais pas n'importe où, il faut que ça ait du sens de faire une pause à cet endroit-là.


Le meilleur moyen pour vérifier qu'un texte est bien ponctué, c'est encore de le lire à haute voix. Si vous arrivez à suivre la ponctuation sans vous étouffer et sans que ça sonne exagéré, la partie a de grandes chances d'être gagnée. Faites attention à ces détails, ayez pitié de la petite voix dans la tête des gens qui vous lisent !

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