J'ai entendu parler de
Middlesex par
Cunéipage, qui en disait beaucoup de bien. J'avais un petit préjugé négatif sur Jeffrey Eugenides, sans jamais l'avoir lu je trouvais le
sujet de
Virgin suicides carrément glauque. Je
me suis quand même laissée tenter par l'enthousiasme de Cunéipage, et je ne l'ai pas regretté.
Ce bouquin est un beau pavé. Le narrateur est une fille qui découvre à l'adolescence qu'elle n'est pas construite comme les autres, qu'elle est en fait un garçon. Je dis ça, ce
n'est pas faux, et pourtant ce n'est pas ce qui fait le plus gros de ce roman. Calliope, devenu Cal, raconte son histoire en va-et-vient entre le passé lointain - le mariage de ses grands-parents,
de ses parents, les naissances, les joies et les peines avant sa naissance, et son présent d'homme. Les deux récits ne se rejoignent pas vraiment à la fin, mais qu'importe. Au début j'ai pensé à la
littérature sud-américaine dans cette saga familiale à l'humour féroce, mais Jeffrey Eugenides a un souci du détail et des motivations de ses personnages qui ne colle pas tout à fait dans ce
cadre-là. Peu importe la classification, j'ai passé un bon moment de lecture, et moi aussi je vous le recommande. Il est paru en grand aux éditions de l'Olivier, et en poche chez Points.
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