Comme promis, je vous raconte ce que j'ai lu dans le train la semaine dernière. Ce bouquin-là m'a fait tout le voyage aller, et je l'avais déjà commencé avant. Il faut dire qu'il est plutôt long - 326 pages écrites petit - et surtout que je l'ai lu en anglais... Mais pas de panique, il a été traduit !
Commençons par le commencement. L'autre jour je furetais dans une librairie à la recherche d'un cadeau quand j'ai aperçu ce bouquin :
Extremely loud and incredibly close, de Jonathan Safran Foer. Ça faisait un moment que je n'avais pas lu en anglais, et quelqu'un m'en avait dit du bien. Qui ? Mystère. J'étais sûre et certaine que c'était dans une chronique précise, mais j'ai vérifié pour inclure le lien ici, et je n'en retrouve pas trace. Il faut croire que c'est un lutin qui me l'a soufflé à l'oreille pendant mon sommeil. Bref, peu importe, ce n'était pas trop cher et je me suis dit que ça me ferait de la lecture dans le train. Je l'ai acheté.
Ça fait un moment que je n'avais pas lu un livre aussi bon. Le narrateur principal est un garçon de 9 ans, Oskar, extrêmement précoce. Son père est mort le 11 septembre dans une des tours du World Trade Center. Quand j'ai lu ça je me suis attendue au pire, machin patriotique et larmoyant, mais non. Le 11 septembre 2001 est un des décors, si on peut dire. Un an après la mort de son père, Oskar trouve une clef qui lui appartenait. Il décide de n'en parler à personne, pas même sa mère, et de mener l'enquête pour savoir où est la serrure que cette clef ouvre. En parallèle, on lit le récit de deux adultes, un homme et une femme, un homme qui est devenu muet petit à petit, perdant mot par mot, et une femme, la grand-mère d'Oskar.
Avec une description comme ça, vous pouvez encore croire que ce roman n'est qu'une mièvrerie. Ce n'est pas le cas, loin de là. L'écriture est étrange, chaque personnage a sa "voix" bien à lui et elles sont toutes les trois différentes de ce qu'on a l'habitude de lire, mais au bout d'un moment on n'y fait plus vraiment attention, ça fait partie de ces personnages. Il y a aussi quelques photos, des changements de police, parfois une phrase par page quand c'est l'homme muet qui écrit, puisqu'il ne peut plus qu'écrire pour communiquer, et aussi des particularités qu'on en comprend qu'après coup. Côté originalité, on peut dire que ça se pose là, mais c'est au service du récit, ce n'est pas artificiel. Côté intrigue, l'enquête d'Oskar l'emmène dans tout New York, on croit plusieurs fois comprendre ce qui se passe et on se trompe parfois, on s'attache à lui et on veut que sa quête aboutisse. Franchement, j'ai eu du mal à poser ce bouquin à chaque fois que j'ai dû le faire.
J'étais au désespoir quand je l'ai fini, parce que c'est un des meilleurs que j'aie lu depuis longtemps, et j'étais sûre qu'il n'était pas traduit, je ne savais pas si je vous en parlerais quand même. Heureusement pour les non anglophones parmi vous, je me trompais ! Je l'ai lu en anglais en Penguin fiction, mais c'est paru en français chez l'Olivier sous le titre
Extrêmement fort et incroyablement près. J'espère que la traduction est à la hauteur.
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