L'autre jour, je suis allée faire réparer mon fer à repasser. Je suis arrivée dans la boutique juste derrière une femme qui s'énervait sur le réparateur. Elle montait le ton, de plus en plus, alors que lui restait calme. L'épisode a duré presque un quart d'heure, durant lequel je n'ai pas pu faire autrement qu'entendre l'objet du litige en long, en large et en travers : il y avait eu maldonne dans une prise de rendez-vous, elle avait attendu pour rien.
Plutôt banal, non ? C'est toujours ennuyeux d'avoir perdu son temps, mais il n'y a tout de même pas de quoi perdre les pédales. Je soupçonne fortement cette femme de s'être servi du réparateur comme balle anti-stress, avec la différence qu'à priori la balle anti-stress ne souffre pas. Un quart d'heure, je vous dis. Je me sentais embarrassée mais je suis restée en cas de pépin : elle avait l'air assez énervée pour lui taper dessus. Elle a fini par partir, en lançant comme dernière réplique : "d'ailleurs, si j'étais un homme, vous ne me traiteriez pas comme ça !"
Il se trouve que je connais un peu ce gars, ce n'était pas la première fois que mon électroménager faisait des siennes. Il est même venu chez moi une fois pour la machine à laver, on a un peu papoté. A chaque fois que quelque chose clochait il m'a expliqué quoi, et pas comme à l'idiote du village. Il ne m'a jamais, pas une fois manqué de respect. Je suis à peu près sûre qu'il n'est pas du tout sexiste.
Les machos en tout genre m'énervent autant que toutes les femmes qui hurlent au sexisme à chaque fois qu'elles ont un problème avec quelqu'un, comme si la seule raison pour laquelle on pourrait leur manquer de respect (ce qui n'était même pas le cas en l'occurrence) pouvait être leur sexe. A mon sens elles font autant voir plus de mal à l'image des femmes que les gros cons avec leur blagues sexistes à deux balles. Je suis féministe dans le sens où je veux être traitée avec autant de respect qu'un homme, pas moins bien sûr... Mais pas plus non plus !
Après ça je me suis retrouvée seule comme une conne avec ce gars qui n'en pouvait plus. Je ne sais pas si à sa place j'aurais réussi à garder mon calme. Je lui ai souri, on a parlé de tout et de rien. Et il a réparé mon fer.
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