Le cerveau est quand même un drôle d'outil. Depuis que j'ai pris l'habitude de boire du café (vers 16 ans) et jusqu'en juin dernier je le sucrais. Puis j'ai commencé à être moins satisfaite de ce qu'affichait ma balance le matin (j'ai été forcée d'arrêter le sport un moment, et ça a des conséquences). Je me suis dit que le plus simple (au moins tant que je ne pouvais pas reprendre le sport) serait d'arrêter de prendre du sucre avec chaque café, et j'ai pris mon café noir pendant à peu près deux mois. Un jour j'étais chez une amie qui a sucré mon café sans me demander mon avis, l'habitude. Je n'ai pas pu le boire. Mon café à deux sucres adoré était devenu imbuvable, parce que mon fichu cerveau s'était habitué à le boire noir. Pire : maintenant j'ai ce travers que je détestais chez les autres, quand je sers une boisson chaude je ne sors plus spontanément le sucre.
Ma prof de philo disait que l'habitude, c'était quand on laissait le corps prendre le relais de la volonté. Et parlons franchement, c'est souvent bien utile : imaginez si chaque matin on devait se concentrer pour savoir comment exactement lacer ses chaussures ou ouvrir la porte de la chambre... Mais c'est aussi une plaie parfois, quand un geste mille fois effectué ne laisse plus de souvenir dans notre mémoire et qu'on se retrouve comme un con à se demander si on a bien fermé la porte de chez soi en partant.
C'est le genre de choses qui m'émerveille. Qu'on dispose d'un outil aussi flexible, aussi complexe que le cerveau humain.
Et tant qu'on en est à parler de lacets de chaussure : la semaine dernière à la bibliothèque j'ai fait une de ces découvertes insignifiantes qui vous simplifient bien la vie quand même. Je suis tombée sur un numéro de "La recherche", un magazine de vulgarisation scientifique, et à l'intérieur de ce numéro il y avait une brève sur les noeuds. Figurez-vous que depuis des années je laçais mes chaussures avec un noeud de vache alors que le noeud plat est aussi simple à faire et beaucoup plus résistant (sans compter qu'il n'a pas cette sale tendance à se tortiller). La différence entre les deux ? C'est tout simple. Pour lacer des chaussures on fait deux noeuds, le premier avec les bouts du lacet, le second avec les boucles au-dessus. Un noeud de vache (celui qui se tortille et se défait plus facilement) se fait en nouant chaque fois dans le même sens (à chaque fois le côté gauche au-dessus, par exemple). Un noeud plat se fait en alternant les deux sens (une fois le gauche au-dessus, une fois le droit). Pour l'instant il faut encore que j'y pense chaque matin pour le faire correctement. Je suis curieuse de savoir dans combien de temps ce sera ce qui me vient naturellement dans les doigts quand je dois faire un noeud...
Images pour ceux à qui ça parle plus :
Noeud plat :

Noeud de vache :
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