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Il y a une publicité radio qui m'a particulièrement tapé sur les nerfs pendant cette période de fêtes. La pub mettait en scène une personne qui recevait un cadeau, le détestait, et le disait, de manière très blessante. On entendait ensuite une voix dire qu'il aurait mieux valu choisir une pochette cadeau pleine de jeux à gratter.
C'est le genre de réflexion qui me met dans une colère noire. Ma première réaction a été d'écrire un post indigné, qui rappelait qu'un cadeau, c'était quelque chose qu'on était sensé faire à ceux qu'on aime, et recevoir comme un acte d'amour, pas seulement comme un objet physique. Je finissais en foudroyant allégrement l'expression qui court et qui m'énerve, "le cadeau que tu m'as acheté", comme si l'acte important dans le cadeau était l'achat et pas l'acte d'offrir.
C'était un très beau post, notez bien. Seulement, un poil angélique. Un post qui ne prenait pas vraiment en compte la multiplicité des façons et des raisons de faire un cadeau, et celles de le recevoir.
Il y a les cadeaux-messages, bienveillants ou pas. La paire de minuscules chaussons offerte à ceux qui vont être grands-parents et qui ne le savent pas encore. La même, offerte par ceux qui aimeraient être grands-parents à ceux qui ne sont pas parents. Il y a le livre sur les régimes à celui qu'on trouve trop gros, le livre de recettes à celle qui cuisine mal. Il y a les cadeaux-obligation, ceux qui sont bien trop gros et qui créent un malaise, parce qu'on sait qu'on ne pourra jamais rendre ce qu'on a reçu, et qu'on ne veut pas de la dette qu'ils créent. Il y a les cadeaux-blessures, ceux qu'on choisit très mal, exprès ou pas, parce qu'au fond de soi ce n'est pas du bien qu'on veut à la personne à qui on les offre.
Les manières de recevoir ces cadeaux, elles sont aussi diverses que les gens qui les reçoivent. Je pense que tout cadeau choisi avec amour et sans arrière-pensée peut faire plaisir, même si l'objet en lui-même ne plaît pas. Quant aux autres, le plus souvent on affiche un sourire de façade en les recevant, et on règle ses comptes plus tard, pour ne pas gâcher la fête.
Cette année, j'ai eu la chance de ne recevoir et de ne donner que de bons cadeaux, mais ce n'est pas toujours le cas. Pour ceux qu'on reçoit, il n'y a pas grand-chose à faire, mais pour ceux qu'on offre, je sais que je vais essayer de continuer sur cette voie-là, parce qu'au fond il n'y a que ça qui puisse me réconcilier avec les fêtes de fin d'année - les dépouiller de leurs oripeaux d'hypocrisie et en profiter pour passer du temps avec les gens que j'aime.
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