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Lundi 31 décembre 2007

Armistead Maupin est très connu pour sa série, Les chroniques de San Francisco, où il raconte l'histoire de Mary-Ann, Michael, Brian et Mona, qui vivent tous sous le toit de leur logeuse, Madame Madrigal, et parle aussi de ceux qu'ils croisent. Tous ces personnages ont un point commun : ils ne s'appuient pas vraiment sur leur famille de sang et préfèrent compter sur leurs amis. Présenté comme ça ça fait très Friends, mais en fait c'est beaucoup mieux : loin du comique à deux ronds, les personnages apprennent à vivre, avec essais et échecs. Cela dit je trouve que les tomes de cette série (il y en a 6 traduits en français et un septième qui ne l'est pas à ma connaissance) sont assez inégaux. J'imagine que ça vient de leur forme originale, parution en feuilleton dans le San Francisco Chronicle. Les bouquins d'Armistead Maupin que je préfère, ce sont les deux romans qui ne font pas partie de sa série, Maybe the moon et Une voix dans la nuit.

Cady, l'héroïne de Maybe the moon, est naine : elle a été l'être humain adulte et moteur le plus petit du monde. Elle vit à Los Angeles et aimerait vivre de sa passion, être actrice. Malheureusement pour elle, le seul rôle principal qu'elle a tourné l'a laissée dans l'ombre : elle était à l'intérieur d'une marionnette d'elfe dans un film qui a fait un carton, mais n'a été créditée au générique que comme technicienne. Ensuite, elle a eu des petits rôles dans des films d'horreur, des pièces de théâtres contemporaines, mais elle trouve de moins en moins de boulot et n'arrive pas à faire comprendre aux réalisateurs qu'ils pourraient l'engager pour jouer n'importe qui, que le scénario n'a pas besoin de prévoir une naine pour que le rôle lui convienne. C'est une histoire qui pourrait faire pleurer dans les chaumières, mais Cady garde un moral d'acier et un bon sens de l'humour, ce qui sauve le bouquin. Maybe the moon est disponible en 10/18.

Dans Une voix dans la nuit, Armistead Maupin s'amuse à brouiller les pistes entre réalité et fiction. Le narrateur, Gabriel Noone, lui ressemble comme un frère : il écrit et interprète un feuilleton radiophonique qui l'a rendu célèbre, et qui raconte l'histoire d'un groupe de personnages à San Francisco. Gabriel est affligé de ce que son compagnon appelle le syndrome des joyaux de l'éléphant : il ne peut s'empêcher d'enjoliver tout ce qui lui arrive. Sa vie s'effondre quand Jess, son compagnon, le quitte. Presque au même moment, un éditeur lui envoie l'autobiographie d'un jeune garçon nommé Pete, qui raconte son enfance cauchemardesque et finit en évoquant le bien qu'a pu lui faire l'émission de Gabriel. Celui-ci décide de lui téléphoner. Un lien étroit se noue entre eux, mais il y a des côtés étranges dans l'histoire de Pete. Gabriel est un personnage bourré de contradictions, très vite, il ne sait plus bien s'il doit se méfier, enquêter, ou se laisser ensorceler par cette relation unique. Les personnages sont intéressants, et l'intrigue pas mal du tout : ça ne vaut pas un prix Nobel de littérature, mais ça se laisse lire. Vous pourrez trouver Une voix dans la nuit en poche collection points.

publié dans : Livres
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