Dana a grillé un stop. Un policier l'arrête, vérifie son permis de conduire. Devient blanc, la menace avec son arme, l'arrête. Pourquoi ? Parce que quelqu'un a commis des crimes sous son nom. Le
problème, c'est que Dana est sourde, et même si elle parle, les gens ont du mal à la comprendre. Elle passe deux jours en prison, maltraitée par ses co-détenus, jusqu'à ce qu'on finisse par se
rendre compte de l'erreur et qu'on la libère. Pendant tout ce temps son petit ami, Bridger, a fait tout ce qu'il a pu pour la sortir de là. Dana est furieuse au-delà des mots, elle ne veut pas
s'arrêter là. Elle et Bridger partent à la recherche du voleur d'identité.
J'ai trouvé ce roman incroyable. Ce n'est pas le genre d'histoire qui m'attire d'habitude, mais c'est extraordinairement bien écrit. Le premier chapitre est à la troisième personne, mais du point
de vue de Dana. Puis le deuxième à la troisième personne, point de vue de Bridger. On alterne comme ça un moment, puis on passe à la deuxième partie, qui introduit un nouveau point de vue : celui
du voleur. Les trois "voix" racontent et s'entremêlent. Dana est très dure, habituée à se battre. Bridger est bien plus doux, choyé par la vie. Le voleur, lui, cherche de bonnes raisons pour être
malhonnête, violent. Il veut être un gagnant, méprise ces perdants qui méritent ce qui leur arrive. A chaque fois que je lisais son point de vue j'avais envie de le frapper, il était réel à ce
point-là. En lisant le point de vue de Dana je ressentais sa rage, et le désir de protection chez Bridger. Au-delà du côté suspense de la chose, ce roman m'a emmenée sur des pistes étonnantes,
sur l'idée de la communication, de l'identité. Vraiment formidable.
J'ai lu
Talk talk en anglais, chez Penguin. La bonne nouvelle, c'est qu'il paraîtra en français en septembre,
chez Grasset.
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