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Samedi 4 août 2007
J'ai une tendresse particulière pour les génériques de fin des films. Les génériques de début, on ne les remarque presque plus : le modèle généralement admis est celui où le film commence, puis on voit quelques noms (réalisateur, acteurs principaux) défiler pendant une brève pause de l'action, avant de plonger dans le film pour de bon.

Les génériques de fin, c'est une autre histoire. Déjà, par définition, ils arrivent à la fin du film. Je ne sais pas qui fait les génériques en général, si c'est le réalisateur, quelqu'un d'autre, mais je sais que certains sont vraiment formidables. Je pense par exemple à celui du Prisonnier d'Azkaban, les noms qui défilent sur la carte du maraudeur. Et puis il y a la musique, parfois une simple resucée de celle du film, parfois un thème proche, parfois quelque chose de différent.

Le rôle premier du générique est, bien sûr, de citer tous les noms de ceux qui ont fait le film : les acteurs, les cascadeurs, les coiffeurs, les musiciens, les responsables des effets spéciaux... C'est grâce à tous ceux-là qu'on a passé un bon moment, c'est déjà une bonne raison de rester jusqu'au bout.

Le second rôle du générique est, pour moi, le plus important. On vient de passer une heure et demie, deux heures dans le noir, complètement plongés dans une histoire, des personnages, un autre lieu, un autre temps. Sauf si le film est mauvais, je ne peux pas sortir de tout ça simplement en secouant la tête pour revenir à la réalité. J'ai des copains qui sortent de la salle dès que le film est fini, avant la fin du générique, il m'est arrivé de les suivre, mais je trouve ça assez désagréable. Je n'arrive pas à passer directement de "immergée dans le film" à "alors, qu'est-ce que tu en as pensé". Il me faut un petit moment de rêverie, où je peux imaginer ce que le film n'a pas montré, refaire les scènes qui ne m'ont pas plu, rejouer celles qui m'ont plu avant de réatterrir sur mes pieds. Pour ça, quoi de mieux que le générique ? Dans les bons cinémas la lumière reste faible, on est encore dans l'ambiance du film, dans la musique du film, même si le film est fini.

Devos disait que c'était grossier de finir une histoire trop vite, de balancer ses auditeurs en dehors de l'imagination sans préavis. Les génériques des films nous offrent cette option, cette transition. Pourquoi ne pas saisir l'occasion ?
publié dans : Télévision, cinéma
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