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Lundi 21 mai 2007
    Les habitués de ce blog se souviennent peut-être du jour où le ciel m'est tombé sur la tête, parce que j'avais appris que Des cornichons au chocolat était l'oeuvre de Philippe Labro et que Stéphanie n'existait pas. J'avais une piètre image de lui, je le voyais surtout comme monsieur RTL, mais entre autres grâce à Chiboum je me suis dit que c'était peut-être l'occasion de le découvrir comme écrivain.

    Dans les semaines qui ont suivi, j'ai emprunté à la médiathèque trois romans de lui. J'ai commencé par Quinze ans, un roman autobiographique qui raconte, donc, l'année des quinze ans de l'auteur. J'ai d'abord été rebutée par un style très ampoulé, mais j'ai fini par me laisser capter par l'histoire. Un jeune homme (l'auteur à quinze ans, donc, si vous avez bien suivi) est complètement fasciné par un garçon de sa classe et tente de rentrer dans son univers, très éloigné du sien. Le garçon est d'origine russe, aristocrate et passionné de musique. En refermant ce livre, je me suis dit que c'était un bon moment de lecture, et que j'avais bien fait de continuer.

    J'ai enchaîné sur Manuella, car je l'avais entendu dire que c'était un peu la suite des Cornichons au chocolat. Le personnage principal du roman, Manuella, ressemble en effet à Stéphanie comme une grande soeur. Elle a 17 ans, est un peu moins révoltée par ses parents et son but est la perte de son pucelage alors que Stéphanie attendait l'arrivée de ses premières règles, mais ces deux-là parlent la même langue, il n'y a pas de doute, une langue très jeune, très différente de celle du héros de Quinze ans.

    Pour finir mon tour d'horizon de l'oeuvre de Philippe Labro, j'ai emprunté un de ses romans plus récents, Tomber sept fois, se relever huit, encore un roman autobiographique mais sur une période proche de sa vie. Il y raconte sa chute dans une profonde dépression, et comment il s'en est sorti. J'y ai découvert une troisième langue, débarrassée de ce qui pouvait me gêner dans les deux précédents romans, ni trop ampoulée ni trop jeune, une langue simple et directe, et j'ai aimé ce roman.

    Je ne sais pas si vous connaissez ce conte zen : c'est l'histoire d'un paysan, dans un village. Le noble du coin se prend d'amitié pour son fils et lui offre un splendide étalon noir. Son voisin lui dit alors : tu as bien de la chance, ton fils est favorisé par ce noble et regarde cet étalon, une vraie richesse pour toi. L'homme répond : je ne sais pas si c'est une bonne chose ou une mauvaise chose. Quelques mois plus tard, alors que le fils chevauche non loin de là, l'étalon s'emballe et le fils tombe. Il a une très mauvaise fracture : il boitera toute sa vie. Le voisin retourne alors voir le père et lui dit : comme tu es sage, tu avais raison, cet étalon était une mauvaise chose puisque ton fils est boiteux à cause de lui ! L'homme répond : je ne sais pas si c'est une bonne chose ou une mauvaise chose. Deux ans plus tard, le pays part en guerre. Tous les jeunes hommes du village sont appelés comme soldats, et très peu en réchapperont, c'est sûr. Tous, sauf le fils, qui est boiteux. Alors le voisin retourne alors voir le père et lui dit : comme tu es sage, tu avais raison, cet étalon était une bonne chose pour finir, puisque grâce à lui ton fils boîte, sa vie sera épargnée. L'homme répond : je ne sais pas si c'est une bonne chose ou une mauvaise chose... On peut continuer longtemps sur ce thème-là, je voulais simplement en venir au fait : grâce à ce qui était au départ une déception, j'ai découvert des romans pas mal du tout, et un écrivain capable d'écrire dans des styles très différents. Les trois romans dont je vous ai parlé sont disponibles en Folio.
publié dans : Livres
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Commentaires

j'aime bien ton conte, savoir prendre les choses comme elles viennent sans se demander ce qu'il se cache derrière... c'est pas si facile que ça

le premier bouquin que j'ai lu de Philippe Labro c'est l'Etudiant Etranger, que j'ai dévoré, et j'ai enchainé avec Un été dans l'ouest, lasuite. C'est sa période d'étudiant aux US, et c'est vraiment bien. Puis il y a eu Un début à Paris (à moins que ce soit Quinze ans ? je ne sais plus...) et là j'ai trouvé qu'il se répétait, qu'il en faisait trop, l'impresssion qu'il "se lisait écrire" ( ! ), alors je n'ai plus rien lu de lui.
on m'a parlé d'un bouquin de lui qu'il a écrit après avoir failli mourir, et qui parait-il est remarquable; est ce que c'est Tomber sept fois se relever huit ?
commentaire n° : 1 posté par : rififi le: 21/05/2007 09:29:28
Non, Tomber sept fois, se relever huit se passe après : le roman dont on t'a parlé, c'est La Traversée (aussi dispo en folio) mais je ne l'ai pas lu. :-)
commentaire n° : 2 posté par : Anna (site web) le: 21/05/2007 09:46:37
Manuella, c'est le seul roman que j'ai lu de lui. J'avais alors 17 ans, j'avais alors dévoré l'histoire de cette jeune fille en quelques jours voire quelques heures... Pourtant, elle ne me resemblait pas, mais peut-être me renvoyait-elle l'image de celle que j'aurais aimé être à cet âge là...
commentaire n° : 3 posté par : Miss Alfie (site web) le: 21/05/2007 10:10:04
ouais mais te défile pas : c'est une bonne ou une mauvaise chose?

;o)
commentaire n° : 4 posté par : arbobo (site web) le: 21/05/2007 10:22:59
Comme Rififi, Etudiant etranger et Ete dans l'ouest, mais j'ai arrêté, car ej trouvais déjà que ça sonnait creux. De tout ça, j'ai retenue deux citations, ce qui est très rare. C'est la chsnon de la nana qui croise entre deux typhon.
"La première c'est qu'y en a pas, c'est tout arrive et tout arrivera
La deuxième loi, c'est que tu sais rien, t'ens ais pas plus qu'un pauvre chien." Ca colle bien avec ton histoire.
Et une autre que je cite à voix haute avec le même effet décontenancé de mon interlocuteur : "tu sais pas ce que c'est qu'une tortillas avant d'avoir à la faire cuire."
:-)
commentaire n° : 5 posté par : Ardalia (site web) le: 21/05/2007 11:26:45

j'ai une question de fond, si vous permettez.
quand Labro écrit en se faisant passer pour une fille, est-ce qu'on peut l'appeler Labro-ma-soeur ?

ça me tracasse, ces questions de protocole.

commentaire n° : 6 posté par : arbobo (site web) le: 21/05/2007 13:10:11
Je crois avoir entendu dire que Labro était nul au sky : c'est Labro, minable homme des neiges.

Sinon, alors, donc : Sarkozy élu président de la République - je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose... pom pom pom...
:o)
commentaire n° : 7 posté par : Djac Baweur (site web) le: 21/05/2007 13:45:37
Miss Alfie : c'est un peu ce que je ressentais en lisant Des cornichons au chocolat, je crois.
Arbobo : je me défile si je veux.
Ardalia : ce n'est pas le romancier du siècle, mais ça se laisse lire, du moins ceux que j'ai lus...
Arbobo et Djac : c'est malin. :-)
commentaire n° : 8 posté par : Anna (site web) le: 21/05/2007 13:53:16
Il paraît que Labro est croyant, mais de manière très positive
En effet, Labro, saine foi !
commentaire n° : 9 posté par : Djac Baweur (site web) le: 22/05/2007 18:01:06
:-D
commentaire n° : 10 posté par : Anna (site web) le: 22/05/2007 18:28:29
J'adore ton conte zen ! (plus que Labro, mais bon, je ne sais pas encore si c'est une bonne ou une mauvaise chose...)
commentaire n° : 11 posté par : Posuto (site web) le: 22/05/2007 23:19:54
D'accord avec Posuto! Malgré ce que tu en dis, Labro ne me tente pas, en revanche j'aime beaucoup ce conte zen
commentaire n° : 12 posté par : Dicotommy (site web) le: 23/05/2007 16:52:33
Si chacun peut trouver son bonheur ici, c'est déjà pas mal. :-)
commentaire n° : 13 posté par : Anna (site web) le: 23/05/2007 18:31:03
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