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J'imagine que vous avez déjà entendu parler de ce bouquin. C'est le prix Goncourt 2006, et il a fait un fichu scandale à cause de son sujet : la seconde guerre mondiale, côté
bourreaux. Je me suis bien gardée d'avoir un avis dessus avant de le lire, et il m'a fallu un peu de temps pour mettre la main dessus : on se l'arrachait à la médiathèque que je fréquente, et
comme c'est un pavé (894 pages de récit, plus les annexes) les lecteurs qui l'empruntaient le gardaient un moment. J'ai fini par le trouver fin avril, et je me suis jetée dedans.
En lisant le début, j'ai presque regretté de savoir d'avance de quoi ça allait parler : les 30 premières pages sont écrites de main de maître, le narrateur dévoile peu à peu
qui il est, ce qu'il a fait et pourquoi il a décidé de l'écrire. C'est tout simplement magistral, j'ai pensé que j'étais partie pour une bonne lecture... J'en ai été pour mes frais. Ensuite
commence le récit des horreurs, et je me suis embourbée un peu avant la centième page, presque au sens propre, dégoûtée par le sang et la boue ukrainienne. Je ne prenais plus aucun plaisir à
lire. Certaine de ne pas vouloir le lire de bout en bout, j'ai feuilleté la suite, rien ne m'a décidée à reprendre ma lecture.
Je ne nie pas le talent de Littell, loin de là : Les Bienveillantes n'a pas volé son prix
Goncourt. Ce qui ne veut pas dire que c'est un roman qui peut être apprécié par tous : moi, en tout cas, je n'ai pas eu envie de le finir. Je serais curieuse de connaître l'avis d'autres
lecteurs. Pour ceux qui seraient intéressés, il est paru chez Gallimard.
Je ne vais pas te dire ce que j'en ai pensé parce que je ne l'ai pas lu...
Et pourtant, ma môman, grande dévoreuse de livres elle aussi, m'a dit finalement que c'était pas mal et bien écrit. Mais quand elle m'a présenté le pavé.... j'ai fui ;o)
et ben voilà.... shift+entrée pour le saut de ligne
merci Anna :-))
Je t'en prie :-)
Pour en revenir au sujet, je suis bien d'accord avec ta maman pour dire que c'est très bien écrit, du moins pour ce que j'en ai lu.
Je suis entièrement d'accord avec toi concernant le prologue, sidérant de maîtrise, à commencer par la première phrase, qui expose d'emblée le propos : « Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça c'est passé ». L'inhumanité - qui n'est pas l'absence d'humanité -, la provocation vis-à-vis du lecteur, à qui s'adresse directement le narrateur, en lui demandant d'envisager le point de vue de l'exterminateur, tout est annoncé dans cette première phrase.
Contrairement à toi, j'ai supporté le dégoût provoqué par les descriptions des massacres, non sans mal mais avec l'espoir que cela me mènerait vers la vérité de ces événements. Je n'ai pas décelé de complaisance dans ces descriptions, et je n'apprécie pas le procès d'intention fait à Littell, comme quoi il profanerait la dignité des victimes des nazis. Je suis persuadé qu'il faut chercher à comprendre les ressorts, notamment psychologiques, qui ont amené des êtres humains à tuer des enfants par balle à bout portant. Dire qu'il s'agit de monstres ne suffit pas, et ne nous protègera pas d'une éventuelle répétition de l'histoire (d'autres en d'autres lieux l'ont déjà expérimenté, en particulier au Rwanda). Ce n'est pas non plus chercher des excuses aux SS, ni leur ôter la responsabilité pleine et entière de cette barbarie.
Par contre je peux comprendre qu'on ne supporte pas d'être confronté à ces descriptions (surtout si on a l'habitude de se plonger corps et âme dans un roman). Dans ce cas, autant laisser tomber. D'autant que de mon point de vue, le récit s'essoufle vers les deux tiers (quand même), et littérairement, Littell n'atteint que rarement la force magistrale du prologue.
En conclusion, je trouve ce roman formidable par sa démarche, remarquable sur la forme (mis à part mes critiques précédentes), mais qui me laisse un peu déçu sur la fin.
Suite à la publication de cette coquetterie littéraire, je me suis plongée dans la lecture de... Primo Levi. Littérairement bof. Mais très sain. Et la fin est super! ;)
Axi : en effet, j'ai tendance à m'impliquer pas mal quand je lis... Si en plus il y a un essouflement avant la fin, je ne regrette pas d'avoir laissé tomber.
Ardalia : Si c'est un homme ? Formidable. As-tu déjà lu son recueil de nouvelles Le Fabricant de miroirs ? Je l'ai trouvé très beau.
Philippe : je suis une indécrottable curieuse. Je comprends qu'on n'ait pas envie de lire ce livre, mais j'avais envie de pouvoir en parler, et comment le faire sans le lire ? Maintenant je me suis fait mon idée, c'est déjà ça. Mais je te rejoins sur l'idée qu'un roman n'est pas un documentaire, Les Bienveillantes est une oeuvre littéraire et pas un témoignage.
Nina : honnètement, je ne l'aurais pas acheté, mais vu que c'était à la bibli j'ai tenté le coup...
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