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Mercredi 2 mai 2007
    Je ne sais fichtre pas pourquoi, mais on publie et on lit peu de nouvelles en France. On traite le roman comme le genre noble par excellence et la nouvelle comme un exercice, parfois profitable, mais toujours inférieur.

    Les anglo-saxons n'ont pas de ces préjugés, pour mon plus grand bonheur. En anglais, on dit short story pour nouvelle, tout simplement. La nouvelle est donc une histoire courte, c'est sa définition, et ça a des avantages évidents. Voici donc en exclusivité mondiale quelques raisons pour lesquelles j'aime les nouvelles.

    Quand on achète un recueil de nouvelles, ou qu'on l'emprunte à la bibliothèque, au lieu d'avoir accès à une seule histoire on a accès à plusieurs. Ce qui veut dire que si la première ne nous plaît pas, on peut illico passer à la deuxième : ça augmente les chances d'avoir quelque chose qui nous plaît dans un livre.

    Un roman a en général un seul auteur : les nouvelles peuvent se présenter en recueils de plusieurs auteurs, sur un même thème ou pas, on peut donc découvrir plusieurs écritures avec un seul livre.

    C'est la mode dans les pays anglo-saxons de faire des opérations du genre Enfoirés, mais en littérature, pas en musique - chaque auteur écrit une nouvelle, et cède ses droits à une oeuvre quelconque (exemple ou ). Ils ne pourraient pas facilement faire ça si chacun devait écrire 300 pages ou plus, avec quelques dizaines, par contre, c'est tout de suite plus jouable. Ça donne de bons petits bouquins, pas trop chers, avec souvent quelques nouvelles excellentes et d'autres un peu moins (une exécrable dans mon deuxième exemple, je dois dire, quand même).

    Qui n'a jamais eu l'impression qu'un roman se traînait en longueur, usait une seule idée jusqu'à la corde ? Chaque nouvelle développe une idée différente, sur maximum cent pages. L'ennui y est plus rare.

    Le roman, à force de faire long, a tendance à ne pas laisser de zones d'ombres : livre refermé, on sait tout ce qu'il y a à savoir sur l'histoire. La nouvelle, comme elle fait court, développe peu les personnages et les situations, et laisse plus souvent du grain à moudre à notre imagination quand on l'a finie.

    Enfin, une nouvelle, c'est vite lu : pour tout ceux qui perdent le fil quand ils arrêtent un roman en plein milieu, ça me paraît être une solution simple et élégante.

    Qu'on me comprenne bien, j'aime aussi les romans : on peut aimer la confiture et avoir envie de beurre de cacahuète de temps en temps.
publié dans : Livres
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