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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Jeudi 31 août 2006
    Je n'ai pas énormément écouté la radio cet été. Quand je l'ai écoutée ça a souvent été France Inter, comme le reste de l'année. J'ai bien aimé l'émission "Tout s'explique" le matin, façon sympathique d'expliquer des concepts difficiles. "Duo des ils et des elles" a été assez inégale. Mais s'il y a une émission que je n'ai vraiment, mais vraiment pas aimée, c'est celle de Nicolas Stoufflet le midi. Le concept est tout simple : on pose une question, de préférence un peu provocatrice, et on prend deux invités qui ont des points de vue diamétralement opposés. Autant dire que je n'appelle pas ça un débat : la plupart du temps ça se résume à deux points de vue énoncés moult fois de moult manières différentes. Pas d'écoute, pas de débat ! Ce midi c'était caricatural, deux instits (vu l'âge je pense que l'une devait être professeur des écoles) qui s'empoignaient au sujet des méthodes d'apprentissage de la lecture (syllabique versus globale, vous auriez deviné). Une d'entre elle poussait de profonds soupirs ou riait carrément à chaque fois que l'autre prenait la parole. Assez énervant comme attitude...

    J'ai participé à de nombreux débats sur des forums Internet divers et variés, la plupart du temps anglophones. Si j'en ai retenu quelque chose, c'est ceci : il ne sortira rien d'un débat si on reste campé sur ses positions et convaincu que le ou les gars d'en face ne sont que des crétins. La seule façon de faire avancer le débat est de partir du principe que la personne qui a un autre avis a peut-être bien une bonne raison d'avoir cet avis. A partir de là on l'écoute vraiment, on l'écoute sans préjugés, et on a une chance d'apprendre quelque chose. Le but, bien sûr, n'est pas de repartir tous d'accord ; ça a du bon, la diversité ! Mais je crois qu'on ne peut vraiment s'enrichir d'un débat qu'en respectant l'autre.

    Du coup, ça marche beaucoup mieux quand on débat avec des gens qu'on connaît déjà, qu'on aime bien et qu'on respecte.
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Mercredi 30 août 2006
    L'autre jour j'ai trouvé sur un blog (plus moyen de remettre la souris sur le lien, désolée, si l'auteur se reconnaît qu'il se dénonce et je rectifierai ça) un post qui demandait quelles étaient les trois choses qu'on faisait le mieux. J'ai répondu, sans ordre particulier : le hachis parmentier, lire à haute voix et écouter.

    J'ai envie d'expliquer un peu plus.

    -> Le hachis parmentier. J'ai toujours adoré le hachis parmentier de ma mère, et elle le faisait avec une recette. Désolée, je sais que normalement le hachis c'est un truc qu'on fait avec des restes mais pas nous, c'est comme ça. Depuis sa mort je me fais des hachis toute seule et j'ai changé la recette plusieurs fois. Moins d'oignons, parce que ça se digère mal. Des lardons au lieu de bacon, parce que c'est plus tendre. De la viande de boeuf un peu moins grasse. Et puis j'ai remplacé le lait dans la purée par un oeuf. Pourtant, dans ma tête c'est toujours le hachis de ma mère...

    -> Lire à haute voix. Vous l'aurez deviné, je suis une grande intoxiquée de lecture. Accro, quoi. Mais ce qu'il y a de mieux dans le plaisir c'est de le partager ! Alors je lis à haute voix, beaucoup, souvent. Quand j'étais gamine à mes parents, d'abord des livres pour enfant puis des chroniques toutes droit sorties de Télérama (si, si, je vous jure). Puis des extraits des livres que j'étais en train de lire quand ils s'y prêtaient. Je m'appliquais, je mettais le ton, quand il y avait des personnages je changeais de voix. C'est toujours quelque chose que j'adore faire, j'ai d'ailleurs fait partie d'un club de lecture à haute voix sur Internet (on s'enregistrait et on s'échangeait les fichiers mp3) mais le club a fermé ses portes.

    -> Écouter. Je ne sais pas si c'est une bénédiction ou une malédiction, mais c'est un fait, quand les gens ont besoin de parler c'est souvent vers moi qu'ils se tournent. Même des gens pas spécialement proches. J'écoute. Je fais ce que je peux. Je crois que parfois ce n'est déjà pas si mal, d'écouter. Se taire et être là.

    Et vous, quelles sont les trois choses que vous faîtes le mieux ?

(EDIT : grâce à Tippie je peux vous donner le lien !)
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Mardi 29 août 2006
    J'aimerais bien un jour qu'on m'explique comment ça se fait que certains airs restent dans la tête plus facilement que d'autres. Démonstration. Un copain nous a prêté les DVDs du livre II de Kaamelot. Du coup on en regarde quelques épisodes tous les soirs. Il y a quelques jours on est tombés sur celui où le père Blaise tape une crise de nerfs à cause des tierces : selon lui on ne devrait utiliser que les quintes et les quartes (on parle d'harmonie en musique là). L'épisode se finit sur un arrangement à trois voix de cette fichue chanson, là, "sur un o, à la volette, sur un o, à la volette sur un oranger". Dès qu'ils ont fini le personnage d'Arthur dit : elle est bien cette chanson, mais elle reste. Et nom d'un chien, c'est vrai ! Je la fredonne depuis trois jours alors que je ne connais même pas toutes les paroles ! C'est pareil pour beaucoup d'autres chansons, mais j'ai l'impression que c'est souvent les mêmes qui restent, d'une personne à l'autre. Ces crétins de publicitaires l'ont bien compris, leurs djingles à la schtroumph font souvent partie du lot. Alors quoi ?

    Sujet qui a l'air banal mais qui déchaîne pourtant les fureurs ces temps-ci : la météo. Je suis peut-être un alien, mais moi, j'aime bien la pluie. J'aime aussi assez les orages. Quoi de plus doux que de marcher sous la pluie un moment puis rentrer se sécher chez soi avec une bonne boisson chaude ? Quel bruit (à part la voix de son compagnon) est plus agréable que celui de la pluie sur un Velux ? Par contre, quoi de plus pénible que de crever de chaud sous un soleil de plomb ? Bref, je me sens franchement bien en ce moment et je ne regrette pas, mais alors pas du tout le temps qu'on avait au début de l'été.

    Je vis dans un quartier assez sympa où les voisins se disent bonjour quand ils se croisent et où on peut même parfois entamer la conversation à la boulangerie. Jusqu'ici, je peux vous dire que mon opinion sur la météo est franchement minoritaire... Je crois même être la seule à me réjouir ouvertement du temps en ce moment. Je soupçonne certains de jouer les hypocrites pour ne pas fâcher la boulangère (c'est un coup à se retrouver avec une baguette toute molle alors qu'on l'avait demandée bien cuite !) mais quand même, la plupart des gens ont l'air sincères quand ils maudissent "ce sale temps" et qu'ils se demandent où est passé le soleil.
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Lundi 28 août 2006
    Longtemps je me suis couchée tard pour lire. D'ailleurs, je le fais toujours. Mais au début, Harry Potter, ça ressemblait surtout à un phénomène médiatique pour moi. On ne parlait plus que de ça, c'était LA série de livres qui allait redonner envie de lire aux enfants, il y avait des présentoirs partout, bref on en bouffait jusqu'à la nausée. Dans ces cas-là mon esprit de contradiction se réveille et fout des grands coups de pied partout. Or donc, malgré le fait que j'avale joyeusement quasiment tous les bouquins qui passent en temps normal, je n'allais pas lire Harry Potter.

    Puis j'ai commencé à remarquer un phénomène bizarre. Autour de moi, dans le métro, dans les parcs, à la fac (j'étais étudiante à l'époque) les gens se promenaient avec ces bouquins. Pire, ils les lisaient ! A toute vitesse ! Et en resortaient les yeux brillant et fous de devoir attendre la suiiiiite ! Les gens en parlaient, aussi. Comment ça, toi qui aimes lire tu n'as jamais lu Harry Potter ? J'ai commencé à me poser des questions. Un jour, à la bibliothèque municipale, un gamin d'une dizaine d'années a engagé la conversation avec le bibliothécaire en rendant Harry Potter à l'école des sorciers (j'attendais mon tour). Je n'ai pas compris grand-chose, sauf qu'il était rudement content d'avoir pu l'emprunter, le livre, vu qu'il ne restait jamais longtemps en rayon. J'ai craqué. J'ai demandé au bibliothécaire de me le prêter. Après tout vu que je l'empruntais je ne rentrais pas vraiment dans le jeu médiatique...

    Je l'ai dévoré en une nuit.

    Après ça je les ai tous achetés les uns après les autres, en anglais en plus, le bon prétexte (non, je ne cède pas aux sirènes des médias, j'entretiens mon anglais c'est tout !). Ils sont très bien écrits, les personnages sont le contraire de ce qu'ils sont dans un mauvais livre jeunesse : ils sont complexes, il y a plusieurs niveaux de compréhension pour tout. Pour ça j'aime surtout le personnage de Snape (Rogue en français) qui est l'équivoque même.

    Les films sont ce qu'ils sont - à part le quatrième qui m'a excédée d'un bout à l'autre, pas si mal. Adapter fidèlement des bouquins aussi longs et complexes en films de deux heures et demi maximum est infaisable. Les personnages comme l'intrigue perdent beaucoup en profondeur. C'est surtout vrai pour Dumbledore, qui dirige l'école. Je suis toujours un peu triste pour ceux qui disent qu'ils connaissent Harry Potter, puisqu'ils ont vu les films. Ce n'est pas aussi triste que s'ils croyaient connaître Notre-Dame de Paris parce qu'ils ont vu Le bossu de Notre-Dame (version Disney) mais quand même...

    Si vous avez envie de commenter, ne vous en privez pas - mais j'ai fait attention de faire un post sans spoiler (autrement dit ceux qui ne connaissent rien de l'intrigue n'ont rien appris d'important) alors ce serait sympa de mettre un avertissement si vous voulez parler plus particulièrement d'une partie de l'histoire ou d'un personnage. Merci !
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Dimanche 27 août 2006
    J'ai un peu réfléchi à ce dont on parlait sur le blog télé Télérama (lien, c'est tout en bas) : écrire sous un pseudo rend-il libre ? C'est une bonne question, mais elle m'a d'abord frappée comme assez paradoxale. Il faudrait abandonner son identité habituelle - nom, âge, métier, que sais-je encore - pour être libre ? Mais alors, quel genre de liberté ? Je me suis retrouvée à penser autour de l'anonymat, et de l'article sur les relations sur Internet que ma copine m'avait envoyé (lien dans les commentaires de "Voix").

    Je vois des avantages évidents à la communication anonyme sur Internet. L'article dont je vous parlais dit entre autres que le texte seul affaiblit la communication, puisqu'il nous manque des tas de paramètres qu'on aurait dans la vraie vie : attitudes corporelles, ton de la voix... C'est vrai. Mais est-ce forcément une mauvaise chose ? Dans certains cas ça veut dire que le propos, ce que la personne veut dire, ne va pas être pollué par tous ces éléments. J'ai connu par exemple un prof qui avait une voix soporifique. Ce qu'il racontait était intéressant en soi, mais je n'ai jamais pu l'écouter plus d'une demi-heure sans tomber dans une douce torpeur. Il aurait pu faire fortune dans l'hypnotisme. Voilà quelqu'un qui aurait tout intérêt à passer en texte seul... On peut aussi, avant même de l'écouter, être tenté de juger quelqu'un sur son apparence, gros ou maigre, bien ou mal fringué, vieux ou jeune, pas la peine de continuer vous m'avez comprise. Si vous ne connaissez pas quelqu'un dans la réalité, vous ignorez tous ces éléments, vous lisez donc son propos sans préjugé. Il reste encore des éléments perturbateurs - le style, l'orthographe - mais globalement on est quand même plus proche du sens.

    De ce point de vue-là l'anonymat est libérateur - moins de préjugés. Mais il y a un autre aspect de l'anonymat et de la liberté qui me gêne un peu aux entournures. Je pense que pas mal de gens quand ils vont sur Internet se disent : je peux écrire tout ce que je veux puisque personne ne sait qui je suis. Après tout, qu'est-ce qui peut bien m'arriver ? La personne que j'insulte ne peux pas me flanquer son poing dans la figure, pas vrai ? Oui, c'est vrai, Internet permet ça aussi : on peut se comporter comme on n'oserait pas en réalité, puisqu'on a pas à souffrir des conséquences de ses actes. Et là, je suis un peu gênée. Pour moi la liberté ça veut dire faire des choix - on en fait tous dans sa vie, plus ou moins consciemment. Thé ou café ? Fumeur ou non-fumeur ? Maison ou appartement ? Chien ou chat ? Même choisir de ne rien faire est un choix. Et je pense - c'est très personnel - que c'est important d'apprendre à accepter les conséquences de ses actes. Bien sûr qu'on ne peut pas toujours prévoir ce qui découlera d'un choix, mais je trouve ça gênant de pouvoir se comporter comme un vrai salaud sans avoir à assumer ensuite.

    En résumé, vive l'anonymat quand ils nous débarrasse de ce qui peut entraver la communication, à bas l'anonymat quand on se cache derrière lui pour être un sale type !
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Samedi 26 août 2006
    Je vis une histoire d'amour tumultueuse avec les carnets à spirale.

    Avant les carnets, ma vie était... Différente. Je me retrouvais sans arrêt à demander à un bibliothécaire médusé ou un libraire exaspéré s'ils n'auraient pas ce livre, là, mais si, j'en ai entendu parler sur France Inter, il y avait "ange" dans le titre... Ou bien peut-être "saint" ? Non, je ne sais plus de quoi ça parle, non. Il me semble que l'auteur était un homme cela dit. Allez, quoi, un effort, ça ne vous dit vraiment rien ? Ou bien à essayer désespérément de faire une recette alors qu'il me manquait un des ingrédients principaux.

    La réponse à ce problème semblait toute simple : il fallait que j'ai toujours sur moi de quoi noter. J'ai essayé quelques semaines de me servir de mon agenda mais rien à faire, il est trop petit. Du coup j'ai fait l'acquisition d'un carnet à spirale et d'un stylo bille pour aller avec (il fallait qu'il rentre pile poil dans la spirale, comme ça je ne pouvais pas le perdre). Au début, ça a été magique entre nous. A chaque fois que je recevais une information importante (titre de bouquin, itinéraire, recette de cuisine) je notais avec frénésie. Puis, les choses se sont gâtées. Parfois, je n'arrivais pas à relire ce que j'avais écrit rapidement à un stop. Parfois j'arrachais une page pour me rendre compte plus tard qu'une information importante s'y trouvait. Bref, ma vie n'était pas plus ordonnée qu'avant.

    J'ai cru trouver la parade en achetant plusieurs carnets (enfin, deux : un boulot, un perso) et en les divisant en catégories (les bouquins d'un côté, les recettes de l'autre, les itinéraires là, les CDs ici...) mais ce n'est toujours pas la panacée. Il y a même des jours où je me demande si ma vie n'était pas plus simple avant les carnets... Mais on s'y attache, à ces petites bêtes ! J'ai même ouvert une section "idées blog" dans mon carnet perso (le bleu). Pas sûr que ça nourrisse vraiment ce blog mais ce qui compte c'est de persévérer, non ?
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