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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Lundi 26 novembre 2007

J'ai attrappé Électrons libres au hasard sur une étagère de bibliothèque. Je ne connaissais pas l'auteur, j'ai trouvé le titre original, ce qui a remporté le morceau, c'est la critique au dos, critique d'Erwan Desplanque de Télérama, je cite "Entre SF et fantaisie à la Thomas Pynchon. Entre road-book et traité de physique-chimie. Un mélange explosif". D'habitude je n'aime pas trop ces critiques incluses dans les quatrièmes de couverture, on se doute bien qu'ils ne vont choisir que les excellentes... Mais là, c'était Erwan Desplanques, pas n'importe qui, (celui qui a écrit ce billet ou celui-là, billets pris au hasard) et s'il y a une chose que j'aime dans un roman c'est qu'il soit à la croisée des genres.

Je n'ai pas regretté mon choix. L'histoire est amusante, le style pas mal, et le sujet original. James Flint raconte, à la première personne, l'histoire de Cooper James. Il travaille dans un complexe militaire américain en Grande-Bretagne. Un jour, tout le complexe est évacué pour une alerte à l'anthrax. Aussitôt l'alerte levée, Copper est appelé dans le bureau de son supérieur : cette alerte avait été causée par l'arrivée, par la poste, d'une boîte à café contenant des cendres. Celles de son père.

Cooper est bouleversé. Il n'a pas revu son père depuis une quinzaine d'année, alors qu'ils vivaient tous les trois dans une communauté hippie et que son père a décidé de les laisser sa mère et lui pour vivre aux États-Unis. Cooper pense d'abord simplement jeter les cendres du haut d'une falaise, mais il ne peut d'y résoudre et décide de partir en Amérique pour tenter de découvrir ce que son père a fait de son temps loin de lui, et, peut-être, ce qu'il aurait aimé qu'on fasse de ses restes.

On pourrait faire un joli mélodrame avec ce sujet, mais ce n'est pas la façon dont James Flint a décidé de le traiter. Cooper est indécis, plein de colère contre tout et tous, ceux qui attaquent son père, ceux qui le défendent. Il est obsédé par des choses sans importance et passe complètement à côté d'autres plus essentielles. Malgré tout, l'auteur ne tient pas son personnage principal trop à l'écart : il est humain et attachant, malgré ses bizareries. En bref, on passe avec lui un bon moment de lecture. Électrons libres est disponible en livre de poche.

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Lundi 19 novembre 2007

On ne connait pas le nom du narrateur de Naïf. Super.. Ce n'est pas gênant à la lecture, ça l'est quand on veut raconter l'histoire.

Or donc, le narrateur de ce roman traverse une crise existentielle le jour de ses 25 ans. D'un seul coup, il décide de ne pas terminer sa maîtrise, de renoncer à son petit boulot dans un journal, de laisser tomber son logement, de vendre ses livres et sa télévision. Il s'installe dans l'appartement de son frère, parti en voyage d'affaire, et il attend.

Il attend, et il réfléchit. Des pensées simples sur des sujets compliqués. Il fait le point sur sa vie. Il fait des listes : ce qu'il possède, ce qu'il ne possède pas, ce qui le faisait rêver quand il était petit.

Le style est assez particulier, avec des phrases courtes. Des passages un peu absurdes. Des passages très drôles. Des passages profonds. Le résultat est vraiment étonnant et plaisant. Naïf. Super. est disponible en 10/18.

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Lundi 12 novembre 2007

Les plus anciens sur ce blog se rappellent peut-être ce billet, où je râlais contre les choix des éditeurs de ne pas traduire ou d'interrompre l'édition d'ouvrages que je trouvais absolument géniaux.

Eh bien, figurez-vous qu'Atalante a décidé de republier un des romans auxquels je pensais en écrivant ce billet, Le bois Duncton, de William Horwood, qui est à mon avis un vrai chef-d'œuvre. Bonne nouvelle, non ?

Vous aurez donc la chance, si vous en avez envie, de vous plonger dans une histoire extraordinaire. L'histoire de Rebecca et de Brin-de-Fougère, de Boswell le sage, de Mandrake le violent et de Rune le fourbe. L'histoire d'une quête, celle de la septième Pierre. Une saga incroyable et très belle.

Le seul truc qui vous fera peut-être tiquer, c'est que Rebecca, Brin-de-Fougère et les autres... Ce sont des taupes.

Non, attendez, ne partez pas si vite ! Ce n'est pas une histoire pour enfants, et ce ne sont pas des bestioles mignonnes. Le récit est parfois tendre, parfois violent, très humain au fond. Les taupes, dans l'histoire, ont toute une civilisation, jusqu'à une écriture, mais ce ne sont pas non plus des humains en forme de taupe : elles vivent dans des terriers et mangent des vers de terre comme des vraies.

Le seul conseil que je pourrais vous donner pour profiter à fond de ce bouquin, c'est de laisser tomber vos préjugés et de vous immerger complètement dedans : vous avez de bonnes chances de ne pas le regretter.

En plus, même si rien d'important ne reste en suspens à la fin de ce livre, l'auteur a écrit d'autres tomes qui n'ont jamais été traduits en français. Qui sait, s'il y a suffisamment de gens qui aiment, Atalante décidera peut-être de la faire, cette traduction...

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Lundi 5 novembre 2007

William joue du clavier dans un groupe minable à Londres. Un soir, leur manager lui propose de rentrer en contact avec un autre groupe, plus déjanté mais plus talentueux. William rencontre le groupe, dont les membres semblent effectivement dingues mais plein de talent, reste seul avec le chanteur... qui se fait assassiner devant ses yeux par deux nains. William s'enfuit en entendant arriver la police, et commence à nous raconter son histoire.

Les nains de la mort est, contrairement à ce que ce début pourrait faire croire, un roman réjouissant. Qui sont ces nains, pourquoi ont-il tué ce type ? La réponse à cette question compte moins que les errements du narrateur, son dégoût pour Andrew Lloyd Weber et son histoire d'amour compliquée avec Madeline. L'auteur porte sur cette petite vie un regard féroce et ironique, ce qui rend le roman très drôle malgré un sujet plutôt macabre.

Les nains de la mort est disponible en Folio.

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Lundi 29 octobre 2007

Andrée Chedid est écrivain, c'est aussi la mère de Louis Chedid et la grand-mère de M. Il y a des familles qui en hébergent, du talent... De tous les livres que j'ai lus d'elle, L'enfant multiple est mon préféré, je trouve que c'est le plus lumineux.

Il raconte une histoire belle, triste parfois mais surtout belle, celle d'Omar-Jo, l'enfant multiple. Son père était marocain et sa mère libanaise, il habitait Beyrouth jusqu'à ce qu'une bombe lui enlève son bras et ses parents. Hébergé par de la famille à Paris, il rencontre Maxime, un forain un peu aigri, et son manège. Omar-Jo décide de prendre une place dans la vie de Maxime et de redonner toutes ses couleurs à son manège.

Avec une histoire pareille, Andrée Chedid réussit l'exploit de ne pas tomber dans le pathos, et elle le fait tout en légèreté. Omar-Jo n'est pas un cliché, celui du courage d'un enfant, c'est un personnage original, plein de vie, on prend un plaisir fou à respirer le même air que lui pendant un moment, rires et larmes mêlés.

Vous pouvez trouver L'enfant multiple en Librio, les bouquins à deux euros.

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Lundi 22 octobre 2007

J'ai emprunté la semaine dernière à la bibliothèque un livre d'un genre particulier, puisqu'il se présentait sous la forme de deux galettes argentées... C'était un livre-CD, Enregistrements pirates, lu par l'auteur. J'avais envie de lire un bouquin de Philippe Delerm, c'était le seul disponible à la médiathèque ce jour-là. J'aime écouter une lecture à haute voix (roman, nouvelle, chronique, peu importe, l'échange compte autant que le texte d'origine) mais je ne me voyais pas rester une heure comme une courge à côté de ma chaîne hifi, aussi ai-je converti en mp3 les pistes des deux CDs, direction mon lecteur, à écouter pendant les trajets maison-boulot et retour.

Un vrai délice. On y trouve une trentaine d'instantanés, répliques entendues au passage, sur un quai de gare, dans un métro, ou moments de tous les jours, travaillés, décrits avec minutie jusqu'à devenir de petits bijoux. Bizarrement, cette plongée intense dans les brèves d'une autre vie fait ressortir son propre quotidien avec un autre éclairage. On se retrouve bien vite à ouvrir les yeux et les oreilles un peu plus intensément, et à voir les détails originaux dans le banal, le déjà-vécu.

Enregistrements pirates est un bouquin qui se prête bien à l'usage que j'en ai fait. Les textes sont très courts, idéal pour pouvoir arrêter aussitôt arrivé à destination sans trop hacher sa lecture. Philippe Delerm lit très bien : respiration juste, voix douce, agréable à l'oreille, mais timbrée, facile à entendre et à comprendre.

La version écrite d'Enregistrement pirates est disponible en Folio, la lecture à haute voix qu'en a fait Philippe Delerm est disponible chez Lire dans le noir.

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