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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Vendredi 21 septembre 2007
Ce communiqué de  la fédération internationale des ligues des droits de l'homme : une famille ce n'est pas le résultat de tests ADN.

EDIT le 21/09/2007 : une idée que j'ai trouvé sur un blog Modem et que j'ai trouvée excellente : écrire à nos sénateurs, qui vont débattre et voter pour ou contre le fameux texte ! Vous trouverez leurs cooordonnées , beaucoup ont des adresses mail. Jouons le jeu démocratique, demandons à nos élus de représenter nos idées !
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Mardi 18 septembre 2007
Vous pouvez écouter ici l'intervention de François Bayrou hier soir sur France Inter, et lire son discours de clotûre du forum des démocrates .
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Mercredi 12 septembre 2007
Il y a aux États-Unis des sénateurs très rétrogrades. Ils refusent le mariage homosexuel, l'avortement, prêchent pour l'abstinence sexuelle en dehors du mariage, mettent des bâtons dans les roues de ceux qui voudraient apprendre aux jeunes d'autres moyens d'éviter grossesses non désirées et MST. Je dois reconnaître que mon premier réflexe, quand j'ai appris que Larry Flint proposait de l'argent à quiconque pouvait prouver que ces sénateurs avaient une vie dissolue, ça a été de me marrer un bon coup. Bien fait pour leur tronche, à ces hypocrites. Ils ont péché, donc ils peuvent arrêter de lapider les autres, non ?

Mais à la réflexion, cette démarche me gêne un peu aux entournures. Tout simplement parce que le présupposé, c'est qu'on ne peut pas donner de leçon aux autres sur leur vie privée quand on n'a pas soi-même une vie privée impeccable... et je ne suis pas d'accord avec ça. J'ai plutôt tendance à penser que la vie privée ne regarde que ceux qui la vivent, et que personne n'a de leçons à donner là-dessus. Peu importe que le donneur de leçons respecte lui-même ces interdits ou pas, ce que chacun fait de ses fesses ne regarde que lui ou elle, tant qu'on est entre adultes consentants.

Pour être franche, ils me font un peu pitié, d'ailleurs, ces sénateurs. Ils confondent tout. Si on parle de fidélité dans le couple, par exemple, je trouverais ça abominablement triste que des conjoints soient fidèles uniquement par peur du châtiment, ou pour obéir à une loi. Quel sens ça a ? C'est tellement étriqué et déprimant de se dire qu'on peut être fidèle pour ces raisons-là et pas par amour, comme un poisson rouge qui continuerait à tourner en rond longtemps après qu'on l'ait transféré dans un aquarium carré... Je ne suis pas pour l'infidélité, je suis pour le droit à l'infidélité. Pour que ce choix reste un choix et pas une contrainte imposée de l'extérieur.

Puisque ces questions-là sont surtout posées dans un contexte religieux, j'ajoute que c'est la même chose pour la religion. Croire en une religion parce qu'on nous a soigneusement maintenu dans l'ignorance des alternatives (autres religions, agnosticisme, athéisme) ça n'a sûrement pas le même sens pour Dieu, s'il existe, que le libre choix d'une façon de croire en lui. Ou en elle. Ou en eux. Ou en rien. Je me suis férocement écharpé avec un Témoin de Jéhovah une fois sur ce sujet, parce que quand je lui demandais pourquoi je ne devrais pas donner mon sang, il n'a rien trouvé de mieux à me dire que "c'est écrit comme ça". L'obéissance aveugle, à quoi ça rime, dans ce contexte-là ?
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Vendredi 24 août 2007
Quand on apprend à lire, on lit à haute voix. On ne sait pas faire autrement : on déchiffre en parlant. Et puis petit à petit, la lecture devient automatique, et un jour on se surprend à lire dans sa tête, sans parler. La joie ! La fierté ! Lire enfin comme les grands, en privé, tout seul ! On continue à lire à haute voix quand on y est obligé, à l'école, par exemple, et le reste du temps on se crée son petit nid de lecture dans sa tête, et on perd l'habitude de lire tout haut.

Lire est une vraie passion chez moi, et je suis très heureuse de pouvoir le faire silencieusement. Garder son jardin secret de lecture, c'est important, et puis comme ça on ne gêne personne, et on peut aussi lire plus vite, puisqu'on peut dépasser la vitesse de la parole. Pourtant j'aime toujours autant lire à haute voix.

Lire un texte à haute voix, c'est se donner l'occasion à soi-même de le redécouvrir autrement. Obligés qu'on est de faire attention au rythme et au ton, on ne le voit pas de la même façon que quand il arrive simplement dans nos neurones sans passer par la case voix, et c'est un plaisir. Mais lire à haute voix, c'est surtout partager. Le texte passe par le filtre de notre voix ; on peut faire ressortir le rythme, les assonances, les allitérations, et surtout le ton et les accents. On peut mettre en valeur le texte, le mettre à distance. Le même passage, lu d'une voix neutre, triste, joyeuse, ironique, ne sera pas le même. La même phrase, selon qu'on mette l'accent sur un mot ou sur un autre, ne sera pas la même. On donne, en même temps que les mots, notre interprétation de ces mots, notre point de vue en filigrane. Avec les mots d'un autre, on redécouvre le plaisir du conteur. On offre à celui ou ceux qui nous écoutent un texte, mais aussi un peu de nous-mêmes.

De l'autre côté de la lecture à haute voix, celui de l'auditeur, un plaisir sans mélange. D'abord le ravissement un peu enfantin d'être celui à qui on raconte une histoire. Et puis la joie des sons, la musique des mots, la voix de celui qui lit, tout ça crée un enchantement bien particulier, un moment qui n'arrive qu'une fois, un cadeau qu'on nous fait et qu'on accepte, en toute simplicité.

Dans la pratique, qu'est-ce qu'on peut lire à haute voix ou demander de se faire lire, et à qui ? Pour le qui, c'est à vous de voir, des gens proches, a priori. Pour le quoi, rien de plus simple : n'importe quoi. Enfin, quasiment n'importe quoi, évitez quand même le dernier rapport de la cour des comptes. Mais pour le reste, chronique trouvée sur le net ou dans un journal (le Mon œil d'Alain Rémond dans Télérama était un vrai plaisir à lire à haute voix), critique de cinéma, poème (la poésie est faite pour être lue à haute voix), nouvelle, début de roman pour donner envie de lire la suite, pièce de théâtre, ou même recette de pizza si vous vous sentez assez doué pour que ce soit intéressant, la seule limite, c'est votre imagination. Si vous ne savez pas par quoi commencer, essayez le dernier article de Brendufat, par exemple, c'est un petit bijou. 
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Vendredi 13 juillet 2007
Un système idiot de points de fidélité a fini par m'offrir un abonnement à Première, le magazine de cinéma. Je l'ai choisi plutôt par défaut, parce que rien d'autre dans la liste proposée ne me tentait. Ça me permet au moins de me tenir au courant des sorties de film. Pour le reste, je ne suis pas toujours d'accord avec leurs critiques et je trouve, en gros, que le journal manque un peu de fond : on en a vite fait le tour. Avec le numéro de ce mois-ci il y avait un supplément fièrement intitulé "Le palmarès érotique de la rédaction", avec en couverture Scarlett Johansson, toute habillée, le regard tourné vers l'objectif. Je l'ai feuilleté. Pour chaque acteur ou actrice, une photo, et un petit commentaire. Là encore, beaucoup de photos, peu de contenu... Je me suis dit que ça pourrait être amusant de faire l'analyse, page par page.

Or donc, couverture : Scarlett Johansson, habillée mais regardant l'objectif d'un air, disons provoquant. Puis édito (si on peut dire) surmonté d'une photo de Nicole Kidman, habillée, regard amusé vers l'objectif. On en est déjà à deux femmes, toutes les deux habillées. Deux pages suivantes : Daniel Craig, regard tourné ailleurs, chemise entrouverte, et deux actrices, toutes les deux torse nu. Quatre femmes dont deux assez nues, un homme habillé. Pages suivant : Nathalie Portman, photo cadrée sur le visage et l'épaule, elle regarde ailleurs et on voit une bretelle. Ensuite viennent Drew Barrimore, habillée seulement d'une serviette, Louis Garrel nu avec une femme nue aussi et Audrey Tautou penchée en avant dans une robe plutôt décolletée (celle qu'elle portait dans Hors de Prix). Puis Jude Law, tout habillé, regard face caméra.

Je vous épargne le reste de l'inventaire : en tout, j'en arrive à 18 photos de femmes dont 10 à moitié à poil ou dans des positions plus que suggestives, et 12 photos d'hommes dont 4 seulement pourraient être prises pour des clichés érotiques. Pour ce qui est du choix des acteurs, Première et moi n'avons visiblement pas les mêmes goûts : George Clooney, d'accord, Johnny Depp aussi, Brad Pitt à la limite encore qu'il ait un côté assez crado sur leur photo, mais les autres, je ne leur trouve pas franchement de sex appeal. Il y a vraiment des filles à qui ça fait quelque chose, une photo de Nicolas Cage en pied, pardessus noir, pantalon noir et regard vers le lointain ?

Je ne suis pas sûre que j'aime le concept d'un supplément érotique (dire qu'on trouve un acteur sexy entre autres choses et consacrer tout un supplément aux acteurs sexy, ce n'est pas tout à fait la même chose...) et même si je trouvais ça acceptable je ne trouverais pas ça normal que la plupart des hommes hétéros puissent y trouver leur compte et pas les femmes. Je sais à quel journal je ne m'abonnerai pas l'année prochaine.
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Vendredi 29 juin 2007
L'autre jour, j'ai lu dans mon Télérama qu'un documentaire sur Christophe Willem (la Tortue, le gars qui a gagné la Nouvelle Star l'année dernière) allait passer sur W9. Je ne comptais pas le regarder, la vie privée des chanteurs m'intéresse à peu près autant que ma première couche-culotte. Mais j'ai quand même jeté un œil à la critique. En gros la journaliste, Isabelle Poitte, s'étonnait de découvrir un personnage un peu lisse, loin de la créature fantastique, dans tous les sens du terme, qu'elle s'était imaginée d'après les descriptions enthousiastes de ses collègues scotchés devant la Nouvelle Star.

Au fond, Isabelle Poitte a été victime du même genre de préjugé que moi. En entendant parler d'un chanteur talentueux, avec une belle voix bien sûr mais aussi un vrai talent d'interprétation, elle a inventé un personnage imprévisible, original, tout comme j'avais imaginé Brad Pitt mauvais acteur à force de l'avoir vu sur les devantures des maisons de la presse.

Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire, qu'est-ce que c'est que ce fonctionnement ? Eh bien, on met les gens dans des cases, avec attributs principaux et secondaires. Exemple : pour être un people, il faut forcément être souvent en couv' de magazine. C'est le cas de Brad Pitt. Je pense que les peoples sont souvent des gens qui vendent leur image bien plus que leur talent, parce qu'ils en ont peu, donc l'attribut secondaire de people, pour moi, c'est pas très doué. Dans le cas de Brad Pitt, c'est faux. Pour déclencher l'enthousiasme des journalistes de Télérama, il faut forcément qu'un chanteur soit talentueux, et Christophe Willem l'est. Mais cet enthousiasme implique souvent aussi un grain de folie, voire un bon silo à grains de folie. D'où l'étonnement d'Isabelle Poitte de voir Christophe Willem si raisonnable. Je continue ou tout le monde a compris ?

On fonctionne tous comme ça à différents degrés, et c'est bien pratique. On peut se torturer la tête longtemps, mais je pense qu'il est relativement incontestable qu'on ne peut pas connaître quelqu'un à 100%. Heureusement d'ailleurs, quel ennui sinon... Bref, dans tous les cas, s'approcher de ce 100%, bien connaître quelqu'un, ça prend du temps, on n'a pas ce temps-là pour tout le monde, et ce n'est pas nécessaire pour tout le monde. Alors savoir quelques petites choses de chaque personne qu'on rencontre et en déduire d'autres, ça marche la plupart du temps. Ma voisine est âgée, elle a sans doute un rythme de vie plus lent que la petite jeune d'en face. Mon boulanger aime Florent Pagny, surtout les paroles, il n'est peut-être pas très futé. Le gars dans le métro lit Minute, il est probablement d'extrême droite. Ma crémière aime Alan Rickman, comme moi, c'est forcément quelqu'un de cultivé et d'une intelligence exceptionnelle (je plaisante...) Bref, vous voyez le principe.

Mais le truc, avec le vivant, c'est que ça ne se laisse pas enfermer dans ces cases. Ça dépasse, systématiquement. Il y a des vieilles dames qui escaladent des montagnes et des petites jeunes qui vivent comme des chats. Il y a des gens qui lisent Minute pour savoir ce que pensent les racistes. Il y a des fans de Pagny intelligents et délicats, et des fans d'Alan Rickman idiots et lourd (enfin, il parait). En généralisant comme ça, on a raison neuf fois sur dix, mais il y a toujours un original qui nous donnera tort. Les êtres humains sont semblables et prévisibles en tant que groupe, mais infiniment divers et imprévisibles en tant qu'individus, c'est ce qui donne tout son piquant à la vie. C'est pour ça que ce n'est pas mal d'être conscient de la façon dont ça se passe dans nos têtes pour rectifier le tir si besoin est, et transformer les "tous les.... sont ..." en "la plupart des ... sont ...".
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