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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Vendredi 22 décembre 2006
    Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que c'est bientôt Noël... En général les fêtes de fin d'année n'ont pas un effet très heureux sur mon moral, et je crois que je ne suis pas la seule. Du coup, et pour répondre au numéro spécial de Télérama sur le merveilleux, je m'en vais vous donner une petite liste pas du tout exhaustive des choses qui m'émerveillent... Etant donné la récupération de Noël par les marchands du temple, je vais tâcher de parler de choses gratuites. Je pense que le merveilleux existe avant tout dans les yeux de celui qui s'émerveille, et que pour s'émerveiller on n'a pas forcément besoin de voir des fées et des elfes en vrai.

    - J'en ai déjà parlé chez Ardalia, mais ça continue à m'épater : pour construire cette petite merveille de complexité qu'est un être humain, avec non seulement un corps mais aussi l'individualité, l'âme, appelez ça comme vous voulez, il faut seulement un ovule, un spermatozoïde, un milieu favorable et du temps. Penser que chacun d'entre nous a commencé comme ça, une tout petite cellule qui s'est divisée, divisée, spécialisée, et ainsi de suite jusqu'à être nous, ça me donne le tournis.

    - L'imagination. Vous vous rendez compte qu'une épopée comme l'Odyssée, ou plus près de nous Le Seigneur des Anneaux, est née dans l'esprit des gens ? Vous vous rendez compte de la musique, des sculptures, de tout ce qui n'est pas du tout indispensable et pourtant totalement nécessaire, et qui est sorti tout droit de la tête et du coeur de gens comme nous ? Nous ne nous contentons pas de modifier notre environnement pour pouvoir satisfaire des besoins primaires comme manger ou avoir chaud, nous sommes des conteurs, des peintres, des sculpteurs, des musiciens, des poètes...

    - Les baleines. Je sais, on doit voyager loin pour en voir une de près mais ce n'est pas seulement les voir qui m'émerveille. Les baleines ont été, sont toujours dans certains coins du globe chassées pour leur viande et leur graisse. Et une baleine, laissez-moi vous le dire, c'est très, très gros. Mais quand elles croisent les petits bateaux de tourisme qui portent les gens venus les voir, elles sont joueuses, elles répondent aux cris, aux grands gestes, elles sont tout sauf agressives... Vu leur taille elles pourraient les couler sans problème, par prudence - c'est dangereux les gens - ou pour venger toutes celles qui ont été tuées avant elles... Mais non. Elles jouent avec nous.

    - Je vais finir par quelque chose de familier et pourtant beau et intriguant : le ciel. J'ai su pourquoi il était bleu et je sais pourquoi il devient rouge le soir, mais ça n'enlève rien à ce simple fait : quand je prends la peine de lever la tête pour regarder le ciel, les nuages, le coucher du soleil, j'ai l'impression de voir quelque chose d'exceptionnel, d'être minuscule et en même temps grande comme le monde.

    Je vais peut-être passer pour lou ravi, mais peu importe. Le contraire du merveilleux, c'est l'habitude : à l'enfant qui ouvre de grands yeux, on dit que ce qu'il voit est normal... De temps en temps, retrouvons ces yeux-là. :-)
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Mercredi 20 décembre 2006
    Qui n'a pas déjà entendu ce genre de conversation...
   
    -Tu as lu Harry Potter ?
    -Ah non, mais j'ai vu les films et ça ne m'a pas trop plu.
   
    -Tu as vu la série Alias ?
    -Non, mais j'ai lu tous les bouquins, c'est pas terrible.
   
    Autant vous le dire tout de suite, si je m'écoutais, je m'arracherais les cheveux quand j'entends ça. Pour moi, c'est très, très clair : on ne peut pas dire qu'un livre, une série, un film, un blog, c'est la même chose. Point. Ça peut être comparable, d'accord, ça peut être basé sur la même histoire, certes ! Mais ce n'est pas la même chose. Pour une raison toute simple, tellement évidente que tout le monde l'oublie : l'histoire est importante, bien sûr, mais le support conditionne aussi beaucoup de choses.
   
    Dans un livre, on ne voit pas les personnages ou les décors. Du coup, on peut imaginer tout ce qu'on veut. On peut coller sur la tronche du héros celle d'un ami d'enfance ou d'un béguin éphémère, et sur celle du méchant un ennemi juré. On n'entend pas non plus les voix, et là encore notre imagination doit faire tout le boulot. Autrement dit, on n'a pas du tout dans la tête la même chose que le voisin. Dans un livre, on suit son rythme. Si on veut s'enfiler cinq tomes à la suite dans la même nuit, ou au contraire s'arrêter à tous les chapitres pour mieux savourer, on peut. Un livre peut faire la longueur qu'il veut, et même varier d'un tome à l'autre quand c'est une série, alors qu'une série télé doit garder la même durée d'un épisode à l'autre et qu'un film peut difficilement faire plus de 2 ou 3 heures.
   
    Dans un film ou une série télé, on voit les gens, on les entend aussi. Et ça joue ! Je vous avais déjà raconté comment la voix des acteurs peut influer sur la façon dont on perçoit leur personnage, par exemple. Dans un livre, on ne retrouve pas tout à fait ça, même si dans l'idéal chaque personnage a sa façon de parler. Bref, voir et entendre fournit des références communes, mais ça peut aussi décevoir, quand on avait imaginé les personnages dans sa tête. Je ne sais pas si j'irai voir le film Eragon, parce que j'ai vu les affiches et que ce blondinet à l'air renfrogné n'est pas du tout mon Eragon, et ce dragon à plumes (!) pas du tout ma Saphira. Dans Le Seigneur des anneaux, ce type un peu efflanqué n'est pas l'Aragorn que j'avais dans la tête, et je voyais Galadriel un peu plus en chair. Il faut aussi dire qu'il y a parfois des choix d'acteurs surprenants. J'adore Alan Rickman, vraiment, c'est un de mes acteurs préférés, mais je pense tout de même qu'il est un peu trop vieux pour jouer le personnage de Snape (Rogue en français) qui est censé avoir le même âge que les parents de Harry Potter. Les acteurs peuvent aussi mourir pendant un tournage ou entre deux films, et devoir être remplacés : je pense à Richard Harris qui jouait Dumbledore dans Harry Potter à l'école des sorciers, je pense aussi à Gloria Foster, qui jouait l'oracle dans les deux premiers Matrix.

    Un film a une durée précise, et ne peut donc pas coller à un livre trop long. Je pense là encore à Harry Potter : les personnages du film n'ont pas la moitié du quart du commencement (un bon point à celui qui me trouve la référence) de la profondeur qu'ils ont dans les livres. Dumbledore, par exemple, n'est presque jamais drôle ou tendre envers Harry. Quant aux élèves, en dehors du trio, de Neville et de Malfoy, ce ne sont que des ombres.

    Tout ça a aussi des avantages, bien sûr. Déjà, on ne trouve dans un livre que ce qu'on apporte, au niveau images et sons... Je n'avais pas imaginé les superbes plaines du Seigneur des Anneaux, ou les Ents (leurs voix surtout), ou Gollum, ou le château dans Harry Potter. Je n'avais pas non plus imaginé la musique, magnifique, (c'est Danny Elfman pour Harry Potter, non ?) et qui joue aussi sur la façon dont on perçoit l'action et les personnages. Les films peuvent réussir à nous intéresser à des passages qu'on aurait sûrement sautés dans un livre. C'est plus facile d'être épique dans une bataille ou de faire faire des acrobaties impressionnantes aux personnages en image qu'en texte : allez donc décrire le bullet time ! Enfin, les films et les séries ont des durées limitées et des codes à eux. Par exemple, à moins de l'avoir en DVD, mais je ne considère pas que ce soit pour ça qu'une série est faite, on est bien obligé d'attendre 24h ou une semaine pour savoir la suite. Ça peut être long, c'est sûr, mais au moins on ne risque pas l'indigestion comme ça peut arriver avec les livres.
   
    Enfin, dernier support auquel je vais m'intéresser aujourd'hui, le blog... Lui aussi à des codes et des techniques bien à lui, ce n'est pas Ron l'infirmier qui vous dira le contraire. Dans un blog on peut se permettre plus de choses au niveau tournure, orthographe, comparaisons, on peut coller à l'actualité puisqu'en théorie le lecteur vous lira au maximum quelques jours après que vous ayez écrit. Mais comme les lecteurs viennent régulièrement, on a tout intérêt à être intéressant tout le temps. On ne peut pas se permettre d'être chiant pendant 100 pages comme un livre peut le faire, ou pendant dix minutes comme un film peut le faire, parce que le blog repose en partie sur la fidélité des lecteurs d'un jour sur l'autre, alors qu'on peut sauter les pages d'un livre et qu'il est rare qu'on se barre d'un cinéma juste pour 10 minutes d'ennui. Ça veut aussi dire qu'en tant qu'auteur on ne peut pas facilement prendre une pause de quelques mois, fidélisation des lecteurs oblige. D'un autre côté, on a un retour immédiat : je ne vais pas téléphoner à Robin Hobb pour lui dire que tel chapitre de L'Assassin royal m'emmerde au plus haut point, alors que si l'auteur d'un blog que j'aime d'habitude m'intéresse moins, je peux le lui dire immédiatement. Et je ne vous parle même pas des possibilités offertes par les liens ou l'insertion de musique, de vidéo...
   
    Voilà donc en très, très gros, pourquoi un film, une série télé, un livre, un blog, ça n'est pas, ça ne peut pas être la même chose. Chaque support a ses avantages, ses inconvénients, et d'ailleurs ce qui peut être perçu comme un avantage par l'un sera un inconvénient pour l'autre. Je ne suis pas du tout contre les adaptations en tout genre : au minimum, ça a le mérite de faire naître la curiosité sur un personnage ou une histoire (je vous raconterai un jour comment j'ai connu Nestor Burma) et quand tout va bien, ça nous fait envisager l'histoire ou le personnage différemment, ce qui est souvent une bonne chose. Je veux juste dire qu'on ne peut pas faire comme si on avait lu un livre quand on on a vu un film, et vous pouvez remplacer livre et film par chacun des supports possibles.
publié dans : La vie, l'univers et le reste
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Dimanche 17 décembre 2006
    Amis de la SF et/ou de l'absurde, bonjour ! Je m'en vais vous parler aujourd'hui d'une trilogie en 5 tomes : Le guide galactique, de Douglas Adams. Cette série est un classique dans la plupart des pays anglophones, pas un classique dans le genre "tout le monde l'a étudié à l'école", plutôt un classique du genre quelqu'un pose une question existentielle, on lui répond "42" et on rigole. Vous comprendrez pourquoi à la fin du premier tome. J'arrête tout de suite ceux qui ont vu le film et l'ont trouvé nul : c'est normal, il était en effet complètement nul, malgré la présence de deux de mes acteurs favoris : Warwick Davis et Alan Rickman, qui jouaient respectivement le corps et la voix de Marvin, le robot neurasthénique. Franchement, la seule chose à sauver dans ce film c'est le générique du début avec les dauphins et leur chanson (So long et thanks for all the fish).
   
    Or donc, retour aux livres. Dans le premier tome, on fait la connaissance des deux personnages principaux. Il y a d'abord Arthur Accroc, terrien anglais et un des derniers survivants de la Terre après sa destruction par les Vogons, race d'extraterrestres peu sympathiques. Puis Ford Escort, extraterrestre originaire de Bételgeuse et correspondant du Guide galactique. Cet ouvrage indispensable permet à chacun de faire du tourisme dans la galaxie pour pas cher, et sa couverture donne un précieux conseil : Pas de panique !
   
    Tout commence avec la destruction de la Terre par, donc, les Vogons. Ford réussit à se sauver et emmène Arthur avec lui en stop dans le vaisseau des Vogons. A partir de là, tout se gâte... Il faut aimer le nonsense anglais et les jeux de mots (le chef Vogon s'appelle Sahlut Legat Vogon Styhr, pour vous donner une idée) mais quand on aime ça, on trouve un vrai bonheur dans cette série : Le guide du voyageur galactique, Le dernier restaurant avant la fin du monde, La vie, l'univers et le reste, Salut et encore merci pour le poisson et Globalement inoffensive. Grand coup de chapeau (métaphorique, j'ai froid aux oreilles) au traducteur qui a fait un boulot énorme et très réussi là-dessus. La série est d'abord parue en Présence du futur, les éditions sont pas mal si vous pouvez les trouver en occasion, sinon depuis que cette collection n'existe plus ils ont été repris en Folio SF. Si vous voulez en savoir plus sur la série, qui était au départ un feuilleton radio, direction un site de fans francophones.
   
    Pour ceux qui n'aiment pas ce type d'humour, pas de panique, j'ai une solution de remplacement. C'est aussi de la SF, mais c'est un peu plus sérieux. De tous les romans de Bruce Sterling que j'ai lus, Le feu sacré est mon préféré. Dans un futur pas si lointain, le monde est dominé par des gens de plus en plus vieux qui utilisent des techniques médicales de plus en plus extrêmes pour rajeunir. Mia a 94 ans quand elle décide de tester une technique nouvelle qui va lui redonner un corps de jeune fille. Quand elle se réveille dans ce nouveau corps, elle ne se sent plus du tout la même. Elle fuit la surveillance médicale et part rejoindre de vrais jeunes gens qui ont fondé un mouvement intellectuel et artistique, ils veulent être ardents. Elle prend le nom de Maya et tente elle aussi de montrer qu'elle a le feu sacré. C'est paru chez Pocket, collection rendez-vous ailleurs.
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Vendredi 15 décembre 2006
    Il y a quelques semaines, j'ai découvert yahoo questions réponses. Pour ceux qui ne connaissent pas, le concept est hyper simple : les utilisateurs s'inscrivent et peuvent poser des questions et y répondre, un peu comme un forum de questions uniquement. 

    Franchement, c'est pas mal comme idée, non ? Par exemple, vous vous posez des questions sur le fonctionnement des bibliothèques, avec un peu de bol un professionnel sera là pour vous répondre.

    Dans la pratique, ça ne se passe pas toujours comme ça. Je pourrais vous parler des questions très orientées idéologiquement, de celles des gosses qui veulent qu'on fasse leurs devoirs ou leurs fiches de lecture, des réponses idiotes et agressives à des questions respectueuses, mais ce qui me marque le plus dans cette histoire c'est le nombre d'utilisateurs qui posent là des questions pas possibles comme si c'était le seul lieu où ils pouvaient les poser.
   
    Suis-je enceinte ? Je suis enceinte, je saigne, est-ce que mon bébé va bien ? Je ne veux pas de ce bébé, comment faire pour avorter ? J'ai fait l'amour avec mon ami et le préservatif a craqué, est-ce que j'ai le SIDA ? J'ai des douleurs ici ou là, qu'est-ce que ça veut dire ? Mon mari me trompe, qu'est-ce que je peux faire ? Comment se faire des amis, je suis si seul ? Je pense au suicide...

    J'ai déjà participé à des forums où ce n'était pas aussi insolite de poser des questions personnelles, parce que c'étaient des communautés assez petites, on se connaissait tous, on se faisait confiance, ça avait du sens dans ce contexte. Mais Yahoo QR a trop d'utilisateurs pour que ce sentiment existe. Je ne comprends pas comment, face à des questions aussi importantes, le premier réflexe c'est de demander leur avis à une bande d'inconnus plutôt que de filer chez son médecin ou de téléphoner à son meilleur ami... J'ai essayé pendant un temps de répondre à ces questions quand je pouvais, d'orienter vers les bonnes personnes quand je ne pouvais pas. Puis j'ai arrêté et supprimé mon compte, parce que ça me faisait mal au ventre de penser que ces personnes étaient seules, toutes seules devant leur écran, qu'elles n'avaient personne à qui parler et qu'elles jetaient leurs problèmes en pâture au premier qui passe comme ça... Les réponses peuvent être si dures et intolérantes.

    Le pire, c'est qu'après il n'y a aucun moyen de savoir ce que deviennent ces personnes, si elles vont bien, si on a pu les aider au long terme. La plupart de ceux qui posent ce genre de questions se sont inscrits uniquement pour ça et ne reviendront pas.

    Combien de gens sont seuls face à leurs problèmes, graves ou pas, seuls à ce point-là... Et que deviennent-ils quand ils ont éteint leur ordi ?
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Mercredi 13 décembre 2006
    Quand j'étais petite, j'étais quasiment la seule de ma classe qui n'étais pas catholique. Du coup je me suis cherchée une religion sympa et originale. C'est justement à ce moment-là qu'on a appris les bases de la mythologie grecque, ça m'a bien plu. Un dieu différent pour tout, des dieux batailleurs, cabochards, ça me semblait plus logique à l'époque qu'un dieu d'amour devant un monde si fouillis. Pendant un moment, j'ai adopté l'idée comme si c'était la mienne, et je me fichais bien d'être la seule. Je faisais des libations à l'évier à chaque fois que je buvais un verre d'eau, et quand un truc désagréable m'arrivait je me demandais quel dieu j'avais pu offenser et quoi faire pour me faire pardonner (un peu comme Ulysse qui a erré parce qu'il était maudit de Posséidon, protecteur de Troie dont il avait causé la chute avec son idée du cheval). J'avais à la même époque des velléités littéraires, et j'avais déjà choisi à quel dieu je dédierais mon premier livre (Eole, le dieu des vents, et pas de mauvais esprit, c'était aux moulins à vent que je pensais, merci).
   
    J'ai grandi. L'idée m'a de moins en moins séduite, et j'ai fini par la laisser tomber tout à fait... Enfin presque. Quand je me retrouve régulièrement dans les mêmes situations merdiques, il m'arrive de me demander à nouveau (avec un peu plus de recul, quand même) quel dieu j'ai bien pu offenser : pas seulement les dieux anciens mais aussi les modernes que j'avais créés à l'époque par nécessité.
   
    Je peux vous dire par exemple que le dieu des files d'attente est particulièrement énervé contre moi ces temps-ci. Je ne peux pas choisir une file d'attente sans que ce soit "la mauvaise" : personne qui a oublié son moyen de paiement ou dont la carte bleue ne marche pas, personne qui n'a pas pesé ses fruits-zé-légumes et qui doit y retourner, quand ce n'est pas carrément celle où deux messieurs vont en venir aux mains pour une histoire de place dans la queue (authentique, ça s'est passé le 11 novembre). Je ne sais vraiment pas ce que j'ai fait pour lui déplaire : j'achète assez peu sur Internet (grande offense au dieu des files d'attente, furieux de ne plus nous avoir en son pouvoir !) et je suis au mieux avec sa femme, la déesse des réfrigérateurs.
   
    Il faudrait peut-être que j'aille faire mes courses un dimanche avant Noël dans un endroit bondé pour l'apaiser. Pas sûre que ça vaille vraiment le coup...
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Lundi 11 décembre 2006
    La première fois que j'ai lu un bouquin de Glen Cook, je n'ai pas aimé, mais alors pas du tout. Il s'agissait du premier tome de La compagnie noire. J'ai trouvé que ça manquait sérieusement de punch, et que ça n'était même pas si bien écrit. Bref, une expérience à ne pas renouveler. Voilà pourquoi j'étais plus que dubitative quand on m'a parlé de La belle aux bleus d'argent, le premier tome d'une autre série de Glen Cook, Garrett détective privé.

    J'ai porté un regard pas convaincu du tout sur ce roman au premier abord... Puis je me suis laissée charmer. En général j'aime bien les mélanges entre les genres, à ce niveau-là La belle aux bleus d'argent a tout pour plaire : l'action se situe dans un univers de fantasy (nains, trolls, elfes...) mais le personnage principal est un détective privé qui tient plus de Nestor Burma (encore un dont il faudra que je vous cause) que de Bilbo le Hobbit.

    Garrett est engagé par le père d'un de ses anciens amis. Celui-ci vient de mourir en laissant une fortune à une femme que le père n'a jamais vue, une femme qui habite dans le Cantard. Dans cette région on se livre à une guerre acharnée pour le contrôle de l'argent, minerai très utile à l'usage de la magie. Le père souhaite retrouver cette femme, il veut rencontrer celle qui a réussi à charmer son fils à ce point. Garrett n'est pas enchanté par cette mission, mais il se rend compte qu'il connait déjà cette femme, il finit donc par accepter l'enquête.

    Il y a dans ce bouquin tout ce qui manquait au premier que j'avais lu : du punch, une intrigue vraiment intéressante. Il a aussi des éléments bien à lui, comme ce soupçon d'humour bien noir. Je ne sais pas ce que valent les tomes 2 et 3 de la série (Coeurs d'or à l'amer et Pour quelques deniers de cuivre), dès que ma bibliothèque municipale se décide à les acheter je vous en parle.
publié dans : Livres
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