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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Lundi 13 août 2007
"Lis ça, tu vas voir, ça va te plaire". C'est bien pour faire plaisir que je l'ai commencé, ce bouquin. Le thème : le début de la guerre 39-45 en France. Pas ma tasse de thé a priori. Mais j'ai été clouée dès la première page par l'écriture, le souffle de ce roman.

La première partie, Tempête en juin, raconte, par petits tableaux, l'exode de Paris en juin 1940. On suit tour à tour un écrivains célèbre et sa maîtresse, une famille de grands bourgeois catholiques, un amoureux des arts qui se fiche des hommes, un banquier et sa danseuse, un petit couple entre deux âges dont le fils est soldat... Tous fuient Paris alors que l'armée allemande arrive.

La deuxième partie, Dolce, se concentre sur le bourg de Bussy. L'armistice est signé, les parisiens sont rentrés chez eux et des soldats allemands occupent chaque maison, chaque ferme. La cohabition se passe cahin caha : une jeune femme qui vivait un mariage sans amour et dont le mari est prisonnier se laisse séduire par un soldat allemand dans une maison bourgeoise, tandis que dans une ferme un paysan pense à tuer celui qu'il héberge bien malgré lui et qui lorgne sa femme. Et toujours cette écriture, belle, précise, impitoyable.

Le bouquin s'arrête après ces deux parties. Il aurait dû y en avoir cinq, mais Irène Némirovsky était d'origine russe, et juive. Elle avait fui la révolution communiste, était installée en France depuis longtemps, s'était convertie au catholicisme, était un écrivain réputé. Pour un œil nazi elle était toujours juive, et bolchévique potentielle puisque venant de Russie. Elle a été déportée et tuée en 1942, son mari l'a suivie peu après. Ses deux petites filles ont été cachées et ont survécu à la guerre, et avec elles une valise qui contenait le manuscrit de leur mère.

Dans l'édition Folio, Suite française est accompagné d'une préface qui explique cette histoire et, en annexe, d'extraits du journal de l'auteur et de lettres à son sujet envoyées après sa capture.
Même inachevé, c'est un livre fort, très fort, qui parle de ce qui est en tout groupe humain, la lutte, comme Irène Némirovski le dit dans son journal, entre destin individuel et destin communautaire.
publié dans : Livres
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Mercredi 8 août 2007
Pour ceux qui ont l'ADSL et qui s'ennuient, je vous propose d'aller jeter un œil sur ce site qu'IQEA m'a recommandé : têtes à claques.tv. Ce sont des petits sketchs vidéos québécois dont certains me font vraiment hurler de rire, en particulier celui du pilote d'avion, et le willi waller 2006. Profitez-en !

Et pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, je rappelle l'existence du Donjon de Naheulbeuk, sketchs audios façon jeu de rôle déjanté. Il y a deux saisons téléchargeables .
publié dans : De choses et d'autres
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Lundi 6 août 2007
Dana a grillé un stop. Un policier l'arrête, vérifie son permis de conduire. Devient blanc, la menace avec son arme, l'arrête. Pourquoi ? Parce que quelqu'un a commis des crimes sous son nom. Le problème, c'est que Dana est sourde, et même si elle parle, les gens ont du mal à la comprendre. Elle passe deux jours en prison, maltraitée par ses co-détenus, jusqu'à ce qu'on finisse par se rendre compte de l'erreur et qu'on la libère. Pendant tout ce temps son petit ami, Bridger, a fait tout ce qu'il a pu pour la sortir de là. Dana est furieuse au-delà des mots, elle ne veut pas s'arrêter là. Elle et Bridger partent à la recherche du voleur d'identité.

J'ai trouvé ce roman incroyable. Ce n'est pas le genre d'histoire qui m'attire d'habitude, mais c'est extraordinairement bien écrit. Le premier chapitre est à la troisième personne, mais du point de vue de Dana. Puis le deuxième à la troisième personne, point de vue de Bridger. On alterne comme ça un moment, puis on passe à la deuxième partie, qui introduit un nouveau point de vue : celui du voleur. Les trois "voix" racontent et s'entremêlent. Dana est très dure, habituée à se battre. Bridger est bien plus doux, choyé par la vie. Le voleur, lui, cherche de bonnes raisons pour être malhonnête, violent. Il veut être un gagnant, méprise ces perdants qui méritent ce qui leur arrive. A chaque fois que je lisais son point de vue j'avais envie de le frapper, il était réel à ce point-là. En lisant le point de vue de Dana je ressentais sa rage, et le désir de protection chez Bridger. Au-delà du côté suspense de la chose, ce roman m'a emmenée sur des pistes étonnantes, sur l'idée de la communication, de l'identité. Vraiment formidable.

J'ai lu Talk talk en anglais, chez Penguin. La bonne nouvelle, c'est qu'il paraîtra en français en septembre, chez Grasset.
publié dans : Livres
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Samedi 4 août 2007
J'ai une tendresse particulière pour les génériques de fin des films. Les génériques de début, on ne les remarque presque plus : le modèle généralement admis est celui où le film commence, puis on voit quelques noms (réalisateur, acteurs principaux) défiler pendant une brève pause de l'action, avant de plonger dans le film pour de bon.

Les génériques de fin, c'est une autre histoire. Déjà, par définition, ils arrivent à la fin du film. Je ne sais pas qui fait les génériques en général, si c'est le réalisateur, quelqu'un d'autre, mais je sais que certains sont vraiment formidables. Je pense par exemple à celui du Prisonnier d'Azkaban, les noms qui défilent sur la carte du maraudeur. Et puis il y a la musique, parfois une simple resucée de celle du film, parfois un thème proche, parfois quelque chose de différent.

Le rôle premier du générique est, bien sûr, de citer tous les noms de ceux qui ont fait le film : les acteurs, les cascadeurs, les coiffeurs, les musiciens, les responsables des effets spéciaux... C'est grâce à tous ceux-là qu'on a passé un bon moment, c'est déjà une bonne raison de rester jusqu'au bout.

Le second rôle du générique est, pour moi, le plus important. On vient de passer une heure et demie, deux heures dans le noir, complètement plongés dans une histoire, des personnages, un autre lieu, un autre temps. Sauf si le film est mauvais, je ne peux pas sortir de tout ça simplement en secouant la tête pour revenir à la réalité. J'ai des copains qui sortent de la salle dès que le film est fini, avant la fin du générique, il m'est arrivé de les suivre, mais je trouve ça assez désagréable. Je n'arrive pas à passer directement de "immergée dans le film" à "alors, qu'est-ce que tu en as pensé". Il me faut un petit moment de rêverie, où je peux imaginer ce que le film n'a pas montré, refaire les scènes qui ne m'ont pas plu, rejouer celles qui m'ont plu avant de réatterrir sur mes pieds. Pour ça, quoi de mieux que le générique ? Dans les bons cinémas la lumière reste faible, on est encore dans l'ambiance du film, dans la musique du film, même si le film est fini.

Devos disait que c'était grossier de finir une histoire trop vite, de balancer ses auditeurs en dehors de l'imagination sans préavis. Les génériques des films nous offrent cette option, cette transition. Pourquoi ne pas saisir l'occasion ?
publié dans : Télévision, cinéma
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