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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Vendredi 25 août 2006
    J'ai un peu hésité avant de choisir le premier livre dont j'allais vous parler. Puis j'ai décidé de me concentrer sur un auteur, Daniel Pennac. Je n'ai pas d'auteur préféré (pas plus que de livre, de disque ou de film préféré, tout est question de contexte et chaque chose que j'aime a ses raisons d'être aimée) mais si j'en avais un ce serait peut-être lui. J'ai commencé à livre ses romans quand j'étais gamine, dans des "Je Bouquine". La série des "Kamo" fait partie de mes livres jeunesse préférés, l'histoire est racontée du point de vue d'un jeune garçon, camarade de classe et ami de Kamo. Dans un des tomes ils se retrouvent à vivre un sujet de rédaction, dans un autre ils cherchent à identifier une correspondant anglaise mystérieuse... L'intrigue est toujours drôle, prenante, et il y a vraiment quelque chose dans l'écriture qui m'a attirée.

    Puis quand j'ai grandi je me suis plongée dans la série des "Malaussène" (Au Bonheur des ogres, La fée Carabine, La petite marchande de prose, Monsieur Malaussène, Des chrétiens et des maures et Les fruits de la passion). Je dois reconnaître que j'ai trouvé le dernier un peu moins réussi, mais à part celui-là je trouve cette série extraordinaire. Au départ les premiers ont été publiés dans la noire de Gallimard, c'est quand ils ont eu un gros succès qu'ils ont été republiés dans la blanche. On pourrait donc à première vue les classer dans la catégorie policier, mais c'est un peu plus compliqué que ça. Déjà, l'enquête se situe pour le plus gros en dehors de l'intrigue. Le point sur lequel on se focalise est toujours la famille Malaussène et plus particulièrement le frère aîné, Benjamin. Ce fameux Benjamin travaille comme bouc émissaire, il endosse toutes les erreurs de la boîte où il travaille, dans le premier tome un grand magasin. Quand des bombes commencent à exploser dans ce magasin, c'est lui qu'on soupçonne. C'est encore le cas quand on tue des vieilles dames dans le deuxième tome. Benjamin est toujours soupçonné et pourtant toujours l'innocence même... A lire cette description on pourrait imaginer des livres assez noirs, pourtant, non. Il se passe des choses affreuses, mais on ne peut pas s'empêcher de s'attacher aux personnages, et aussi au style qui réussit cet exploit d'être à la fois original et discret. Si on veut se concentrer sur l'intrigue on ne sera pas dérangé par des fioritures. Mais si on regarde un peu l'écriture on la trouve vraiment belle.

    Pennac a écrit bien d'autres bouquins - notamment Le dictateur et le hamac, roman formidable qui rappelle un peu Gabriel Garcia Marquez mais dans un style toujours très Pennacien et Comme un roman, essai sur la lecture littéralement savoureux.

    En plus, on parlait hier des voix, j'ai eu l'occasion d'entendre Daniel Pennac à la radio quelques fois et il a une façon de parler fascinante, douce et réfléchie.
publié dans : Livres
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Jeudi 24 août 2006
    Une amie m'a envoyé un lien vers un article qui comparait les relations qu'on peut avoir avec les gens sur Internet et en réalité. Entre parenthèses, en anglais l'expression qui ressort en ce moment pour parler du monde extérieur (versus Internet) est "meatspace". Ça me fait plutôt rire. Bref, l'article parlait entre autres de la difficulté de communiquer uniquement par le texte, de toute l'information habituellement portée par les attitudes du corps et les inflexions de la voix. J'y ai un peu réfléchi, et ça m'a fait penser à un exemple où je me suis retrouvée à écouter un texte de manière très différente parce qu'il était lu - chanté, en d'occurrence - par une autre voix, d'une autre façon.

    J'imagine que la plupart d'entre vous connaissent la chanson d'Etienne Daho, Duel au soleil. Personnellement j'ai toujours trouvé les paroles un peu con. Il faut dire qu'Etienne Daho les accentue de manière bizarre et, je trouve, agaçante. Laurent Voulzy, dans La septième vague, a repris cette chanson (je sais qu'elle n'apparaît pas sur la pochette, c'est un morceau bonus ajouté après la dernière chanson, Light my fire). Je me suis surprise à écouter le texte avec nettement plus de respect... Ça ne casse toujours pas trois pattes à un canard mais c'est plus écoutable. Je me demande ce que j'aurais pensé de ce texte si je l'avais uniquement lu, sans "l'interférence" de l'interprétation du chanteur.

    La voix a sans doute une influence sur la manière dont on perçoit un message. Je suis, vous vous en seriez doutée, une de ces personnes qui quand elles le peuvent regardent tout - films, séries télé - en version originale. Seulement voilà, parfois ce n'est pas possible - et j'ai plus d'une fois regardé le début d'une série en VO et la fin en VF, ou un film en VF pour la première fois puis en VO quand il sort en DVD. Comparer les deux est plutôt instructif. Par exemple, j'ai vu les deux premières saisons d'Alias en VO (en DVD) puis la troisième en VF (sur M6). Le changement de voix m'a fait voir les personnages de manière plutôt différente, c'est surtout frappant entre le père de Sydney et Sloane. En VO le père de Sydney a une voix assez grave, douce, agréable à entendre, et Sloane une voix un peu nasillarde. En VF c'est l'inverse. Je me suis retrouvée comme une andouille à me sentir nettement plus tolérante envers le personnage qui avait la voix agréable et nettement moins envers celui qui avait la voix nasillarde. Bizarre, non ?
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Mercredi 23 août 2006
    J'imagine que les lecteurs du blog télé Télérama m'attendent plutôt sur des recommandations littéraires, mais j'ai décidé de vous surprendre : aujourd'hui c'est un CD que je vous recommande. Enfin, la musique qui est sur le CD.

    Or donc, Paul Simon vient de sortir un nouvel album, Surprise. J'en ai entendu parler pour la première fois sur télérama.fr. J'avais complètement arrêté de suivre la carrière de Paul Simon depuis Graceland, autant dire que ça fait une paye. J'ai foncé chez mon vendeur de CDs le plus proche pour jeter une oreille à ce fameux disque juste avant les vacances, et comme ça paraissait prometteur je l'ai illico converti en mp3 et fourré dans mon lecteur. J'aime partir avec un peu de nouvelle musique pour m'aérer les oreilles. Je n'ai pas été déçue. Morceaux magnifiques à entendre, un peu plus longs que le format standard je dirais, paroles poétiques et belles, bref je suis de retour de vacances et je ne m'en lasse pas. Ce que j'aime chez Paul Simon c'est qu'il est capable de rester lui-même (sa voix, sa façon de chanter) sur des styles de musique très différents, et ça ne choque pas, ça donne même une unité à ce qu'il fait.

    A ce niveau-là il ressemble un peu à Laurent Voulzy. La septième vague est limite un peu trop uni, partout la même voix un peu planante comme s'il avait mangé des champignons qui font rire. Mais je lui pardonne parce qu'il y a quelques morceaux très sympas sur ce disque, notamment le duo avec Souchon sur The 59th bridge song : et nous revoilà avec Paul Simon qui a écrit cette super chanson qui ne manque jamais, mais alors jamais de me faire sourire.
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Mardi 22 août 2006
    Le cerveau est quand même un drôle d'outil. Depuis que j'ai pris l'habitude de boire du café (vers 16 ans) et jusqu'en juin dernier je le sucrais. Puis j'ai commencé à être moins satisfaite de ce qu'affichait ma balance le matin (j'ai été forcée d'arrêter le sport un moment, et ça a des conséquences). Je me suis dit que le plus simple (au moins tant que je ne pouvais pas reprendre le sport) serait d'arrêter de prendre du sucre avec chaque café, et j'ai pris mon café noir pendant à peu près deux mois. Un jour j'étais chez une amie qui a sucré mon café sans me demander mon avis, l'habitude. Je n'ai pas pu le boire. Mon café à deux sucres adoré était devenu imbuvable, parce que mon fichu cerveau s'était habitué à le boire noir. Pire : maintenant j'ai ce travers que je détestais chez les autres, quand je sers une boisson chaude je ne sors plus spontanément le sucre.

    Ma prof de philo disait que l'habitude, c'était quand on laissait le corps prendre le relais de la volonté. Et parlons franchement, c'est souvent bien utile : imaginez si chaque matin on devait se concentrer pour savoir comment exactement lacer ses chaussures ou ouvrir la porte de la chambre... Mais c'est aussi une plaie parfois, quand un geste mille fois effectué ne laisse plus de souvenir dans notre mémoire et qu'on se retrouve comme un con à se demander si on a bien fermé la porte de chez soi en partant.

    C'est le genre de choses qui m'émerveille. Qu'on dispose d'un outil aussi flexible, aussi complexe que le cerveau humain.

    Et tant qu'on en est à parler de lacets de chaussure : la semaine dernière à la bibliothèque j'ai fait une de ces découvertes insignifiantes qui vous simplifient bien la vie quand même. Je suis tombée sur un numéro de "La recherche", un magazine de vulgarisation scientifique, et à l'intérieur de ce numéro il y avait une brève sur les noeuds. Figurez-vous que depuis des années je laçais mes chaussures avec un noeud de vache alors que le noeud plat est aussi simple à faire et beaucoup plus résistant (sans compter qu'il n'a pas cette sale tendance à se tortiller). La différence entre les deux ? C'est tout simple. Pour lacer des chaussures on fait deux noeuds, le premier avec les bouts du lacet, le second avec les boucles au-dessus. Un noeud de vache (celui qui se tortille et se défait plus facilement) se fait en nouant chaque fois dans le même sens (à chaque fois le côté gauche au-dessus, par exemple). Un noeud plat se fait en alternant les deux sens (une fois le gauche au-dessus, une fois le droit). Pour l'instant il faut encore que j'y pense chaque matin pour le faire correctement. Je suis curieuse de savoir dans combien de temps ce sera ce qui me vient naturellement dans les doigts quand je dois faire un noeud...

    Images pour ceux à qui ça parle plus :

    Noeud plat :








    Noeud de vache :
publié dans : La vie, l'univers et le reste
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Mardi 22 août 2006
    Ça fait un bon moment que je pense à démarrer un blog en français. Je précise en français parce que j'en ai eu un en anglais que j'ai mis à jour régulièrement depuis le mois dernier, mais j'ai perdu mon souffle. Malgré l'amour que j'ai pour la langue anglaise je ne la maîtrise tout simplement pas assez bien pour exprimer tout ce que je voudrais dire et je finis par partager des choses sans importance. D'où ce nouveau blog, francophone. Il faudra que je me méfie de mon clavier trop bien pendu car le risque d'être reconnue est sans doute plus important, mais je pense que ça vaut le coup, ne serait-ce que parce que si cet "essai" est concluant je partagerai ce blog avec mes camarades du blog télé télérama.

    Présentation de la blogueuse : je m'appelle Anna, j'ai la vingtaine, je suis mariée et je travaille comme bibliothécaire. Je fréquente le web communautaire (blogs, forums) depuis longtemps maintenant mais je suis novice en matière de web francophone. Je m'intéresse à pas mal de choses donc je ne vais même pas essayer de faire une liste : vous découvrirez mes intérêts au fil des notes. C'est le début d'une aventure, j'espère !
publié dans : Cuisine interne
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