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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Mardi 19 juin 2007
Hier soir, en éteignant la télévision juste après la rediffusion de L'armée des douze singes, de Terry Gilliam (excellent film, entre parenthèses), je me suis surprise à faire preuve d'un sale préjugé.
J'ai été étonnée que Brad Pitt y joue si bien.
Pourquoi, me direz-vous ? Après tout, je n'ai pas vu beaucoup de films où il joue, pas de quoi juger que c'est un mauvais acteur.
Je crois que ça tient surtout au fait que je le vois beaucoup plus souvent en couverture de magazine people que dans des films, contrairement à Bruce Willis (et lui, ça ne m'étonne plus qu'il soit bon). Un bon vieux préjugé d'intello, quoi.
Agaçant, non ?
publié dans : La vie, l'univers et le reste
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Lundi 18 juin 2007
Par un drôle de hasard, j'ai lu l'un après l'autre Plumes d'Ange, de Martin Winckler, et Tout est illuminé, de Jonathan Safran Foer. J'aime beaucoup ces deux auteurs. Jonathan Safran Foer, je vous en ai déjà parlé, Martin Winckler aussi, brièvement, j'adore La maladie de Sachs. Pourquoi je parle de hasard dans la collision de ces deux bouquins ? Parce que leurs auteurs respectifs tentent, chacun à leur façon, de remonter le cours du temps et de raconter ce qui s'est passé avant leur venue au monde.

Martin Winckler suit la trace de son père, Abraham Ange Zafran (le vrai nom de Martin Winckler est Marc Zafran). Il a déjà parlé de lui dans Légendes, son autre bouquin autobiographique (que je n'ai pas lu). Dans Plumes d'Ange, Martin Winckler raconte ses recherches sur son père, sa famille, et raconte en même temps ce qu'il trouve.

Il faut dire que Ange a dû être un sacré bonhomme. Médecin juif en Algérie, son père est mort alors qu'il était tout jeune, pendant la première guerre mondiale. Il était spécialisé dans le traitement de la tuberculose, et a commencé à travailler avant qu'on sache la guérir. Vous imaginez la révolution que ça a dû être, ces traitements lourds et longs, chirurgicaux ou médicaux, qui échouaient souvent, remplacés en un tour de main par quelques cachets qui marchent à tous les coups ?

Ange a dû quitter l'Algérie avec sa femme et ses deux fils, en même temps que la plupart des autres pieds-noirs. Ils se sont réfugiés un an en Israël, où ils n'ont pas réussi à s'intégrer, avant d'arriver en France où Ange a travaillé comme généraliste.

Je ne vais pas vous raconter tout le bouquin, sachez seulement que ça m'a plu, ce fils qui en cherchant son père se cherche un peu lui-même, et que c'est écrit comme une suite de chroniques, pas comme un roman d'un seul tenant.

En rentrant dans Tout est illuminé, on quitte le domaine des précises recherches généalogiques mâtinées d'un peu de rêve pour entrer dans celui de la folie douce sur thème de généalogie. Le bouquin commence par un passage dans une langue si abominable que j'ai failli laisser tomber le livre dès les premières pages. On comprend vite que celui qui écrit, Sacha, est ukrainien et parle très mal anglais. Sacha explique comment il a rencontré l'auteur, Jonathan Safran Foer, qui voulait venir en Ukraine pour rencontrer la femme qui avait sauvé la vie de son grand-père juif pendant les massacres de la seconde guerre mondiale, une femme nommée Augustine. Le "roman", faute d'un meilleur terme, est constitué du récit de Sacha, des lettres que celui-ci envoie à Jonathan Safran Foer et de ce que Jonathan Safran Foer écrit, une histoire impossible de sa famille, pleine de bruit et de fureur, sur je ne sais pas combien de générations, dans un shetl en Ukraine appelé Trachimbrod.

Assez dérangeant, à certains moments, et même si je l'ai trouvé un peu inférieur, on retrouve le talent de Extremely loud et incredibly close.

Deux façons bien différentes de partir à la quête de ses origines, mais chacune a son charme.

Plumes d'Ange est disponible en Folio et Tout est illuminé en Points.
publié dans : Livres
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Jeudi 14 juin 2007
Le premier est un film classique, un Disney d'aventure, avec comme petite lueur de folie le personnage du capitaine Jack Sparrow.
Le deuxième est limite brouillon, mais déjà un peu plus fou et, comment dire, prometteur.
Le troisième est un bouillonnement incroyable, un vrai film de pirates, mythologie incluse, où le capitaine Jack Sparrow a presque l'air raisonnable à côté de tous ces tarés. Quelques longueurs à la fin, aisément pardonnables. Pas du tout un film pour les enfants.
Tout ça parti d'un manège de Disneyland, c'est tout de même fabuleux, non ?
publié dans : Télévision, cinéma
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Mardi 12 juin 2007
Je ne suis pas une grande fan des refilages de patates chaudes en général, mais ce questionnaire-là porte sur la lecture et m'a été donné par Kitty. C'est parti pour le questionnaire des quatre lectures !

Quatre livres de mon enfance
La série des Charlotte Parlotte, de Michaël Bond. De supers histoires ayant pour héroïne un cochon d'Inde nommé, donc, Charlotte Parlotte.
La série des Moumine le Troll, de Tove Jansson. Histoires magiques dans un univers passionnant.
L'Auberge de l'ange gardien, de la Contesse de Ségur. Comme beaucoup de petites filles j'ai lu à peu près tout ce que la Contesse de Ségur a pu écrire, mais celui-là est un de mes préférés, tire-larmes à souhait. Deux enfants sont sauvés pendant la guerre par un soldat, il les confie aux deux femmes qui possèdent L'auberge de l'ange gardien.
La série des Arsène Lapin, de Pierre Coran et Mérel. Arsène Lapin résoud des énigmes de la forêt, et son expression préférée est "trèflebleu".

Quatre livres de mon adolescence
Papa longues jambes, de Jean Webster. Roman épistolaire à sens unique : l'héroïne, Judy, orpheline envoyée faire des études par la générosité d'un bienfaiteur qui veut rester anonyme, lui écrit régulièrement pour lui raconter son quotidien et ses progrès. Lui ne répond jamais. Elle l'a surnomé Papa Longues jambes car la seule fois qu'elle l'a entrevu, elle l'a trouvé grand et maigre, un peu comme un faucheux. Ses lettres sont pleines d'humour et de tendresse, j'aime toujours beaucoup.
Jonathan Livingston le goéland, de Richard Bach. L'histoire d'un goéland qui veut voler plus vite et plus gracieusement que les autres, qui ne volent que pour se nourir. Métaphore des apétits d'absolu qu'on peut avoir pendant l'adolescence, et un très beau livre de toutes façons.
La maladie de Sachs, de Martin Winckler. Un roman assez particulier mais que je trouve magnifique. De loin, on pourrait le décrire comme un médecin raconté par ses patients, mais c'est bien plus que ça : c'est, en fragments, tout un personnage étonnant de profondeur qui se dessine.
La belle de Fontenay, de Jean-Bernard Pouy. Un très bon polar. Une jeune fille est assassinée et celui qui décide de mener l'enquête est un vieil homme sourd qui communique par écrit (il ne sait pas parler et refuse d'apprendre la langue des signes).

Quatre livres de ma vie étudiante
Œdipe sur la route et Antigone, de Henry Bauchau. Je vous en ai déjà parlé .
La série des Malaussène, de Daniel Pennac.
A la croisée des mondes, de Philip Pulman. Difficile de raconter l'intrigue en quelques mots, allez les feuilleter dans la bibliothèque la plus proche si vous voulez vous faire une idée.

Quatre livres de ma vie récente
Extremely loud and incredibly close, de Jonathan Safran Foer (je vous en ai parlé ).
Making History, de Stephen Fry. Je vous en reparlerai plus longuement un de ces jours, mais il n'est pas traduit.
La série des Liveship traders (en français Le vaisseau magique) de Robin Hobb. C'est une série qui se passe entre les deux trilogies de L'assassin royal, avec d'autres personnages mais dans le même monde de fantasy. A Bingtown, on possède et vit de bateaux magiques : ils sont fait dans un bois spécial qui leur permet de devenir vivants. La figure de proue bouge et parle, et le vaisseau tout entier répond bien mieux à ce qu'on lui demande qu'un vaisseau de bois mort. L'histoire s'organise autour d'un de ces bateaux, Vivacia.
American gods, de Neil Gaiman. Un homme sort de prison et apprend que tout ce qui l'attendait, sa femme et son futur emploi, ne l'attend plus. Il se fait engager comme homme de main par un type mystérieux qui se fait appeler voyageur et a des pouvoirs étranges.

Quatre collections de BD
La guerre éternelle, de Marvano et Haldeman. Un magnifique roman de Joe Haldeman adapté en BD par Marvano. C'est une BD de SF, le héros est dans l'armée et fait la guerre aux extraterrestres, mais c'est une métaphore très claire de la guerre du Vietnam.
Les rubriques à brac, de Gotlib. Est-ce que ça a vraiment besoin d'être présenté ?
SOS bonheur, de Griffo et Van Hamme. Dans un futur proche, un état totalitaire contrôle entièrement les citoyens, ce qu'ils mangent, comment ils s'habillent, ce qu'ils pensent... La rébellion s'organise.
La Débauche, de Pennac et Tardi. Un de mes dessinateurs préférés avec un de mes romanciers préférés, ça ne pouvait donner qu'une très bonne BD.

Quatre écrivains que je relirai encore et encore
Daniel Pennac
Martin Winckler
Stephen Fry
Francis Dannemark

Quatre écrivains que je ne relirai probablement jamais
Amélie Nothomb. Je sais qu'elle est à la mode, mais elle me file de l'urticaire. Je trouve ses livres malsains et trop mal écrits. J'ai bien d'autres noms en tête, mais c'est vraiment une question de goût et je m'en voudrais de faire une mauvaise pub à des écrivains qui ne le méritent pas.

Quatre livres de ma Pile A Lire
La vie mode d''emploi, de Georges Perec
L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafòn
Moab is my washpot, de Stephen Fry
Chaque jour est un adieu, d'Alain Rémond

Quatre livres à emporter sur une île déserte
Alors là, je suis juste incapable de choisir !

Quatre fois quatre derniers mots d'un de mes livres préférés
Le problème, c'est que les derniers mots racontent souvent la fin, c'est un peu pour ça qu'on les met en derniers. J'espère avoir choisi quelque chose de pas trop compromettant. Les derniers mots de La Paix éternelle, de Joe Haldeman :
Nous nous sommes rassis et l'avons suivie des yeux un moment, la main d'Amelia serrée au creux de la mienne, tandis que le soleil desséchait le pain et les oeufs.
Nous restions seuls, tous les deux. Comme toujours.

Je refile la chaîne à qui la veut. 

Edit le 13/06/2007 : Arbobo et Djac m'ont fait l'honneur de répondre dans les commentaires. Les autres lecteurs sans blog ou à blog à thème autre que la lecture, n'hésitez pas à contribuer vous aussi !
publié dans : Livres
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Lundi 4 juin 2007
Ici devait se tenir un article répondant au questionnaire que Kitty m'a passé. Il est terminé à 80% mais je n'aurai pas le temps de le finir avant de partir en vacances, je le mettrai donc en ligne dans une semaine (bien fait avec plein de justifications que personne ne me demandait, cela dit).

Il n'y aura aucun nouvel article d'ici à la semaine prochaine, mais ne vous gênez pas pour visiter et commenter...
publié dans : Cuisine interne
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Vendredi 1 juin 2007
Voilà un bouquin que je n'aurais sans doute pas lu si on ne me l'avait pas conseillé. J'aime assez ce que j'ai lu de Nancy Huston (L'Empreinte de l'ange, notamment), et une soprane de ma chorale, qui m'entendait en parler, m'a conseillé Grâce et dénuement, d'Alice Ferney.

Le résumé n'a pas de quoi faire sourire. C'est l'histoire d'une famille de gitans. Angéline, la mère, règne sur ses cinq fils, ses quatre belles-filles et leurs enfants. Ils vivent dans des caravanes dans un terrain vague, sans eau courante, sans électricité. Les gosses poussent comme ils peuvent. Un jour arrive Esther. Esther a la quarantaine, elle a sa vie, son mari, ses enfants, mais elle ressent une envie irrépressible, celle de faire la lecture, d'offrir des histoires à ces enfants qui ont si peu.

Moi, c'est le genre de résumé qui me fait fuir. Entre l'extrême misère et la bonne samaritaine, il y a tous les ingrédients pour une soupe parfaite, non ? La soupe, c'est bon à boire, pas terrible à lire. Mais j'avais de la place sur ma carte de bibliothèque et ma copine soprane était enthousiaste. Je l'ai emprunté. Et dévoré.

Je ne connaissais pas du tout Alice Ferney, et franchement je lui tire mon chapeau. Écrire un roman sur un sujet aussi casse-gueule et s'en sortir avec, oui, avec grâce, sans sombrer dans le pathos ou l'angélisme, en restant en demi-teintes, comme ça, c'est quelque chose que je ne croyais pas possible. Ce roman est fait d'ombres et de lumière, comme un tableau flamand. La prochaine fois que je passe à la bibliothèque, je file au rayon des F voir si elle en a écrit d'autres aussi bien. Grâce et dénuement est disponible en poche chez J'ai lu mais aussi chez Actes Sud et Babel.
publié dans : Livres
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