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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Mercredi 21 février 2007
    On perçoit souvent la peur comme une émotion négative.
   
    Pourtant la peur a une fonction dans nos vie, une fonction franchement utile. La peur est là pour nous empêcher de faire des conneries. La peur est là pour qu'on n'aie pas envie de se jeter du haut d'une falaise, de rester à côté d'un tigre qui grogne ou de rouler à 200 à l'heure à contresens sur l'autoroute. On dit que la peur n'évite pas le danger, c'est vrai sauf si le danger réside en nous-même et en nos choix.
   
    Le problème de la peur, c'est que parfois on ne sait plus très bien comment l'arrêter et faire nos choix nous-même, en tenant compte d'elle mais sans la laisser nous dicter qui nous sommes. Quand la peur devient notre seul moteur, que reste-t-il de notre individualité, de ce qui fait qu'on est vraiment nous ?
   
    Je parle de ça aujourd'hui parce que je n'aime pas la façon dont on peut manipuler les gens avec leurs peurs. Je n'aime pas les médecins terroristes, qui disent que si on ne fait pas bien tout ce qu'ils disent, on va crever. Je n'aime pas les politiques terroristes, qui disent que si on ne vote pas pour eux on va crever.
   
    Petit rappel utile - on va tous mourir, un jour ou l'autre. On peut être très raisonnable, manger très peu de gras et ne jamais boire de café et se faire faucher par un bus à 25 ans. On a le droit de choisir sa vie, et aussi sa mort. Connaître les risques de nos actions (dans une moindre mesure, parce qu'on ne connaîtra jamais vraiment les conséquences de nos actes avant de les vivre) c'est bien, mais on peut aussi choisir de prendre des risques.
   
    Je trouve ça tellement triste de voir les gens vivre dans la peur. On peut pourtant relever la tête, regarder le ciel, retrouver un calme en soi même si dehors tout est tumulte, et prendre sa vie en main. On a toujours le choix, même si ils sont parfois minuscules, même parfois aucun n'est bon.
publié dans : La vie, l'univers et le reste
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Mercredi 21 février 2007
    Philippe Val est invité là tout de suite au Fou du roi sur France Inter, et même si l'émission est crétine en général lui est très intéressant...
publié dans : De choses et d'autres
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Mardi 20 février 2007
    Ce matin en passant devant une pharmacie mon oeil a été attiré par une affiche qui montrait deux gâteaux pleins de crème, suivis d'un signe égal et d'un seul gâteau. L'affiche vantait une gelule qui permet d'assimiler seulement la moitié des calories de ce qu'on mange.

    J'aurais mieux fait de regarder le trottoir, tiens. Au lieu de changer nos habitudes alimentaires, débrouillons-nous pour chier la merde la plus riche du monde !
publié dans : Les belles histoires de Tante Anna
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Lundi 19 février 2007
    Je connaissais depuis longtemps Marie Desplechin comme auteur de littérature jeunesse. Verte, Une vague d'amour sur un lac d'amitié, Et Dieu dans tout ça ? et j'en passe, j'aime beaucoup ce qu'elle écrit. Arbobo m'a rappelé qu'elle écrivait aussi pour les adultes. J'avais déjà survolé un de ses romans adulte il y a un bon moment (je crois que c'était Trop sensibles, mais je n'en suis pas sûre) sans être convaincue. Je l'ai remontée sur ma liste des auteurs à lire, et j'ai emprunté Sans moi la semaine dernière à la médiathèque.

    Je ne suis pas déçue du voyage.

    La narratrice est une femme divorcée qui a deux enfants et recueille une jeune femme. Olivia a été abandonnée, elle s'est droguée, prostituée parfois. On pourrait croire à partir de ce point qu'on va enchaîner sur une histoire banale de bon Samaritain, dans un sens ou dans l'autre, d'ailleurs, mais c'est plus compliqué que ça. Marie Desplechin brouille les pistes, dans une écriture assez hachée, phrases courtes, presque brutales.

    J'y ai retrouvé ce que j'aime dans ses livres jeunesse, avec en plus une bonne dose d'amertume. Résultat : il faut être d'humeur adéquate pour le lire, mais quand on y est, on apprécie. Je l'ai lu aux éditions de L'Olivier mais il est disponible en poche en Points.
publié dans : Livres
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Vendredi 16 février 2007
    Comme vous le savez sans doute, je lis pas mal de science-fiction et de fantasy. La télépathie est monnaie courante dans les deux : dans la fantasy, c'est un pouvoir magique, dans la science fiction c'est plutôt un pouvoir développé par des mutants.
   
    On peut en gros définir deux cas de figure quand on parle de télépathie dans ce genre de littérature. Dans le premier, on arrive à communiquer des phrases ou des informations d'esprit à esprit. Dans le deuxième, on peut carrément fouiller dans les souvenirs ou les perceptions de l'autre personne, pour la "comprendre" à 100%.
   
    J'arrive sans trop de problème à croire au premier cas (dans le cadre d'un monde qui n'est pas le nôtre, bien sûr). Après tout, pourquoi pas ? Mais le deuxième, vraiment, je n'y crois pas. Tout simplement parce que les gens sont trop différents.
   
    Je vous parlais l'autre jour des systèmes de référence. Un même signal (son, mot, image...) peut être perçu de manière complètement différente par deux personnes. Pagnol a écrit, dans Le temps des amours ou Le temps des secrets, je ne sais plus, un passage sur la poésie. Il expliquait de tel poème qui évoquait à quelqu'un son enfance, par exemple, pouvait rester vide de sens pour qui n'avait pas vécu le même genre d'enfance. C'est encore plus instinctif, si on peut dire, dès qu'on parle d'odeurs ou de goûts, qui peuvent nous rappeler personnes et occasions adorées ou détestées à un niveau pas conscient du tout si on n'y prend pas garde. Est-ce que j'ai vraiment besoin de vous rappeler l'histoire de la madeleine de Proust ?
   
    Il faut encore ajouter à ça le fait que nous ne soyons tout simplement pas équipés pareil, au niveau perceptions. Je suis très sensible à des bruits (sifflements d'appareils électroniques, par exemple) que certains ne perçoivent même pas. Par contre, je suis astigmate, je ne vois pas bien les parallèles. D'une personne à l'autre, si on pouvait exprimer toutes nos perceptions en "absolu", on se rendrait compte que ça varie énormément, je pense.
   
    Rajoutez enfin à tout ça le fait que nous ne fonctionnons tout simplement pas de la même façon. Pensez par exemple à ce que je vous disais mercredi au sujet du mutlitâchisme : pour quelqu'un de plutôt monotâche, ça doit être impossible de se projeter dans la tête d'un multitâche, et vice-versa. Je suis aussi sûre qu'on ne stocke pas nos souvenirs de la même façon, d'ailleurs même si on se représente un même événement on ne se rappelle pas la même chose... Pour une personne, on peut se souvenir de son apparence, de sa voix, de son odeur, de son caractère, de son nom, voilà déjà 5 souvenirs très différents. Si d'anciens camarades de classe se disent "hé, tu te souviens de madame Truc", il y a gros à parier pour ce que leur évoque madame Truc ne soit pas tout à fait pareil. Pour l'un ce sera ses robes extravagantes, pour l'autre son parfum abominable de patchouli, pour le troisième ses cours qu'il trouvait passionnants... Je schématise, ce n'est pas aussi caricatural, mais il y a de ça.
   
    Voilà pourquoi la télépathie "absolue", j'ai du mal à y croire dans les romans, sauf à quand l'auteur raconte aussi la désorientation associée à cette arrivée dans un sytème de pensée et de perception très différent. Je la vois plutôt comme un fantasme, l'idée de pouvoir se passer du langage (parlé, mais pas seulement) pour se comprendre. D'ailleurs, même si c'était possible, je ne suis pas sûre que ce serait une bonne chose.
publié dans : La vie, l'univers et le reste
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Jeudi 15 février 2007
   J'ai croisé aujourd'hui deux vieilles dames aveugles qui riaient comme des baleines en balayant le trottoir de leurs cannes blanches. Elles m'ont redonné la pêche pour la journée.
publié dans : Les belles histoires de Tante Anna
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