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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Lundi 7 janvier 2008

Uglies, de Scott Westerfeld, est un roman pour adolescents. L'action se situe dans un futur où tous les jeunes de 12 ans sont mis à l'écart du reste du monde jusqu'à leurs 16 ans, où ils vont subir une opération chirurgicale destinée à les rendre plus beaux, plus séduisants. L'opération change leur corps en profondeur, leur donne à tous plus ou moins la même taille, le même genre de corps et de visage, symétrique et correspondant aux canons les plus communs de la beauté. Ils peuvent alors rejoindre le reste de la société. Avant cette opération, on les appelle Uglies, les Laids, et elle les transforme en Pretties, les Beaux.

Tally a presque 16 ans, elle attend son opération avec impatience car son meilleur ami, qui a quelques mois de plus qu'elle, l'a déjà subie. Ils sont donc séparés depuis qu'on l'a emmené, le matin de ses seize ans. Elle tente de le revoir malgré l'interdiction de sortir du quartier des moins de 16 ans, et rencontre dans l'aventure une jeune fille qui a presque son âge et un tempérament rebelle. Shay lui fait comprendre petit à petit qu'elle n'est peut-être pas forcée de subir l'opération, qu'elle pourrait choisir de rester comme elle est, qu'elle n'est d'ailleurs pas aussi laide qu'on voudrait lui faire croire. Elle lui parle d'une ville dont on ne parle qu'à mots couverts, la Fumée, un endroit où les gens vivraient de manière naturelle et n'auraient jamais subi l'opération. Shay propose à Tally de fuir avec elle, de rejoindre la Fumée. Tally refuse. Shay fuit donc seule. Ce que Tally n'avait pas prévu, c'est qu'on allait lui demander des comptes - le jour de ses seize ans, alors qu'elle attend son opération, une femme glaciale, le docteur Cable, vient la voir et lui dit qu'on ne l'opérera pas si elle n'accepte pas de dire tout ce qu'elle sait sur le projet de Shay....

Ce roman a quelques défauts, je le trouve un poil trop manichéen et son message un peu évident, mais dans l'ensemble c'est tout de même une lecture agréable. Le monde se tient, les personnages sont intéressants, tout comme le discours sous-jacent sur l'uniformisation. Uglies est disponible aux éditions Pocket. Il est assez cher, mais vous devriez pouvoir le trouver en bibliothèque. Le deuxième tome, Pretties, est paru il y a quelques mois, je vous dirai ce que j'en ai pensé quand j'aurai l'occasion de le lire.

publié dans : Livres
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Samedi 5 janvier 2008

Pour le week-end; je vous propose de la lecture ailleurs : un excellent article de Jean-Pierre Rosenczveig sur la différence entre la protection judiciaire de l'enfance telle que présentée dans les téléfilms, caricature insupportable où les mineurs ne sont jamais jugés et où les méchantes assistantes sociales volent les enfants pour les enfermer dans des institutions atroces, et la réalité, la vraie, où ça ne se passe pas du tout comme ça. Il se trouve que j'ai de la famille qui bosse dans ces domaines, je suis donc souvent confrontée à ce genre de clichés. Ça fait du bien de voir quelqu'un les mettre à bas, et ça peut être utile à tout ceux qui confondent la fiction avec la réalité.

publié dans : De choses et d'autres
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Vendredi 4 janvier 2008

Il y a une publicité radio qui m'a particulièrement tapé sur les nerfs pendant cette période de fêtes. La pub mettait en scène une personne qui recevait un cadeau, le détestait, et le disait, de manière très blessante. On entendait ensuite une voix dire qu'il aurait mieux valu choisir une pochette cadeau pleine de jeux à gratter.

C'est le genre de réflexion qui me met dans une colère noire. Ma première réaction a été d'écrire un post indigné, qui rappelait qu'un cadeau, c'était quelque chose qu'on était sensé faire à ceux qu'on aime, et recevoir comme un acte d'amour, pas seulement comme un objet physique. Je finissais en foudroyant allégrement l'expression qui court et qui m'énerve, "le cadeau que tu m'as acheté", comme si l'acte important dans le cadeau était l'achat et pas l'acte d'offrir.

C'était un très beau post, notez bien. Seulement, un poil angélique. Un post qui ne prenait pas vraiment en compte la multiplicité des façons et des raisons de faire un cadeau, et celles de le recevoir.

Il y a les cadeaux-messages, bienveillants ou pas. La paire de minuscules chaussons offerte à ceux qui vont être grands-parents et qui ne le savent pas encore. La même, offerte par ceux qui aimeraient être grands-parents à ceux qui ne sont pas parents. Il y a le livre sur les régimes à celui qu'on trouve trop gros, le livre de recettes à celle qui cuisine mal. Il y a les cadeaux-obligation, ceux qui sont bien trop gros et qui créent un malaise, parce qu'on sait qu'on ne pourra jamais rendre ce qu'on a reçu, et qu'on ne veut pas de la dette qu'ils créent. Il y a les cadeaux-blessures, ceux qu'on choisit très mal, exprès ou pas, parce qu'au fond de soi ce n'est pas du bien qu'on veut à la personne à qui on les offre.

Les manières de recevoir ces cadeaux, elles sont aussi diverses que les gens qui les reçoivent. Je pense que tout cadeau choisi avec amour et sans arrière-pensée peut faire plaisir, même si l'objet en lui-même ne plaît pas. Quant aux autres, le plus souvent on affiche un sourire de façade en les recevant, et on règle ses comptes plus tard, pour ne pas gâcher la fête.

Cette année, j'ai eu la chance de ne recevoir et de ne donner que de bons cadeaux, mais ce n'est pas toujours le cas. Pour ceux qu'on reçoit, il n'y a pas grand-chose à faire, mais pour ceux qu'on offre, je sais que je vais essayer de continuer sur cette voie-là, parce qu'au fond il n'y a que ça qui puisse me réconcilier avec les fêtes de fin d'année - les dépouiller de leurs oripeaux d'hypocrisie et en profiter pour passer du temps avec les gens que j'aime.

publié dans : La vie, l'univers et le reste
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