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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Samedi 23 décembre 2006
    JK Rowling vient d'annoncer le titre du prochain Harry Potter... Ce sera donc (à surligner) : Harry Potter and the Deathly Hallows !
    Plus de détails sur Mugglenet (dans la page de liens, à la fin).
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Dimanche 17 décembre 2006
    Amis de la SF et/ou de l'absurde, bonjour ! Je m'en vais vous parler aujourd'hui d'une trilogie en 5 tomes : Le guide galactique, de Douglas Adams. Cette série est un classique dans la plupart des pays anglophones, pas un classique dans le genre "tout le monde l'a étudié à l'école", plutôt un classique du genre quelqu'un pose une question existentielle, on lui répond "42" et on rigole. Vous comprendrez pourquoi à la fin du premier tome. J'arrête tout de suite ceux qui ont vu le film et l'ont trouvé nul : c'est normal, il était en effet complètement nul, malgré la présence de deux de mes acteurs favoris : Warwick Davis et Alan Rickman, qui jouaient respectivement le corps et la voix de Marvin, le robot neurasthénique. Franchement, la seule chose à sauver dans ce film c'est le générique du début avec les dauphins et leur chanson (So long et thanks for all the fish).
   
    Or donc, retour aux livres. Dans le premier tome, on fait la connaissance des deux personnages principaux. Il y a d'abord Arthur Accroc, terrien anglais et un des derniers survivants de la Terre après sa destruction par les Vogons, race d'extraterrestres peu sympathiques. Puis Ford Escort, extraterrestre originaire de Bételgeuse et correspondant du Guide galactique. Cet ouvrage indispensable permet à chacun de faire du tourisme dans la galaxie pour pas cher, et sa couverture donne un précieux conseil : Pas de panique !
   
    Tout commence avec la destruction de la Terre par, donc, les Vogons. Ford réussit à se sauver et emmène Arthur avec lui en stop dans le vaisseau des Vogons. A partir de là, tout se gâte... Il faut aimer le nonsense anglais et les jeux de mots (le chef Vogon s'appelle Sahlut Legat Vogon Styhr, pour vous donner une idée) mais quand on aime ça, on trouve un vrai bonheur dans cette série : Le guide du voyageur galactique, Le dernier restaurant avant la fin du monde, La vie, l'univers et le reste, Salut et encore merci pour le poisson et Globalement inoffensive. Grand coup de chapeau (métaphorique, j'ai froid aux oreilles) au traducteur qui a fait un boulot énorme et très réussi là-dessus. La série est d'abord parue en Présence du futur, les éditions sont pas mal si vous pouvez les trouver en occasion, sinon depuis que cette collection n'existe plus ils ont été repris en Folio SF. Si vous voulez en savoir plus sur la série, qui était au départ un feuilleton radio, direction un site de fans francophones.
   
    Pour ceux qui n'aiment pas ce type d'humour, pas de panique, j'ai une solution de remplacement. C'est aussi de la SF, mais c'est un peu plus sérieux. De tous les romans de Bruce Sterling que j'ai lus, Le feu sacré est mon préféré. Dans un futur pas si lointain, le monde est dominé par des gens de plus en plus vieux qui utilisent des techniques médicales de plus en plus extrêmes pour rajeunir. Mia a 94 ans quand elle décide de tester une technique nouvelle qui va lui redonner un corps de jeune fille. Quand elle se réveille dans ce nouveau corps, elle ne se sent plus du tout la même. Elle fuit la surveillance médicale et part rejoindre de vrais jeunes gens qui ont fondé un mouvement intellectuel et artistique, ils veulent être ardents. Elle prend le nom de Maya et tente elle aussi de montrer qu'elle a le feu sacré. C'est paru chez Pocket, collection rendez-vous ailleurs.
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Lundi 11 décembre 2006
    La première fois que j'ai lu un bouquin de Glen Cook, je n'ai pas aimé, mais alors pas du tout. Il s'agissait du premier tome de La compagnie noire. J'ai trouvé que ça manquait sérieusement de punch, et que ça n'était même pas si bien écrit. Bref, une expérience à ne pas renouveler. Voilà pourquoi j'étais plus que dubitative quand on m'a parlé de La belle aux bleus d'argent, le premier tome d'une autre série de Glen Cook, Garrett détective privé.

    J'ai porté un regard pas convaincu du tout sur ce roman au premier abord... Puis je me suis laissée charmer. En général j'aime bien les mélanges entre les genres, à ce niveau-là La belle aux bleus d'argent a tout pour plaire : l'action se situe dans un univers de fantasy (nains, trolls, elfes...) mais le personnage principal est un détective privé qui tient plus de Nestor Burma (encore un dont il faudra que je vous cause) que de Bilbo le Hobbit.

    Garrett est engagé par le père d'un de ses anciens amis. Celui-ci vient de mourir en laissant une fortune à une femme que le père n'a jamais vue, une femme qui habite dans le Cantard. Dans cette région on se livre à une guerre acharnée pour le contrôle de l'argent, minerai très utile à l'usage de la magie. Le père souhaite retrouver cette femme, il veut rencontrer celle qui a réussi à charmer son fils à ce point. Garrett n'est pas enchanté par cette mission, mais il se rend compte qu'il connait déjà cette femme, il finit donc par accepter l'enquête.

    Il y a dans ce bouquin tout ce qui manquait au premier que j'avais lu : du punch, une intrigue vraiment intéressante. Il a aussi des éléments bien à lui, comme ce soupçon d'humour bien noir. Je ne sais pas ce que valent les tomes 2 et 3 de la série (Coeurs d'or à l'amer et Pour quelques deniers de cuivre), dès que ma bibliothèque municipale se décide à les acheter je vous en parle.
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Lundi 4 décembre 2006
    Je vous ai déjà un peu parlé de Neil Gaiman : il est co-auteur (avec Terry Pratchett) de De bons présages, roman hilarant sur la fin du monde. Aujourd'hui je voulais vous parler de ce qu'il a écrit tout seul comme un grand.
   
    Je vous préviens tout de suite, je ne parle que de ce que j'ai lu, et comme je ne suis pas encore millionnaire et que les livres en anglais ne courent malheureusement pas les bibliothèques françaises, je vous parle de la traduc' en français, c'est comme ça.
   
    L'univers de Neil Gaiman est étrange et inquiétant, mais j'adore. La plupart des romans que j'ai lus de lui ont un schéma commun : le personnage principal, "normal", se retrouve perdu dans un univers dont il ne connaît pas les codes, et il va devoir faire preuve de chance et d'intelligence pour s'en sortir.
   
    On peut commencer par un livre de litté jeunesse, Coraline. Coraline est une petite fille qui emménage dans une nouvelle maison. En passant par une porte condamnée, elle pénètre dans un monde étrange, comme Alice à travers le miroir mais en plus noir. De l'autre côté il y a une maison juste comme la sienne et une autre maman aussi, mais pas tout à fait comme la sienne.
   
    Richard, le héros de Neverwhere, trouve son ailleurs en portant un jour secours à une jeune fille étrange nommée Porte. Elle disparait après qu'il l'ait soignée et nourrie, mais lui se rend compte qu'il n'existe plus dans notre monde : plus personne ne se souvient de lui... Il est contraint de rejoindre le sien, Londres d'en bas.
   
    Stardust nous emmène sur les traces de Tristram, qui vit dans le village de Wall, en bordure de Féérie. Pour conquérir le coeur d'une jeune idiote, il lui promet de lui ramener une étoile filante. On arrive dans un univers de fantasy un peu plus classique, mais assez séduisant malgré tout.
   
    Enfin, Ombre, le héros (si on peut dire) de American gods, rencontre des dieux, anciens et nouveaux, cruels et terrifiants.
   
    Je mettrai à part Miroirs et fumées, un recueil de nouvelles qui, chacune dans leur genre, est un vrai plaisir de lecture, et la série de BD Sandman, dont Neil Gaiman écrit le scénario. Les dessins sont très particuliers et il faut s'habituer au côté décousu et onirique du scénario, mais si on y arrive on apprécie la série.

    Neil Gaiman possède tout simplement le talent nécessaire pour nous emmener ailleurs et nous faire rater la bonne station de métro, ce qui n'est pas si courant...

    Post-scriptum qui n'a rien à voir : sur les conseils de Gaspard j'ai lu Il y a un garçon dans les toilettes des filles, de Louis Sachar , et j'ai adoré. Le héros, Bradley, garçon pas très doué, fait deux rencontres qui vont changer sa vie : Jeff, nouveau dans son école, et Carla, la conseillère d'éducation.
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Mercredi 29 novembre 2006
    J'ai reçu hier, comme tous les mardi (ou parfois mercredi, ou même jeudi quand le facteur est en RTT mais bref) mon Télérama, avec son supplément cadeaux car, résonnez trompettes, Noël approche. Bon, c'est très bien comme idée, mais je n'ai pas été séduite par la partie livres pour enfants. Ce sont des nouveautés, ce qui explique sans doute pourquoi je n'ai lu aucun de ces bouquins, mais ça n'explique pas pourquoi on s'arrête à du niveau 12 ans alors qu'il existe de très bons livres pour ados un peu plus grands (quel est le terme politiquement correct, jeunes adultes ? ).

    Voilà pourquoi j'ai décidé de vous donner ici, en exclusivité mondiale et en direct live, des conseils pour offrir des livres à des enfants. Pour la plupart les livres dont je vais vous parler ne sont pas des nouveautés, ils sont souvent un peu moins chers mais ça veut dire qu'il faut vérifier que l'enfant en question ne les a pas déjà.
   
    Côté albums, je commencerai par Je dors, je mange, je me gratte, je suis un wombat de Jackie French et Bruce Whatley. Le texte est drôle, les dessins très jolis, les enfants adorent et moi aussi ! Il y a aussi la série des Lulu Vroumette. Les textes de sont de Daniel Picouly et les dessins de Frédéric Pillot. Les dessins sont très colorés, la petite tortue (Lulu Vroumette) absolument adorable et les histoires pas bêtes du tout. Claude Ponti a fait des albums que j'apprécie beaucoup, ses dessins sont un peu plus particuliers mais les textes racontent des histoires merveilleuses.

    Je finis par un album de Quentin Blake que j'ai trouvé très chouette, Le Grand dessin. Vous connaissez peut-être déjà Quentin Blake, c'est lui qui illustre les romans jeunesse de Roald Dahl en Folio. Ses dessins sont vraiment particuliers, je sais que certains n'aiment pas, mais l'histoire est très belle - c'est celle d'un crayon magique qui permet de dessiner dans les airs - et les petits ne trouvent pas les dessins moches, leur sens de ce qui est beau n'est pas aussi définitif que le nôtre.
   
    On passe aux un peu plus grands. Pour les jeux sur les mots et les pouvoirs extraordinaires, je demande Yak Rivais ! J'adore ses Animots valises, la série des Enfantastiques est toujours un vrai succès et j'ai une tendresse particulière pour Petit Grounch. Pour les intrigues qui font peur mais pas trop, je demande Roald Dahl. Le Bon Gros Géant, Sacrées Sorcières, Charlie et la chocolaterie, Mathilda, j'en passe et des meilleurs. Parus pour la plupart en Folio Junior et illustrés par Quentin Blake.
   
    Encore un peu plus âgés. Pour la tendresse, l'originalité, pour tout ce qu'elle apporte, je demande Susie Morgenstern ! Je pense à Lettres d'amour de zéro à dix, à L'amerloque, à La Sixième, je pense à tous ses romans au coeur gros comme ça. Pour le même âge à peu près, Marie Desplechin. Verte, Une vague d'amour sur un lac d'amitié, par exemple. Pour ceux qui aiment avoir peur - mais alors vraiment - Moka est là, avec La Marque du Diable par exemple. Marie-Aude Murail, elle, raconte des histoires de famille biscornues dans la série des Emilien et des histoires de détective dans celle des Nils Hazard. J'adore aussi Simple et Oh boy !
   
    Pour les filles qui aiment rire, Louise Rennison a écrit Le journal de Georgia Nicolson. Je n'ai pas lu le dernier tomes mais les 4 premiers sont à se tordre (même à nos âges ;-)

    A se tordre également mais en plus mixte et en plus magique, L'amulette de Samarcande, de Jonathan Stroud. Dans un monde où des magiciens ont réduit des djinns en esclavage et gardent le pouvoir sur la plèbe, un jeune magicien emprisonne un djinn puissant, Bartimeus. Celui-ci a un point de vue réjouissant sur la situation. Aventure surtout, et rires parfois, j'adore. Il y a deux tomes qui suivent, mais pour être honnête je les ai trouvés moins réussis que le premier.
   
    Pierre Bottero a inventé dans La Quête d'Ewilan (en trois volumes) un monde parallèle au nôtre, où on peut créer des choses par l'imagination. Ewilan pensait appartenir au nôtre quand elle a découvert son pouvoir... Aventures encore, dans un monde de fantasy, et j'adore ! Ensuite viennent Les Mondes d'Ewilan (trois volumes également) et je crois que le premier tome d'une troisième trilogie dans le même univers (Le Pacte des Marchombres) vient de paraître.
   
    Philip Pullman nous emmène lui aussi dans un monde parallèle avec sa trilogie A la croisée des mondes, sur les traces de Lyra et Will, mais c'est plus noir donc je le recommanderais pour un peu après.
   
    Si il y a encore un enfant dans votre entourage qui ne connaît pas Harry Potter (ou qui ne le connaît que par les films) saisissez l'occasion.

    Enfin, beaucoup de romans pour adultes comme L'assassin Royal de Robin Hobb peuvent convenir à des grands ados. Dans ce cas précis évitez de dire combien de tomes existent si votre ado n'est pas grand lecteur, et si il le découvre dîtes-lui qu'un tome français est en fait 1/3 (ou 1/2 ? je ne sais plus) de tome anglais et que donc non, ce n'est pas interminable.
   
    Vous trouvez peut-être que je vous en dis peu sur ces bouquins. C'est exprès. Je sais que je suis chiante, mais je m'en fiche. Un cadeau ça ne vaut que si ça vient du coeur, alors je vous donne des idées, mais à vous de fureter dans les rayons des librairies, feuilleter les bouquins qui, je vous le promets, ne mordent pas les adultes, et voir si à vôtre avis ça peut plaire à la personne à qui vous les destinez...

    Pour finir sur une note de musique, je suis d'accord avec le conseil CD de Télérama : Le Soldat Rose, c'est génial, l'histoire est jolie et ne prend pas les enfants pour des cons, les chansons magnifiques et bien chantées.
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Lundi 20 novembre 2006
    J'ai rencontré Corto Maltese en 1998. Son visage me souriait sur la couverture d'un Folio dans une librairie, j'ai attrapé le bouquin et, chose exceptionnelle, l'ai acheté sans l'avoir lu. Ensuite, évidemment, je l'ai dévoré en deux heures.

    C'est seulement trois mois après, alors que je relisais ce roman avec passion, que j'ai appris que Corto n'avait pas toujours été un personnage de roman, qu'il était né personnage de bande dessinée. D'où bien sûr ruée à la bibliothèque et emprunt de tous les tomes disponibles les uns aprés les autres.

    Je ne m'en suis toujours pas remise.

    Le dessin est simplement beau, souvent en noir et blanc, laissant deviner autant qu'il montre réellement. C'est à mon avis pour ça que Corto est irrésistible : il prend le visage de nos rêves. Les intrigues nous emmènent toujours très loin, dans des pays étranges d'abord et souvent dans des phases de rêve, comme dans Les Helvétiques.

    Autre point intéressant : Hugo Pratt, l'auteur de Corto en BD, est aussi l'auteur de Corto en roman : Corto Maltese (le roman) est l'adaptation de La Ballade de la mer salée. Je crois que ça explique, au moins en partie, le peu de décalage entre le Corto des BD et le Corto des romans. Un jour je ferai un billet sur les adaptations, celle-là est un modèle de réussite.

    Bref, si vous avez envie d'évasion, deux solutions : si sous avez un petit sac prenez les romans en Folio, si votre sac est grand tentez les BD, chez Casterman.
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