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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Lundi 22 janvier 2007
    Je m'en vais vous parler d'une petite série de BDs que j'aime beaucoup : Broussaille, de Frank et Bom. Chacune raconte une histoire qui peut se lire indépendemment, le seul point commun est le héros, un jeune homme roux et rêveur nommé Broussaille. Les dessins sont colorés, beaux, travaillés sans que ça en fasse trop. Mais ce que j'aime surtout dans cette série, c'est le caractère du personnage principal. Il voit des mystères, des trésors dans la vie de tous les jours. Il a un regard très frais, un peu comme un Petit Prince devenu adulte. Chaque tome contient sa part de rêve et de magie et me donne envie d'ouvrir les yeux bien grands sur le monde.
   
    Mon favori est le tome 5, Un faune sur l'épaule, peut-être parce que c'est le premier que j'ai lu. J'étais chez des amis, j'avais du mal à m'endormir et je n'avais pas envie de lire le bouquin que j'avais amené. Dans la bibliothèque, une vieille pile de Journal de Mickey* : j'y ai jeté un oeil, et les dessins m'ont sauté aux yeux. Le faune de la couverture était là avec ses yeux rieurs. J'ai remonté la pile pour trouver sa première apparition, et j'ai lu. J'ai découvert Broussaille qui lui-même rencontrait le faune. Je me suis endormie le sourire aux lèvres.
   
    Il existe cinq tomes : Les baleines publiques, Les sculpteurs de lumière, La nuit du chat, Sous deux soleils et Un faune sur l'épaule (écrit par Frank seul). La série est parue aux éditions Dupuis, collection Repérages.

*Edit le 23/01/07 : il s'agissait en fait du journal de Spirou, merci depil.
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Lundi 15 janvier 2007
    Comme promis, voici ce que j'ai lu dans le train pendant le voyage du retour des vacances. J'ai commencé par La quatrième main, de John Irving, que j'avais emprunté à la médiathèque avant de partir. Je restais sur l'idée de lire du John Irving, puisque j'avais aimé Une prière pour Owen. J'en ai essayé plusieurs depuis : Liberté pour les ours, Les rêves des autres et Une veuve de papier. Je n'ai même pas fini Liberté pour les ours, et Une veuve de papier m'a paru franchement bof. Quelques passages étaient bien, mais rien de suffisamment exceptionnel pour que je me décide à vous en parler... Maintenant que j'y pense, je pourrais presque dire la même chose de La quatrième main. John Irving nous raconte l'histoire d'un reporter télé qui se fait bouffer la main par un lion de cirque en Inde. Il y a des tas de rêves plus ou moins prémonitoires et de personnages plus bizarres les uns que les autres dans ce roman, et, je ne sais pas, je n'arrive pas à y croire. Après trois échec, j'abandonne John Irving pour un moment et j'y reviendrai un jour où je n'aurai rien d'autre à lire.
   
    Or donc, on était dans le train, vous vous souvenez ? J'ai fini le John Irving juste avant d'arriver en gare pour une correspondance, et, horreur et damnation, je n'avais rien à lire pour le train d'après ! Ça arrive rarement, mais pour une fois je m'étais laissée surprendre. J'ai donc filé à la maison de la presse de la gare pour voir si par hasard ils ne vendaient pas de livres. Heureusement, c'était le cas. J'ai eu du mal à trouver quelque chose qui pourrait m'intéresser et j'ai fini par choisir un bouquin dont j'avais déjà entendu parler souvent : Ensemble, c'est tout de Anna Gavalda. J'avoue que j'étais un peu dubitative en lisant le résumé mais il était bien épais (550 pages à peu près) et promettait de tenir tout le voyage... Ce qu'il a d'ailleurs fait à la minute près, quasiment !
   
    L'intrigue improbable fait se rencontrer une artiste qui a arrêté de peindre et fait des ménages la nuit, un aristo ruiné, un cuisinier abrupt et une vieille dame qui tombe souvent. C'est face à ce résumé que j'ai eu un petit doute, quand même. Eh bien, j'avais tort. Il y a dans les personnages de Ensemble c'est tout ce qui manque à ceux de La quatrième main. On y croit, pour de bon, on s'y attache, on lutte avec eux et on est content chaque fois qu'il font un petit pas vers la lumière. Bref, je vous le recommande, et chaudement.
   
    Ceux qui auraient quand même envie de lire La quatrième main le trouveront en Points, quant à Ensemble c'est tout il est paru dans la collection J'ai lu.
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Samedi 13 janvier 2007
    Je viens de finir le tome 2 de Garett, détective privé, série dont je vous parlais déjà ici. Le bouquin s'appelle Coeurs d'or à l'amer. Il y a un peu moins de mouvement que dans La belle aux bleus d'argent puisque cette fois presque tout se passe dans la même ville, mais à part ça j'ai vraiment aimé, pour les mêmes raisons que le premier tome. Cette fois Garett est engagé pour servir d'intermédaire dans une histoire d'enlévement pas claire du tout.
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Lundi 8 janvier 2007
    Comme promis, je vous raconte ce que j'ai lu dans le train la semaine dernière. Ce bouquin-là m'a fait tout le voyage aller, et je l'avais déjà commencé avant. Il faut dire qu'il est plutôt long - 326 pages écrites petit - et surtout que je l'ai lu en anglais... Mais pas de panique, il a été traduit !
   
    Commençons par le commencement. L'autre jour je furetais dans une librairie à la recherche d'un cadeau quand j'ai aperçu ce bouquin : Extremely loud and incredibly close, de Jonathan Safran Foer. Ça faisait un moment que je n'avais pas lu en anglais, et quelqu'un m'en avait dit du bien. Qui ? Mystère. J'étais sûre et certaine que c'était dans une chronique précise, mais j'ai vérifié pour inclure le lien ici, et je n'en retrouve pas trace. Il faut croire que c'est un lutin qui me l'a soufflé à l'oreille pendant mon sommeil. Bref, peu importe, ce n'était pas trop cher et je me suis dit que ça me ferait de la lecture dans le train. Je l'ai acheté.
   
    Ça fait un moment que je n'avais pas lu un livre aussi bon. Le narrateur principal est un garçon de 9 ans, Oskar, extrêmement précoce. Son père est mort le 11 septembre dans une des tours du World Trade Center. Quand j'ai lu ça je me suis attendue au pire, machin patriotique et larmoyant, mais non. Le 11 septembre 2001 est un des décors, si on peut dire. Un an après la mort de son père, Oskar trouve une clef qui lui appartenait. Il décide de n'en parler à personne, pas même sa mère, et de mener l'enquête pour savoir où est la serrure que cette clef ouvre. En parallèle, on lit le récit de deux adultes, un homme et une femme, un homme qui est devenu muet petit à petit, perdant mot par mot, et une femme, la grand-mère d'Oskar.
   
    Avec une description comme ça, vous pouvez encore croire que ce roman n'est qu'une mièvrerie. Ce n'est pas le cas, loin de là. L'écriture est étrange, chaque personnage a sa "voix" bien à lui et elles sont toutes les trois différentes de ce qu'on a l'habitude de lire, mais au bout d'un moment on n'y fait plus vraiment attention, ça fait partie de ces personnages. Il y a aussi quelques photos, des changements de police, parfois une phrase par page quand c'est l'homme muet qui écrit, puisqu'il ne peut plus qu'écrire pour communiquer, et aussi des particularités qu'on en comprend qu'après coup. Côté originalité, on peut dire que ça se pose là, mais c'est au service du récit, ce n'est pas artificiel. Côté intrigue, l'enquête d'Oskar l'emmène dans tout New York, on croit plusieurs fois comprendre ce qui se passe et on se trompe parfois, on s'attache à lui et on veut que sa quête aboutisse. Franchement, j'ai eu du mal à poser ce bouquin à chaque fois que j'ai dû le faire.
   
    J'étais au désespoir quand je l'ai fini, parce que c'est un des meilleurs que j'aie lu depuis longtemps, et j'étais sûre qu'il n'était pas traduit, je ne savais pas si je vous en parlerais quand même. Heureusement pour les non anglophones parmi vous, je me trompais ! Je l'ai lu en anglais en Penguin fiction, mais c'est paru en français chez l'Olivier sous le titre Extrêmement fort et incroyablement près. J'espère que la traduction est à la hauteur.
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Lundi 1 janvier 2007
    Je reviens pour de bon dans quelques jours. D'ici là, je vous conseille un bouquin que j'ai lu grâce à Cunéipage : Sagesse d'une femme de radio, de Kriss.
   
    Je suis aussi en train de commencer la saga que Djac recommande ici (Autremonde, de Tad Williams) et ça m'a l'air pas mal du tout...
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Lundi 25 décembre 2006
    Comme promis il y a quelques semaines, je vous parle aujourd'hui de détectives de roman. Je vais probablement devoir en laisser pas mal de côté, n'hésitez pas à compléter si je n'ai pas cité un de vos préférés.

    Nestor Burma mériterait un billet à lui tout seul, et je l'écrirai peut-être un jour. Si vous avez en tête la nonchalance de Guy Marchand qui joue le personnage dans les téléfilms, oubliez-la bien vite : la principale caractéristique de Nestor Burma tel que Léo Malet l'a écrit est plutôt le cynisme. Il est également beaucoup moins sûr de lui. Il enquête dans Paris, et ses enquêtes s'appellent Les Nouveaux mystères de Paris, en référence aux Mystères de Paris d'Eugène Sue, dont je ne vais pas vous parler parce que je ne les ai pas lus. Si vous en avez envie, vous pouvez aussi jeter un oeil à l'adaptation de certaines de ses aventures en BD, par Tardi qui a quand même un talent fou. Les romans sont publiés individuellement en 10/18 et l'intégrale est parue en Bouquins, vous savez, les gros livres aux pages toutes fines.
   
    Passons maintenant des Nouveaux aux Futurs mystères de Paris... Roland C. Wagner a inventé une terre dominée par quelques grosses firmes, et où certaines personnes ont des pouvoirs surnaturels. Temple sacré de l'aube radieuse, c'est son nom (mais on l'appelle Tem) est un transparent. Il s'efface non seulement des mémoires de ceux qui l'ont vu et lui ont parlé mais aussi des fichiers numériques... Qualité pratique pour un détective quand il s'agit de fouiner, mais un sacré handicap pour interroger les témoins et les suspects. C'est pourquoi il s'habille souvent de manière plus que voyante, son emblème est un borsalino vert fluo. Il est souvent confronté à d'autres talents bizarres, où à des avatars tout droit sortis de la Psychosphère (pour ceux qui ont lu American Gods, c'est un peu ça).
   
    Histoire de faire un vrai grand écart, destination le Moyen Age pour retrouver un des personnages d'Ellis Peters : frère Cadfaël. Il est guérisseur et jardinier dans un monastère en Angleterre au XIIe siècle. Frère Cadfaël n'a pas été moine toute sa vie, et ça se sent dans sa manière d'être. Il est souvent amené à enquêter sur les crimes qui sont commis dans les environs du monastère. On peut retrouver ses enquêtes en 10/18. A la même époque, mais dans un seul livre : frère Guillaume de Baskerville, dans Le nom de la rose, de Umberto Eco. C'est aussi un moine, et un enquêteur très cérébral.
   
    Plus près de nous, deux enquêteurs d'Agatha Christie : Hercule Poirot et Miss Marple. En voilà deux qui ne mouillent pas trop le maillot pour découvrir les auteurs des crimes : Hercule Poirot fait marcher ses petites cellules grises, Miss Marple compare les événements à ce qu'elle a connu dans son petit village, dans les deux cas, ça marche...
   
    Un modèle du genre, Sherlock Holmes, le héros de Arthur Conan Doyle, capable rien qu'en regardant quelqu'un de trouver sa profession, ce qu'il a mangé au petit déjeuner et pourquoi il vient le voir. Un enquêteur minutieux, qui ramasse tous les indices, réfléchit énormément, et joue du violon si tout le reste ne marche pas. Il y a pourtant souvent plus d'action que dans les romans d'Agatha Christie : Sherlock Holmes se bouge pour attraper les coupables ou empêcher de nouveaux crimes.
   
    Aux antipodes de Sherlock Holmes, on trouve un détective pas comme les autres, Pepe Carvalho. Son auteur, Manuel Vazquez Montalban, décrit un homme surréaliste, désabusé, un homme qui ne brûle jamais autre chose que des livres dans sa cheminée, mais des livres qu'il a aimés, et qui apprécie avant tout la bonne cuisine - il est rare qu'on finisse un de ces romans sans avoir récupéré quelques recettes. La plupart sont parus en 10/18.
   
    Pour finir sur de la littérature jeunesse, abordons le cas des Trois Jeunes détectives... Trois jeunes gens débrouillards qui arrivent toujours à trouver la solution des énigmes les plus farfelues. Leurs aventures sont disponibles en hachette jeunesse.
   
    J'avais bien envie de vous parler du Poulpe, mais j'y ai renoncé : il a trop d'auteurs pour que toute la série soit bonne, il y a de vrais ratés dûs simplement à la multiplicité des auteurs et un personnage qui, pour les mêmes raisons, n'est pas toujours cohérent d'un tome à l'autre. Je vous cite quand même ceux qui pour moi sont les deux meilleurs de la série : La Petite écuyère a cafté de Jean-Bernard Pouy et Nazis dans le métro de Didier Daeninckx. C'est paru aux éditions la Baleine.
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