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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Lundi 26 février 2007
    J'ai entendu parler de Middlesex par Cunéipage, qui en disait beaucoup de bien. J'avais un petit préjugé négatif sur Jeffrey Eugenides, sans jamais l'avoir lu je trouvais le sujet de Virgin suicides carrément glauque. Je me suis quand même laissée tenter par l'enthousiasme de Cunéipage, et je ne l'ai pas regretté.

    Ce bouquin est un beau pavé. Le narrateur est une fille qui découvre à l'adolescence qu'elle n'est pas construite comme les autres, qu'elle est en fait un garçon. Je dis ça, ce n'est pas faux, et pourtant ce n'est pas ce qui fait le plus gros de ce roman. Calliope, devenu Cal, raconte son histoire en va-et-vient entre le passé lointain - le mariage de ses grands-parents, de ses parents, les naissances, les joies et les peines avant sa naissance, et son présent d'homme. Les deux récits ne se rejoignent pas vraiment à la fin, mais qu'importe. Au début j'ai pensé à la littérature sud-américaine dans cette saga familiale à l'humour féroce, mais Jeffrey Eugenides a un souci du détail et des motivations de ses personnages qui ne colle pas tout à fait dans ce cadre-là. Peu importe la classification, j'ai passé un bon moment de lecture, et moi aussi je vous le recommande. Il est paru en grand aux éditions de l'Olivier, et en poche chez Points.
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Jeudi 22 février 2007
    On a une date de sortie pour Harry Potter 7 en français, ce sera le 15 novembre.
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Lundi 19 février 2007
    Je connaissais depuis longtemps Marie Desplechin comme auteur de littérature jeunesse. Verte, Une vague d'amour sur un lac d'amitié, Et Dieu dans tout ça ? et j'en passe, j'aime beaucoup ce qu'elle écrit. Arbobo m'a rappelé qu'elle écrivait aussi pour les adultes. J'avais déjà survolé un de ses romans adulte il y a un bon moment (je crois que c'était Trop sensibles, mais je n'en suis pas sûre) sans être convaincue. Je l'ai remontée sur ma liste des auteurs à lire, et j'ai emprunté Sans moi la semaine dernière à la médiathèque.

    Je ne suis pas déçue du voyage.

    La narratrice est une femme divorcée qui a deux enfants et recueille une jeune femme. Olivia a été abandonnée, elle s'est droguée, prostituée parfois. On pourrait croire à partir de ce point qu'on va enchaîner sur une histoire banale de bon Samaritain, dans un sens ou dans l'autre, d'ailleurs, mais c'est plus compliqué que ça. Marie Desplechin brouille les pistes, dans une écriture assez hachée, phrases courtes, presque brutales.

    J'y ai retrouvé ce que j'aime dans ses livres jeunesse, avec en plus une bonne dose d'amertume. Résultat : il faut être d'humeur adéquate pour le lire, mais quand on y est, on apprécie. Je l'ai lu aux éditions de L'Olivier mais il est disponible en poche en Points.
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Lundi 12 février 2007
    Je suis tombée la semaine dernière à la bibliothèque sur un bouquin que j'avais lu il y a bien longtemps, et j'ai vu à côté de lui qu'il avait une suite que je ne connaissais pas. Je les ai empruntés tous les deux, pour avoir le premier bien frais en tête au moment de lire le deuxième.
   
    Le premier s'appelle La guerre des chocolats, et le second Après la guerre des chocolats. Jerry fréquente une école de garçons, Trinity. Dans cette école sévit une société secrète, les Vigiles. Archie en est le chef. L'école tremble sous la domination d'un professeur pervers, le père Léon. Celui-ci essaye de manipuler Archie pour se servir des Vigiles dans son propre intérêt, et Archie utilise la société secrète pour martyriser - je ne sais pas si il y a un mot plus précis en français, en anglais on dirait bully - les élèves les plus faibles en leur imposant des "tâches". Jerry est de ceux-là. Il commence par obéir à Archie, mais un jour, sans qu'il sache lui-même vraiment pourquoi, il désobéit. Bien sûr, ça ne se passe pas comme ça...
   
    J'ai trouvé ce roman remarquable, une vraie baffe. Il révèle une face de la réalité qu'on ne voit pas si souvent : les rouages du pouvoir que certaines personnes exercent sur d'autres, ce qu'il faut pour que les rapports de force restent comme ils sont, ou pour qu'ils se déplacent... Je ne vous raconte pas le deuxième roman, ça me forcerait à vous dévoiler beaucoup trop de l'intrigue du premier, mais il est de la même veine. Ils sont tous les deux parus à L'École des loisirs.
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Lundi 5 février 2007
    Comme souvent, j'ai connu Gabriel Garcia Marquez par ricochet. Daniel Pennac parle d'une multitude de bouquins dans Comme un roman, et il a un talent fou pour donner envie de les lire avec presque rien. C'est grâce à lui que j'ai lu Le Parfum, de Süskind. C'est aussi dans ce bouquin que j'ai découvert Gabriel Garcia Marquez. A un moment, Daniel Pennac parle des premières phrases de roman, c'est là qu'il évoque Cent ans de solitude, et sa phrase sur les pierres, rondes comme des oeufs préhistoriques. J'ai noté, peu après je suis allée à la bibliothèque avec la ferme intention de découvrir Gabriel Garcia Marquez.

    J'ai commencé par Cent ans de solitude. Avant ça je n'avais jamais lu de roman sud-américain, ça a été un choc. Un roman fleuve, bien long, et qui racontait une histoire qui courait sur plusieurs générations avec un humour féroce... Ce bouquin était fait pour moi. Il faut quand même savoir retenir des noms qui ne nous sont pas familiers pour y comprendre quelque chose, mais passé cette barrière, on se régale. J'ai enchaîné sur L'amour au temps du choléra (une histoire d'amour impossible), L'automne du patriarche (l'histoire d'un dictateur grotesque et dégoûtant), puis, comme il fallait s'y attendre, j'ai fait une indigestion et j'ai dû arrêter un moment. Le dernier bouquin de Marquez que j'aie lu était un recueil de nouvelles intitulé Douze contes vagabonds, l'un d'entre eux - (l'histoire d'une femme arrivée dans un hôpital psychiatrique par hasard et prise pour une patiente) m'a flanqué des frissons dans le dos qui ne sont pas près de disparaître.

    Gabriel Garcia Marquez a un style que j'aime vraiment, il a parfois des tournures très alambiquées qui dissimulent l'ironie si on n'y prend pas garde. Cent ans de solitude est paru en Points, les autres que j'ai cités en Livre de poche.
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Lundi 29 janvier 2007
    J'imagine qu'un certain nombre d'entre vous connaissent déjà Robin Hobb. Elle est l'auteur de deux séries de fantasy à succès : L'assassin royal et Le vaisseau magique. A ce sujet, d'ailleurs, j'aimerais ouvrir une parenthèse. L'assassin royal est constitué de deux séries bien distinctes en anglais, et ce pour une bonne raison : toute l'action des Aventuriers de la mer, qui se situe dans le même monde mais avec d'autres personnages, se passe entre les deux séries. En français l'éditeur a préféré garder le même nom, j'imagine qu'il ne voulait pas perdre des lecteurs, mais beaucoup de gens lisent L'assassin royal en entier et découvrent du coup des choses sur l'intrigue des Aventuriers de la mer, ce que je trouve franchement dommage. Pour info, la rupture en français se situe avant le tome 7, Le prophète blanc. Je sais que ça a l'air énorme, d'ailleurs, 6 tomes, mais là encore c'est un choix de l'éditeur français : en anglais il n'y a que 3 tomes par série, la rupture entre les tomes paraît plus logique, ça coûte moins cher et c'est moins indigeste. Fin de la parenthèse. Elle était longue, je sais.

    Je voulais donc en venir à un autre livre de Robin Hobb, un bouquin qui ne fait pas partie d'une série et qui n'est pas de la fantasy : Le dernier magicien. Le personnage principal est ce fameux magicien. C'est un SDF qui vit de nos jours dans les rues de Seattle. Il revient du Vietnam et pense avoir un pouvoir secret, être un magicien. C'est peut-être vrai, peut-être pas : ce que j'ai aimé dans ce livre, c'est justement que le doute subsiste, et que le personnage lui-même doute. Peut-être qu'il est magicien, peut-être qu'il est fou, peut-être même qu'il est les deux. C'est un bouquin assez sombre, on colle de près aux angoisses de ce type au fur et à mesure qu'une menace pèse sur la ville et qu'il sent qu'il est le seul qui peut l'arrêter...

    Le dernier magicien est paru chez Mnemos, collection Icares. Je crois que le nom qui apparaît sur la couverture est Megan Lindholm : c'est un autre pseudo de Robin Hobb.
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