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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Mercredi 25 octobre 2006
    Rassurez-vous, je ne vais pas essayer de vous vendre quoi que ce soit... Il y a une pub qui me tape sérieusement sur les nerfs ces temps-ci. Elle vante un déodorant que je ne citerai pas. L'idée, c'est que ce super déo de la mort qui tue permet de garder la tête froide en toutes circonstances. On y voit donc une fille au sourire figé se sortir de toutes sortes d'embûches.
   
    Son scooter est immobilisé par un sabot parce qu'il était mal garé ? No problem, elle saute sur le porte-bagage du premier vélo qui passe ! Le vélo, c'est plus lent donc elle arrive en retard au boulot ? No problem, elle retarde la pendule du boulot (après que son patron lui ait fait une remarque, bien sûr...donc il est bien trop tard pour faire croire qu'elle était à l'heure, même si c'était possible avec quelqu'un qui a un QI plus élevé que celui d'une huître. En plus on voit l'heure partout, j'ai remarqué ça depuis que ma montre est à réparer.)
   
    J'ai comme l'impression que le déo en question, s'il permet de garder les aisselles froides (encore, à voir ! ) agit aussi sérieusement sur les neurones...
   
    Je ne vous parle même pas de la campagne d'affichage d'une marque de produits d'hygiène féminine, avec un énorme signe du féminin et un slogan du style "ça suffit". Qu'est-ce qui suffit, quel est ce problème si essentiel qui concerne les femmes ? La discrimination ? Les violences qu'on leur fait un peu partout dans le monde ? Le cancer du sein ?  Non, le vrai problème des femmes, c'est évidemment les fuites des serviettes hygiéniques !
   
    Quand est-ce qu'on arrêtera de nous prendre pour des connes ?*
   
    J'imagine bien la réunion des publicitaires avec les industriels : les "créatifs" qui disent que tout ça est très djeun', très second degré. Je ne crois pas qu'ils sachent ce que c'est. Le second degré, ce n'est pas faire n'importe quoi et se cacher derrière cette appellation non contrôlée.
   
    *Aujourd'hui on parle des pubs pour les femmes mais les pubs qui visent tout le monde ou celles qui visent les hommes ne sont pas mieux, je sais...
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Mercredi 18 octobre 2006
    Aujourd'hui, je vais jouer les affreuses rétrogrades et vous parler de politesse. J'ai comme l'impression que ce n'est plus franchement à la mode. Qui s'arrête encore pour dire bonjour aux voisins, porter les sacs de la vieille dame ou sourire à la caissière ? Quand je demande à des amis, des gens que je connais et que j'estime pourtant pourquoi ils se conduisent comme des mufles avec les gens qu'ils ne connaissent pas personnellement, les réponses que j'ai tournent toujours autour du même argument : c'est inutile, on n'a rien à obtenir en retour.

    Inutile ? Je me dis parfois que c'est ce qu'on fait de plus utile dans la journée. Se retourner, parler, sourire à un autre être humain, lui signifier notre condition commune, être là tout simplement plutôt que de se transformer en fantôme tout gris... Si ça se trouve, cette vieille dame n'aura échangé des paroles qu'avec vous aujourd'hui. Si ça se trouve, la caissière a envie de hurler tellement elle se sent seule derrière sa caisse. Si ça se trouve, l'inconnu qui a laissé tomber son sac dans le métro n'attendait que ça, un regard, un parole.

    Et vous voudriez leur refuser ça ?

    Les mots de politesse, bonjour, merci, bonne journée, ne sont peut-être pas plein de sens en eux-mêmes... Mais quand ils sont dits avec sincérité ils portent un lien entre être humains. Quoi de plus indispensable ?
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Mercredi 11 octobre 2006
    L'autre jour, je suis allée faire réparer mon fer à repasser. Je suis arrivée dans la boutique juste derrière une femme qui s'énervait sur le réparateur. Elle montait le ton, de plus en plus, alors que lui restait calme. L'épisode a duré presque un quart d'heure, durant lequel je n'ai pas pu faire autrement qu'entendre l'objet du litige en long, en large et en travers : il y avait eu maldonne dans une prise de rendez-vous, elle avait attendu pour rien.

    Plutôt banal, non ? C'est toujours ennuyeux d'avoir perdu son temps, mais il n'y a tout de même pas de quoi perdre les pédales. Je soupçonne fortement cette femme de s'être servi du réparateur comme balle anti-stress, avec la différence qu'à priori la balle anti-stress ne souffre pas. Un quart d'heure, je vous dis. Je me sentais embarrassée mais je suis restée en cas de pépin : elle avait l'air assez énervée pour lui taper dessus. Elle a fini par partir, en lançant comme dernière réplique : "d'ailleurs, si j'étais un homme, vous ne me traiteriez pas comme ça !"

    Il se trouve que je connais un peu ce gars, ce n'était pas la première fois que mon électroménager faisait des siennes. Il est même venu chez moi une fois pour la machine à laver, on a un peu papoté. A chaque fois que quelque chose clochait il m'a expliqué quoi, et pas comme à l'idiote du village. Il ne m'a jamais, pas une fois manqué de respect. Je suis à peu près sûre qu'il n'est pas du tout sexiste.

    Les machos en tout genre m'énervent autant que toutes les femmes qui hurlent au sexisme à chaque fois qu'elles ont un problème avec quelqu'un, comme si la seule raison pour laquelle on pourrait leur manquer de respect (ce qui n'était même pas le cas en l'occurrence) pouvait être leur sexe. A mon sens elles font autant voir plus de mal à l'image des femmes que les gros cons avec leur blagues sexistes à deux balles. Je suis féministe dans le sens où je veux être traitée avec autant de respect qu'un homme, pas moins bien sûr... Mais pas plus non plus !

    Après ça je me suis retrouvée seule comme une conne avec ce gars qui n'en pouvait plus. Je ne sais pas si à sa place j'aurais réussi à garder mon calme. Je lui ai souri, on a parlé de tout et de rien. Et il a réparé mon fer.
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Mercredi 4 octobre 2006
    Je vous vois venir d'ici, comment ça, lundi c'est bouquins et c'est bien, mais si mercredi ça devient scatologie ! Rassurez-vous, cet article ne fait pas partie d'une série. D'autre part je n'ai pas l'intention d'évoquer les fonctions urinaires ou excrétoires en elles-mêmes, mais tout ce qui va autour (ne prenez pas ça dans le sens littéral).

    Pour mieux dire, la sociologie des toilettes.

    Pour femmes, parce que je ne fréquente pas les toilettes pour hommes. Si quelqu'un a son mot à dire sur la façon dont les hommes vivent leurs toilettes, qu'il ne se gêne pas.

    Or donc, les toilettes pour femmes. Dans les toilettes pour femmes, tout commence souvent par l'attente. Bah oui, il y a trop de femmes ou pas assez de toilettes, selon le point de vue. Selon l'ambiance générale, on peut sourire et papoter, ou rester en silence en surveillant la nana d'à côté qui, c'est sûr, veut nous piquer notre place. Oui mais non, j'étais là avant !

    On attend son tour devant les toilettes puis devant les lavabos, pour se laver les mains et se refaire une beauté. Observez bien : la plupart des femmes, même si elles étaient vraiment là pour se laver les mains, ne peuvent pas résister devant le miroir, elles arrangent au moins une mèche ou remettent leur chemisier d'aplomb. En parlant de des lavabos, il y a une tendance inquiétante à sauter l'étape lavage de mains. Une copine qui ne se lave quasiment jamais les mains après avoir été là où le roi va seul m'a donné ses raisons. Il y a la queue au séchoir à mains et ma copine n'aime pas attendre, du coup elle finit par s'essuyer les mains sur son pantalon, qui est forcément plein de germes. En plus, m'a-t-elle fait observer, même si tu sèches au séchoir, après tu prends la poignée de porte pour sortir et comme plein de filles ne se lavent pas les mains là encore tu te retrouves aussi crade qu'avant. Selon elle c'est donc une perte de temps. Je le fais toujours, plus par automatisme qu'autre chose. Je ne sais pas du tout si ça sert à quelque chose.

    Un autre point qui suscite chez moi l'étonnement : l'utilisation du téléphone portable. Bon, qu'on réponde au téléphone pendant qu'on attend son tour, passe encore. Qu'on rentre dans les toilettes avec et qu'on poursuive sa conversation pendant qu'on baisse son pantalon, c'est déjà plus limite. Mais qu'on réponde dans les toilettes voire même qu'on y téléphone carrément, ça me dépasse. Et ça arrive ! Combien de fois ai-je entendu le fameux "t'es où ?" venant d'un box... Et quand elles répondent à la même question, bizarrement elles sont imprécises. Elles pourraient fièrement répondre "là je suis aux chiottes", mais non, ça minaude plutôt dans le genre "je suis au bâtiment B". Autant assumer ce qu'on fait non ? Je n'ai pas de portable, mais de toute façon je serais complètement parano à l'idée que mon interlocuteur entende des bruits de fermeture éclair ou de glouglou !

    Peut-être que j'ai tort d'être aussi coincée... Les groupes de nanas qui viennent satisfaire leurs besoins naturels ensemble n'ont semble-t-il aucun scrupule à continuer la conversation de box en box, en se fichant bien de qui peut écouter. Pas étonnant que les toilettes soient, dans les séries américaines, un des premiers lieux où on trahit ses secrets à qui il ne faudrait pas !

    Au fond c'est logique : l'alimentation est une occasion de sociabiliser, pourquoi pas ce qui en découle ?
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Mercredi 27 septembre 2006
    Je ne sais pas vous, mais moi il me faut ma dose de folie douce dans la semaine, sinon je me sens morose et je deviens pas drôle du tout. Quand je dis folie, c'est peut-être un peu restreint : il me faut juste parfois faire des choses inutiles à première vue, avoir un comportement absurde. La pataphysique de la vie quotidienne, en somme. Liste, non exhaustive, des comportements idiots qui me remettent le sourire aux lèvres :

    - Appeler les choses par un nom et leur parler comme si elles m'écoutaient. Rassurez-vous, je sais parfaitement que ni ma voiture ni mon ordi ne vont me répondre si je leur dis respectivement "Bonjour ma titine ! Tu ne t'es pas trop ennuyée sans moi pendant la répétition ?" ou "Alors coco, tu te connectes ?" mais ça me met de bonne humeur de le faire.

    - Chanter en pleine rue, ou dans les couloirs de l'endroit où je bosse à des heures où je sais que je ne vais pas gêner. Ça me détend, et en plus ça a des chances de détendre aussi les gens qui me croisent (ou de leur mettre insidieusement dans la tête une chanson qui ne les quittera pas de la semaine, donc je chante des trucs pas trop chiants, genre, jamais Le petit bonhomme en mousse, ce serait de la cruauté pure et simple).

    - Esquisser quelques pas de danse quand je suis joyeuse. Rien de trop voyant (je n'ai quand même pas envie qu'on m'enferme...), juste de quoi exprimer la joie.

    - Quand je me retrouve avec une musique d'attente au téléphone, selon les cas je chantonne ou je bouge en rythme. Bon moyen d'éviter le syndrome du comportement désagréable avec la personne que j'ai au téléphone parce que je l'ai attendue pendant une plombe.

    Je tache d'être discrète, mais parfois ça ne marche pas... Je me demande ce qui passe dans la tête des gens qui me surprennent dans ce genre de phase. Je suis à peu près convaincue que la plupart rigolent, avec moi ou de moi. Les autres me prennent probablement pour une dingue : je leur réponds que c'est bien plus fou de toujours être raisonnable.

    En d'autres termes...
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Mercredi 20 septembre 2006
    Le titre fait peut-être un peu hautain, alors j'explique. Je n'ai pas de leçons à donner sur la meilleure façon d'arriver à ses fins. Je suis juste une femme mariée qui se fait draguer de temps en temps et qui aimerait bien pouvoir se sortir de ce genre de situation avec élégance. Or, messieurs, certains d'entre vous sont charmants et je suis sûre que vous avez les meilleures intentions du monde, mais parfois vous ne nous laissez  vraiment aucune porte de sortie. Aussi je propose, pour que tout le monde se comprenne bien, quelques règles de base à observer lors de vos tentatives d'approche.

    1) Une femme qui porte une alliance ou une bague de fiançailles (c'est-à-dire une bague à l'annulaire de la main gauche, sa gauche donc votre droite) a pas mal de chances de ne pas être en train de chercher quelqu'un d'autre. La plupart du temps elle porte cette bague comme symbole de son amour pour celui qui la lui a offerte et de sa fidélité pour lui (ce sont les paroles du rite catholique du mariage en tout cas). Ce serait sympa de regarder vous-mêmes ce genre de détail avant de demander si elle est avec quelqu'un. On ne va pas non plus se faire tatouer sur le front "je suis heureuse en ménage", soyez subtils.

    2) Si vous n'êtes pas clairs sur vos intentions, vous n'aurez pas non plus de réponse claire. On le voit bien, à vos regards, à vos sourires, que vous nous trouvez jolies et que vous aimeriez bien plus si affinités, mais si vous vous contentez de dire que vous exposez des sculptures dans telle galerie ou que vous jouez de la musique à tel endroit, on ne peut pas vous répondre tout de go "écoute, tu es mignon mais je ne suis pas intéressée". Pas besoin non plus d'être grossier, évitez les phrases du genre "joli cul" ou "viens chez moi j'ai un lit", un simple "je te (vous) trouve mignonne, si on allait se prendre un café un de ces jours ? " suffit à nous permettre de répondre franchement si on est intéressées ou pas.

    3) Si la réponse est non, soyez beau joueur, prenez le bien, évitez de jouer le gars outragé qui n'a jamais voulu dire ça, on sait que c'est faux et ça nous laisse sur une très mauvaise impression. Et n'oubliez pas que contrairement aux rumeurs, la plupart des femmes n'ont pas de défaut d'élocution, quand elles disent non c'est non et pas peut-être.

    Trois règles hyper simples qui faciliteraient vraiment la vie de celles qui se font draguer et qui vous permettraient aussi de ne pas nourrir de faux espoirs... Qu'en pensez-vous ?
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