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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Mardi 6 février 2007
    Hier soir, pour la première fois depuis un bon moment, j'ai regardé un bout du JT de France 2. Comme d'habitude je me suis énervée devant les idioties qui me sautaient aux yeux - passons. Ce qui m'intéresse aujourd'hui est un reportage qui expliquait qu'on pouvait assez facilement envoyer un SMS en se faisant passer pour quelqu'un d'autre. Vous imaginez les possibilités... Le reportage se terminait sur un conseil : quand on envoie un SMS à son enfant, toujours le terminer par un code que l'enfant connaît, pour qu'il ne puisse pas croire un message venant de quelqu'un d'autre et risquer de se faire enlever. Ça m'a fortement rappelé le début de Harry Potter 6, Le Prince de sang mêlé, où le ministère de la magie conseillait d'utiliser des mots de passe dans les familles pour démasquer quiconque aurait pris une potion qui lui donnerait l'apparence d'un proche. La fiction, même quand elle se situe dans un univers différent du nôtre, résonne parfois drôlement avec la réalité...

    P.S : tant que j'y suis, j'imagine que ceux que ça intéresse sont au courant mais on ne sait jamais : le prochain Harry Potter, qui sera donc le dernier (snif ! ) sortira en anglais le 21 juillet de cette année.
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Vendredi 2 février 2007
    L'autre jour, j'ai vu dans un magasin de la peinture pour tissu. Les résultats qu'ils montraient étaient jolis, en même temps s'ils étaient moches ils ne les auraient pas montrés... Toujours est-il que je me suis demandé ce que je pourrais écrire sur un T-Shirt tellement personnalisé que je serais la seule à l'avoir, dis donc. J'ai cherché une phrase dans ma tête à moi, je n'ai rien trouvé. Du coup, je suis allée sur un site de citations, il y en avait des tonnes, j'ai copié - collé comme une furieuse, de plus en plus vite.
   
    Sans imagination il ne pourrait y avoir création. (Albert Jacquard). Tiens, le revoilà... J'aime bien Albert Jacquard. D'un autre côté, c'est assez évident dans ma tête ce qu'il dit là, alors je ne vais pas l'écrire sur un T-shirt.
   
    Le monde semble sombre quand on a les yeux fermés. (Proverbe indien). C'est plutôt moi qui aurais besoin de lire ça de temps en temps, donc sur un T-Shirt ça ne me servirait pas à grand-chose... A moins de l'écrire à l'envers pour le lire dans les miroirs ? Mais je ne m'appelle pas Léonard de Vinci pour savoir faire ça sans entraînement.
       
    Dormir à deux rend la nuit moins opaque. (Malcolm de Chazal). C'est vrai en général, mais il y a des gens qui ronflent ! Remarquez, dans ce cas-là les nuits sont blanches...
       
    Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses ! (Pierre Dac). Oh là, j'en use et j'en abuse, des points de suspension, mais non, ça ne convient pas...
       
    La caractéristique principale d'un ami est sa capacité à vous décevoir. (Pierre Desproges). Meuh non, voyons, on reconnaît un ami à sa capacité à vous faire sourire avec n'importe quoi quand on se sent mal.
       
    Un ami, c'est quelqu'un qui vous connaît bien et qui vous aime quand même. (Hervé Lauwick). J'aime bien...
       
    Un sourire coûte moins cher que l'électricité, mais donne autant de lumière. (Abbé Pierre). C'est très joli, mais je n'ai pas envie de surfer sur la vague de sa mort.
       
    Tout corps plongé dans un liquide reçoit un coup de téléphone. (Maurice Roche). Hé hé.
       
    J'ai pris un cours de lecture rapide et j'ai pu lire "Guerre et Paix" en vingt minutes. Ça parle de la Russie. (Woody Allen) C'est con, j'aurais dû trouver ça avant-hier et le mettre en exergue de mon article !
       
    Le problème dans cette méthode, c'était que les citations avaient été choisies par d'autres. Je suis allée jeter un oeil dans mes bouquins à moi, pour trouver des choses qui me ressembleraient plus.
       
    Comme les aiguilles d'une horloge dans un cercle d'or où il est presque toujours minuit, les corps de Wolf et de Lena s'épousent dans la chambre au bord du monde. (Francis Dannemark, Choses qu'on dit la nuit entre deux villes). C'est très beau, mais un peu trop suggestif...
       
    La transparence est un concept imbécile, mon garçon. Inopérant, à tout le moins, quand on l'applique à la recherche de la vérité. Imaginez-vous un monde transparent ? Sur quoi se découperait-t-elle, cette transparente vérité ? (Daniel Pennac, Monsieur Malaussène). Sans le contexte, sans la suite, surtout, c'est un peu nébuleux.
       
    J'aimerais connaître le chef d'orchestre des orages. Ça vous manie le glissant d'eau avec une célérité... du tintamarre des cataractes au gazouillis des fontaines... (Daniel Pennac, Monsieur Malaussène encore). J'adore, mais vu le climat actuel il vaut mieux ne pas lancer les gens sur la météo.
       
    Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ? Un serment fait d'un peu plus près, une promesse plus précise, un aveu qui veut se confirmer, un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ; c'est un secret qui prend la bouche pour oreille, un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille... (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac) Nom de Zeus, c'est beau, mais je ne veux pas que les gens se méprennent...
       
    Puis il est arrivé au sommet de la dune, et d'un seul coup, il l'a vue. Elle était là, partout, devant lui, immense, gonflée comme la pente d'une montagne, brillant de sa couleur bleue, profonde, toute proche, avec ses vagues hautes qui avançaient jusqu'à lui. (J. M. G.  Le Clezio, Celui qui n'avait jamais vu la mer). C'est déjà vachement long et pourtant trop court, je voudrais retenir la nouvelle toute entière, mais j'arriverai en bas du T-Shirt bien avant, même si j'écris recto-verso.
       
    Et si j'essayais des bouquins un peu plus légers ?
       
    My name is Inigo Montoya. You killed my father. Prepare to die ! (William Goodman, Princess Bride). Pour ceux qui ne connaissent ni le livre ni le film, ça fait un peu menaçant...
       
    42 (Douglas Adams, Le guide galactique). On se heure au problème du système de référence, 42, ça veut peut-être dire quelque chose en footballeur, je ne veux pas prendre ce risque...
       
    Je me suis alors dit qu'il vaudrait peut-être mieux chercher du côté de la poésie, qui se prête mieux aux extraits courts mais beaux.
       
    Homme libre toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa lame, et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer. (Charles Baudelaire, Les fleurs du mal). C'est trop beau pour un T-Shirt.
       
    Au fond je courais après une chimère, une phrase assez courte mais hyper belle, qui dirait tout en même temps sans pourtant trop en dire. Mission impossible.
       
    Quelqu'un sait comment on dessine une fleur ?
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Mercredi 31 janvier 2007
    Je ne sais pas si je suis très bien placée pour vous parler de ça, vu que je lis plutôt vite. Mais j'avais quand même envie de vous parler de la vitesse de lecture. Après qu'on ait brièvement abordé le sujet dans les commentaires de cette note j'en ai un peu parlé autour de moi et j'ai fait un petite recherche google, juste pour voir si je me trompais ou pas. Mon idée première a été confirmée : la vitesse de lecture est pour pas mal de gens un critère pour juger de l'intelligence.

    Alors là, je dis stop, et je cite Albert Jacquard (dans un super petit bouquin : C'est quoi l'intelligence). Il y fait une très jolie métaphore que je m'en vais vous raconter. Il parle de deux personnes qui partent d'une même ville pour aller dans un autre, la même aussi. L'un des deux prend le TGV, l'autre sa voiture et les petites routes de campagne. Au bout d'une semaine, on regarde ce qu'ils ont vécu. Le premier est arrivé dans la ville 6 heures après être parti, il a pris le temps de la visiter. Le second, lui, vient d'arriver dans la ville, mais il a eu le temps de visiter des endroits charmants sur la route. En conclusion, ils ont vu du pays tous les deux, ils n'ont juste pas vu le même pays... Il crée le parallèle entre ce voyage et la compréhension d'une idée. Il y a des gens qui comprendront une idée dès qu'elle est énoncée et qui pourront jouer avec après, et d'autres à qui il faut un peu plus de temps, qui ont besoin de la triturer dans leur tête pour vraiment la comprendre. Ceux-là auront au bout du compte moins de temps pour jouer avec, mais ils l'auront vraiment assimilée, et ils l'auront regardé sous des angles que ceux qui ont "compris" tout de suite n'auront pas vus.

    Le rapport avec la vitesse de lecture est peut-être un peu lointain. Disons simplement que je ne vois pas toujours le fait de lire vite comme un avantage. Quand j'arrive à la fin d'un bouquin que j'ai beaucoup aimé, je serais plutôt contente d'avoir pris plus de temps pour en profiter, c'est sans doute pour ça que je relis beaucoup et c'est aussi pour ça que j'aime lire en anglais : comme ce n'est pas ma langue maternelle je suis moins rapide. Surtout, je ne vois pas en quoi ce serait un titre de gloire, ou en quoi ça ferait de moi quelqu'un de plus intelligent. Je n'ai pas particulièrement travaillé ma lecture, c'est venu tout seul, sans doute parce que je lisais beaucoup. D'ailleurs je ne crois pas que les méthodes pour lire plus vite puissent vraiment marcher sur le long terme - ce qu'on peut apprendre, à la limite, c'est à survoler un texte pour savoir en gros de quoi il parle avant de s'y attaquer ou pas.

    Je sais que là, je ne parle que de la lecture plaisir - j'imagine que plein de gens aimeraient lire plus vite pour éplucher plus facilement le énième rapport qu'ils doivent se taper avant la semaine prochaine. Pour ça, le mieux c'est encore de travailler, donc, ses techniques de survol. Si un document est bien fait les titres et intertitres doivent vous donner une idée de ce qu'on y dit, et si c'est vraiment bien fait les mots et expressions importantes doivent être mises en gras ou en italiques. Avec un peu de chance, la fin ou le début de chaque paragraphe vous résume les idées principales de ce paragraphe ou du précédent. Il faut essayer d'avoir une idée globale du document avant d'y plonger pour de bon. Tâchez de repérer la structure, et notez-là. Au pire, prenez des notes au cours d'une lecture plus approfondie pour savoir en gros où vous en êtes, ça peut aider, surtout quand on doit s'interrompre. A ce sujet, pas la peine de se buter quand on bloque, il vaut mieux sortir prendre l'air 10 minutes et respirer un bon coup que de rester enfermé avec un texte et s'énerver dessus. Pour ce qui est de la prise de notes, c'est toute une technique, je crois que chacun a la sienne : le but, c'est de noter uniquement les choses importantes, celles qui vous aideront à vous rappeler de ce que vous avez lu, et d'employer seulement les abréviations que vous serez capables de reconnaître deux mois plus tard. J'imagine que les petits jeux de mémoire ou de concentration comme il en existe doivent pouvoir aider aussi, mais je n'en suis pas sûre à 100%.

    Voilà à peu près tous les trucs que je connais à ce sujet. C'est pas beaucoup, et ce n'est pas étonnant : ce n'est pas parce qu'on sait faire quelque chose qu'on peut l'enseigner, surtout quand c'est quelque chose qui se passe entièrement dans la tête. Je peux ralentir le mouvement de mes mains pour voir et montrer comment je tricote (et encore, c'est un coup à se planter parce qu'on n'y fait pas attention d'habitude) pour le cerveau, je ne crois pas...
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Jeudi 25 janvier 2007
    Vous voulez que je vous dise ce que j'adore avec ma chorale ? C'est la possibilité de se taper un fou rire pas possible pour des raisons idiotes et d'enchaîner sans transition avec un chant magnifique qui fera pleurer dans les chaumières dès qu'on sera au point dessus.
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Mercredi 17 janvier 2007
    L'autre jour j'ai passé un moment à papoter avec de nouveaux collègues, pour apprendre à les connaître. Du coup je me suis demandé quel était le meilleur moyen pour connaître les gens. Déjà, il faudrait définir le mot connaître... Est-ce que ça commence quand on peut associer un nom et un visage ? Ou bien avant, quand on croise quelqu'un tous les jours sans connaître son nom ? Ou encore après, quand on a passé du temps ensemble ? Oui, mais combien, et à parler de quoi ? Harry Potter ou le dernier match de foot, ça compte, ou bien il faut connaître le statut marital, le nombre d'enfants et le prénom de la grand-mère ? En gros, connaître quelqu'un, c'est connaître quoi ? Est-ce qu'on peut dire qu'on connaît quelqu'un si on ne s'est rencontré qu'à travers Internet ? Ou si on en a beaucoup entendu parler par quelqu'un de proche ? Est-ce qu'il y a plusieurs personnes à connaître chez une même personne ? Son lui tel qu'il se représente lui-même et son lui agissant, son lui en famille et son lui au boulot, son lui en vrai et son lui sur Internet, son lui bien dans sa peau et son lui stressé, une multitude de gens dans une seule personne ?

    J'en étais arrivée là quand le four a sonné pour signaler que le gratin était prêt, brave four. Du coup, je suis allée manger, parce que bon, quoi, faut pas déconner non plus.
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Vendredi 12 janvier 2007
    Le système de référence dans lequel on évolue, c'est super important. On peut vouloir dire un tas de choses par système de référence : en l'occurrence, je parle, au fond, de ce qu'on associe à un mot ou une expression. Exemple : si je vous dis "carotte", l'un va penser à un pot-au-feu, l'autre à un bonhomme de neige (et Christophe à autre chose, je sais). Là, c'est plutôt innocent. Par contre, si je vous dis "délinquance"... Vous m'avez compris, c'est important, pour finir, ce à quoi nous font penser les mots. Parce qu'on a beau parler la même langue, tout le monde ne comprend pas toujours la même chose en lisant la même phrase.
   
    On peut s'en rendre compte en jouant à des jeux. Qui se souvient du défunt Pyramide ? Il fallait faire deviner des mots ou des noms en disant d'autres mots, d'autres noms. Pour peu que les partenaires n'aient pas le même système de référence, ça pouvait devenir franchement cocasse. Dans le même esprit, essayez le Time's up, jeu de société où il faut faire deviner à son partenaire des noms de personnages, réels ou imaginaires, en temps limité. Au premier tour on peut parler tant qu'on veut, au deuxième on n'a droit qu'à un mot et au troisième on mime... Là encore, ça marche mieux avec des gens avec qui on partage des références, évidemment.
   
    C'est aussi avec un système de référence commun qu'on peut faire des clins d'oeil aux gens. Dites avec la voix de Nicolas Hulot dans Ushuaïa "Luke, je suis ton père" à quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de Star Wars et vous verrez, ça ne le fera pas marrer du tout.
   
    Tout ça pour en venir au blog de Pascal Obispo. Je suis sûre que vous ne vous attendiez pas à celle-là. Il y a quelques semaines j'essayais comme Axi d'aboutir au blog de Djac avec des requêtes google idiotes comprenant le nom Obispo, parce que je sais que Djac n'aime pas beaucoup ce qu'il fait. Évidemment, je suis tombée sur le vrai blog de Pascal Obispo. J'ignorais qu'il en avait un et je reconnais que je me suis un peu marrée devant l'orthographe approximative et la signature de tous les posts (captain samourai flower, faut-il le rappeler). Je passerais sûrement au-dessus de ça si j'étais fan, mais justement, je ne le suis pas.
   
    Je repensais à ça hier et j'ai décidé d'aller faire un tour sur ce fameux blog, pour voir si ça avait bougé. Quelle n'a pas été ma surprise de voir que le dernier post avait pour titre "42" et pour texte "42" aussi. Ma première réaction a été d'y voir un miracle : Pascal Obispo avait lu Le Guide galactique, il avait aimé, il voulait partager avec tous ses fans... J'ai alors cliqué pour lire les 246 commentaires, et j'ai compris mon erreur.
   
    C'était son anniversaire, il avait 42 ans, et ses fans l'ont compris tout de suite, eux...
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