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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Lundi 3 septembre 2007
Ce n'est pas le tire d'un livre mais le résultat de ma moisson de livres cette semaine.

Le premier bouquin que je n'ai pas fini m'a beaucoup déçu : il s'agit de Je, François Villon, de Jean Teulé. Jean Teulé a écrit quelques bouquins que j'ai beaucoup aimés, c'est pourquoi je ne me suis pas méfiée en ouvrant celui-là, qui raconte, vous vous en doutiez, la vie de François Villon, à la première personne.

Son père est pendu à la première page, sa mère enterrée vivante peu après, et c'est au moment où on fait bouillir vivant le frère d'un de ses amis que j'ai refermé le livre... Chacun son style, c'était vraiment trop morbide pour moi. Si ça vous tente, c'est disponible chez Pocket.

Le deuxième bouquin que je n'ai pas fini est de la littérature jeunesse : ça s'appelle Les virus de l'ombre, de Hicham Charif. Un jeune garçon attrape un virus inconnu, et son ordinateur aussi... J'ai deviné la fin avant d'arriver à la moitié, et, chose rarissime, j'ai immédiatement été vérifier que je ne me trompais pas. C'était bien le cas. C'est quand même un bon bouquin de suspense pour la jeunesse (ça s'adresse plutôt aux garçons, je pense) mais pas une très bonne lecture pour un adulte. C'est paru aux éditions Le navire dans la ville.

Le premier bouquin que j'ai aimé cette semaine, je m'attendais à l'aimer : c'est le quatrième tome de Quatre filles et un jean, d'Ann Brashares : Le dernier été. J'adore cette série. On suit l'été de quatre filles qui sont amies depuis leur naissance, Tibby, Lena, Carmen et Bee. Elles passent l'été séparées pour la première fois dans le premier tome, et juste avant de partir découvrent un jean magique, qui leur va très bien à toutes les quatre, alors qu'elles ne se ressemblent pas du tout. Elle décident de faire du jean un lien entre elles, et de se le partager tout l'été. C'est de la bonne littérature jeunesse, optimiste, mais avec tous les ingrédients de la vie, tristesse, amertume et deuil compris. Le dernier tome est parfaitement à la hauteur des premiers. C'est paru chez Gallimard jeunesse.

Le deuxième bouquin que j'ai aimé cette semaine, on m'en avait parlé il y a un bon moment, et je n'avais jamais réussi à mettre la main dessus. C'est Dans les coulisses du musée, de Kate Atkinson. Ruby Lennox raconte sa vie depuis sa conception jusqu'au présent, où elle a la quarantaine. Son père vend des animaux, sa famille et elle vivent au-dessus de la boutique. Chaque chapitre est doublé par une annexe qui raconte des morceaux de l'histoire de sa famille, depuis son arrière-grand-mère jusqu'à elle. Leur histoire n'est pas très heureuse, et le point de vue est parfois féroce. L'écriture est tranchante, elle ne fait pas de concessions, mais le but n'est pas non plus de démolir les personnages - chacun, aussi minable qu'il soit, a des éclairs d'humanité, ce ne sont pas des caricatures. Dans les coulisses du musée est disponible en livre de poche.

Deux réussites pour deux échecs, une moisson honorable...
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Lundi 27 août 2007
Le bouquin de cette semaine s'appelle Mode d'emploi, l'auteur a préféré rester anonyme. Il est édité par une toute petite maison, qui donne ses livres en bonus quand on achète une machine à coudre. Le style n'est pas extraordinaire, mais le propos est très intéressant quand on aime coudre, et...

On me dit dans mon oreillette que ça se voit. Bon, j'avoue, les horaires d'été de ma médiathèque ne m'ont pas permis d'y retourner depuis un mois, et vu que je viens de m'acheter une nouvelle machine à coudre, point de vue lecture je me suis contentée cette semaine de relire deux Terry Pratchett (Going Postal et Equal Rites, deux bouquins du Disque-monde) et de potasser le mode d'emploi... Je devrais avoir un moment de libre pendant les ouvertures de ma médiathèque la semaine prochaine, vous devriez avoir un vrai conseil de lecture lundi prochain. En attendant, si vous vous posez des questions sur la couture, ce blog a pas mal de réponses.
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Lundi 13 août 2007
"Lis ça, tu vas voir, ça va te plaire". C'est bien pour faire plaisir que je l'ai commencé, ce bouquin. Le thème : le début de la guerre 39-45 en France. Pas ma tasse de thé a priori. Mais j'ai été clouée dès la première page par l'écriture, le souffle de ce roman.

La première partie, Tempête en juin, raconte, par petits tableaux, l'exode de Paris en juin 1940. On suit tour à tour un écrivains célèbre et sa maîtresse, une famille de grands bourgeois catholiques, un amoureux des arts qui se fiche des hommes, un banquier et sa danseuse, un petit couple entre deux âges dont le fils est soldat... Tous fuient Paris alors que l'armée allemande arrive.

La deuxième partie, Dolce, se concentre sur le bourg de Bussy. L'armistice est signé, les parisiens sont rentrés chez eux et des soldats allemands occupent chaque maison, chaque ferme. La cohabition se passe cahin caha : une jeune femme qui vivait un mariage sans amour et dont le mari est prisonnier se laisse séduire par un soldat allemand dans une maison bourgeoise, tandis que dans une ferme un paysan pense à tuer celui qu'il héberge bien malgré lui et qui lorgne sa femme. Et toujours cette écriture, belle, précise, impitoyable.

Le bouquin s'arrête après ces deux parties. Il aurait dû y en avoir cinq, mais Irène Némirovsky était d'origine russe, et juive. Elle avait fui la révolution communiste, était installée en France depuis longtemps, s'était convertie au catholicisme, était un écrivain réputé. Pour un œil nazi elle était toujours juive, et bolchévique potentielle puisque venant de Russie. Elle a été déportée et tuée en 1942, son mari l'a suivie peu après. Ses deux petites filles ont été cachées et ont survécu à la guerre, et avec elles une valise qui contenait le manuscrit de leur mère.

Dans l'édition Folio, Suite française est accompagné d'une préface qui explique cette histoire et, en annexe, d'extraits du journal de l'auteur et de lettres à son sujet envoyées après sa capture.
Même inachevé, c'est un livre fort, très fort, qui parle de ce qui est en tout groupe humain, la lutte, comme Irène Némirovski le dit dans son journal, entre destin individuel et destin communautaire.
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Lundi 6 août 2007
Dana a grillé un stop. Un policier l'arrête, vérifie son permis de conduire. Devient blanc, la menace avec son arme, l'arrête. Pourquoi ? Parce que quelqu'un a commis des crimes sous son nom. Le problème, c'est que Dana est sourde, et même si elle parle, les gens ont du mal à la comprendre. Elle passe deux jours en prison, maltraitée par ses co-détenus, jusqu'à ce qu'on finisse par se rendre compte de l'erreur et qu'on la libère. Pendant tout ce temps son petit ami, Bridger, a fait tout ce qu'il a pu pour la sortir de là. Dana est furieuse au-delà des mots, elle ne veut pas s'arrêter là. Elle et Bridger partent à la recherche du voleur d'identité.

J'ai trouvé ce roman incroyable. Ce n'est pas le genre d'histoire qui m'attire d'habitude, mais c'est extraordinairement bien écrit. Le premier chapitre est à la troisième personne, mais du point de vue de Dana. Puis le deuxième à la troisième personne, point de vue de Bridger. On alterne comme ça un moment, puis on passe à la deuxième partie, qui introduit un nouveau point de vue : celui du voleur. Les trois "voix" racontent et s'entremêlent. Dana est très dure, habituée à se battre. Bridger est bien plus doux, choyé par la vie. Le voleur, lui, cherche de bonnes raisons pour être malhonnête, violent. Il veut être un gagnant, méprise ces perdants qui méritent ce qui leur arrive. A chaque fois que je lisais son point de vue j'avais envie de le frapper, il était réel à ce point-là. En lisant le point de vue de Dana je ressentais sa rage, et le désir de protection chez Bridger. Au-delà du côté suspense de la chose, ce roman m'a emmenée sur des pistes étonnantes, sur l'idée de la communication, de l'identité. Vraiment formidable.

J'ai lu Talk talk en anglais, chez Penguin. La bonne nouvelle, c'est qu'il paraîtra en français en septembre, chez Grasset.
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Lundi 23 juillet 2007
Comme la dernière fois, je vais commencer par la partie sans spoilers, et passer ensuite aux choses sérieuses, mais en blanc et à surligner.

J'ai lu Harry Potter and the Deathly Hallows quasiment d'une traite, à partir du moment où je suis sortie de la librairie avec samedi. J'ai beaucoup ri. Beaucoup pleuré. Je crois que ce tome 7 restera pour moi le meilleur de la série. JK Rowling a réussi son pari, et bien plus. On pourrait croire que répondre à toutes les questions qui restaient posées et raconter cette septième année pourrait être un peu maladroit par endroits, mais ça ne l'est pas une seconde. Tout vient naturellement, et ce n'est qu'à la fin qu'on se rend compte que ce point, là, est effectivement un point final, que la série est finie pour de bon. Ce fut une aventure formidable, dans tous les sens du terme. JK Rowling est une vraie enchanteresse, elle a réussi pour ce tome 7 encore plus que pour les autres à raconter une histoire qui est totalement vraisemblable, rire et larmes mêlées.

La suite est pour ceux qui ont lu la fin du livre. Pour voir ce qui suit, surlignez-le avec votre souris.
Je crois que la mort que j'ai le plus pleurée est celle de Dobby. Je ne pensais pas qu'il mourrait, vraiment pas. Il était un peu dingue, mais il avait un cœur énorme, et je regrette sa mort de tout le mien. J'imagine que quitte à mourir de mort violente, il aurait sans doute aimé le faire comme il l'a fait, pour sauver Harry. J'étais tellement sûre que c'était lui, sur son dos, sur la couverture...
Je suis heureuse que Lupin ait eu assez de sens commun pour vivre heureux avec Tonks, même si ça n'a pas duré longtemps. Heureuse que Percy ait changé de camp. Heureuse qu'il ait pu faire rire Fred, même si c'était pour la dernière fois. Désolée pour le petit Colin Creevey. Et pour Mad-Eye, même s'il n'était plus tout jeune. Contente que Dudley se soit montré un peu, un tout petit peu reconnaissant envers Harry qui lui a quand même sauvé la vie. J'étais sûre que Wormtail épargnerait Harry, je ne pensais pas qu'il y laisserait la vie.

Quant à la mort de Snape... Je m'y attendais. Je suis heureuse que JK Rowling lui ait fait justice. Les scènes dans la pensieve nous le montrent tel qu'il était vraiment : un sale type, certes, mais qui a quand même été, en un sens, sauvé par l'amour qu'il éprouvait pour une mudblood, pour Lily Potter. Je le savais. Depuis le souvenir de Snape dans le tome 5, et surtout parce que Petunia parle de "that awful boy" quand elle explique comment elle a entendu parler des dementors. Je me doutais que ce n'était pas James, ça ne pouvait être que Severus. Il ne faisait pas semblant de détester Harry, il lui rappelait trop James, mais il l'a quand même protégé, pour Lily. Et puis comment expliquer, sinon, que Voldemort ait donné une chance à Lily ? Pourquoi, sinon pour faire plaisir à Snape ? En un sens, c'est lui qui a permis à Harry de survivre - si Lily n'avait pas eu une chance de vivre, si elle ne l'avait pas refusée pour protéger son fils, Harry n'aurait pas vécu.
J'aurais été déçue qu'il meure trop visiblement en héros, en s'interposant entre Harry et un Avada Kedavra, par exemple. Il est mort comme il a vécu, un héros discret. Son chapitre, The Prince's tale, restera sans doute mon préféré.

Dumbledore est bien mort, comme je le pensais, et son frère Aberforth a aidé, comme je le pensais aussi. RAB est bien Regulus Arcturus Black, le frère de Sirius. Harry était bien un horcrux, et l'était resté après la "résurrection" de Voldemort, mais il a trouvé un moyen pour se débarrasser de cette partie de l'âme de Voldemort et de vivre quand même : je n'avais pas prévu ça. Autre chose que je n'avais pas prévu, c'est le revirement de Kreacher : je ne pensais pas qu'Harry aurait le temps de laisser tomber ses préjugés à son sujet, de le traiter avec bonté, même si je pensais bien que c'était lui qui avait aidé Regulus a trouver le horcrux.

Voilà pour les éléments principaux de l'intrigue, mais il n'y a pas que ça. Je me suis étranglée de rire souvent, grâce à Fred et George d'abord, toujours aussi formidables, et puis il y a de ces trouvailles - le livre que Ron offre à Harry pour charmer les filles, ou les dialogues entre Hermione et Ron... J'adore. Vraiment. Et puis les passages des amours naissantes, les simples moments d'amitié... C'est pour ça que j'aime cette série, parce qu'elle ne se croit pas obligée de donner dans le tragique d'un bout à l'autre, même si c'est la guerre. Elle nous offre des moments pour relâcher la tension, et pour se souvenir que c'est pour ça qu'on se bat, pour garder cette liberté-là. Pour que 19 ans après des parents heureux puissent envoyer leur enfants à Hogwarts en toute confiance.

J'ai découvert Harry Potter il y a six ans. Rebutée par le marketing, puis intéressée par l'histoire, de plus en plus passionnée au fur et à mesure que Harry grandissait, que les intrigues, les personnages et les mystères s'épaississaient, je me sens toute drôle à l'idée que c'est fini... Je n'ai même pas envie d'embrayer sur un autre bouquin, c'est dire. Peut-être qu'un jour je ferai un post un peu plus long sur la série en entier et sur les thèmes qu'elle porte - l'amitié, l'intégrité, les choix, le destin. Je me laisse le temps de mûrir tout ça.

Comme pour la dernière fois, si vous voulez faire des spoilers dans les commentaires, pas de problème, mais merci de les laisser en blanc à surligner pour ceux qui veulent.
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Lundi 16 juillet 2007
J'imagine que beaucoup d'entre vous ont déjà vu le film : il est basé sur un livre, et c'est un livre formidable. Quand on voit le film, on peut croire que le grand-père qui raconte l'histoire au petit garçon malade c'est juste une idée de cinéma pour introduire l'histoire de fantasy, mais pas du tout. William Goldman crée une histoire dans l'histoire : il raconte que son père lui a lu Princess Bride, un livre de S. Morgenstern, quand il était petit et malade. Il raconte qu'il a voulu offrir ce livre à son propre fils et qu'il s'est rendu compte que le bouquin était en fait très long et plein de détails très ennuyeux. Il raconte que c'est pour ça qu'il a voulu le réécrire. Et que racontait le livre ? Une histoire d'amour et d'aventure, entre la belle Bouton d'Or et le courageux Westley...

L'astuce est tout bonnement géniale, parce qu'elle permet une liberté pas croyable. Le narrateur prend régulièrement la parole pour expliquer qu'il a sauté un passage ici ou là, par exemple les préparatifs d'une cérémonie, ce qui lui permet de raconter rapidement ce qui ce passe quand il ne se passe pas grand-chose, voire de ressortir seulement un détail amusant, et de passer du temps sur l'action. Du coup, loin du conte ordinaire, on a une ironie présente mais légère sur toute l'histoire, et quelle histoire ! Passion, combats à l'épée ou combats d'intelligence, géant maladroit, hidalgo vengeur et vrais méchants, une merveille. 

Princess Bride est actuellement épuisé en français, mais on peut encore le trouver en librairie ou en bibliothèque, en J'ai Lu ou aux éditions Bragelonne, sinon vous pouvez le tenter en anglais (éditions Del Rey).
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