Bienvenue !

Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
Pour me contacter, c'est ici.
Ce blog est optimisé pour Firefox.

 Creative Commons License

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Mercredi 17 octobre 2007

Ce bouquin est un peu magique. Il raconte une histoire mi-fantastique, mi-historique, et qui peut pourtant séduire ceux qui d'habitude ne sont pas adeptes de ces deux genres.

Jean Hicquart est médecin, il part à Vienne pour une conférence. Il se retrouve seul dans son compartiment au beau milieu de la nuit glaciale, son train a un accident. Il brise une vitre, sort du wagon, s'évanouit, et se réveille à Vienne en septembre 1791, quelques mois avant la mort de Mozart.

Mozart est vivant, Mozart est malade, Mozart est en train de terminer dans la fièvre La Flûte enchantée. Mozart est un génie, un original, mais pas aussi fou que l'Amadeus de Milos Forman. Jean Hicquart apprend à le connaître, rencontre son entourage, sa femme Constance, les chanteurs de La Flûte. Tous l'appellent Icare, après que Mozart ait mal compris son nom, au fond ça lui convient bien : il sait des choses que personne ne sait et ignore des choses qu'un enfant connaît, il semble bien tombé du ciel...

C'est un roman étonnant, un roman qui arrive, par le biais de ce personnage de nôtre temps, à nous offrir une vision de Mozart tout à fait neuve et belle. Je l'ai lu pour la première fois il y a une dizaine d'année, et c'est ce qui m'a décidée à écouter Mozart d'une autre oreille, plus seulement comme une musique géniale absolument mais comme une musique avec une âme. Il ne me fallait qu'une histoire pour ça.

Icare et la Flûte enchantée est paru chez Acte Sud, collection Babel, c'est un bel objet en plus d'être un beau roman.

publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Lundi 8 octobre 2007

Wren, paru dans la collection Points Fantasy, est le premier tome des Descendants de Merlin. Le récit de ce tome est centré sur une fille, Arlywren, surnommée Wren, que Merlin aurait eue avec la grande prêtresse d'Avalon. Elle grandit sur les routes avec son père barde, de moins en moins respecté au fur et à mesure que la religion chrétienne s'impose en Angleterre. Wren fait son apprentissage de magie avec lui, et voit régulièrement les jeunes Arthur, Kai, Lancelot... Arthur ignore qu'il est le fils d'Uther Pendragon, Wren aussi. Elle tombe amoureuse de lui.

Ce roman n'est pas d'une grande originalité en soi, ni dans l'écriture ni dans les péripéties, j'ai surtout pris plaisir à noter différences et ressemblances avec d'autres récits arthuriens. Les protagonistes sont en gros toujours les mêmes : Merlin, Arthur, Guenièvre, Lancelot, Morgane, et certains éléments déterminants ne changent pas non plus, mais les caractères des personnages et leurs relations changent à chaque fois. Arthur était un brave gars et Guenièvre une idiote. Non, Arthur était un sale type et Guenièvre avait toutes les raisons de se consoler avec Lancelot. Merlin était un vrai sage, mage aux pouvoirs immenses. Ou peut-être un fichu manipulateur. Arthur a couché avec Morgane, ça ne change pas parce qu'il faut bien que Mordred naisse, mais Morgane aimait Arthur avant de savoir qu'il était son frère, et a gardé une certaine tendresse pour lui après. Ou elle se fichait de lui avant et l'a haï quand elle a su. Merlin aimait une prêtresse. Ou Viviane. Ou personne. Comme un grand puzzle, avec des éléments individuels et d'autres communs qu'on pourrait tourner et assembler de plusieurs façons. Entre Chrétien de Troyes (Les romans de la table ronde), Marion Zimmer Bradley (Les dames du lac), Barjavel (L'enchanteur), Jean Markale (Le cycle du Graal), Irène Radford et Alexandre Astier (Kaamelott), on a toujours des surprises. J'en attends plus du tome 2, qui si j'ai bien compris doit se situer à l'époque du règne de Jean sans terre.


Meg Cabot écrit en général des bouquins pour fille un peu légers, comme Le journal d'une princesse, et a choisi dans The mediator d'introduire dans son récit un élément surnaturel : son héroïne voit des fantômes, elle est chargée de les aider à trouver la paix, ou de s'en débarrasser de manière plus expéditive si besoin est. Susannah débarque en Californie du Nord pour vivre avec sa mère, son nouveau beau-père et ses trois beaux-frères. Malheureusement, une fille de son nouveau lycée est morte, et son fantôme hante toujours les lieux. Quant à la chambre dans laquelle elle emménage, elle héberge un charmant jeune homme mort une centaine d'années plus tôt.

Ce livre-là non plus n'est pas franchement original. Susannah doit se débrouiller pour régler ses soucis de fille normale (déménagement, belle-famille et tutti quanti) en plus de problèmes ectoplasmiques. Ça reste à mes yeux un peu artificiel, un peu trop bien léché tout au long du récit. La fin au contraire est rapide, bâclée, comme si l'auteur s'était rendu compte qu'elle allait perdre ses lecteurs si elle ne terminait pas très vite. C'est donc distrayant, mais sans plus, et c'est paru chez Hachette jeunesse.

publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 1 octobre 2007

Le jour où la mère de Ruth, Sally Gilmartin, lui dit qu'elle se croit surveillée et affirme qu'elle s'appelle en réalité Eva Delectorskaya, Ruth est persuadée qu'elle perd les pédales. Mais celle-ci lui confie un manuscrit qui raconte ses jeunes années, et Ruth est bien forcée d'admettre que sa mère dit la vérité. Elle a été espionne pour le compte de l'Angleterre au début de la seconde guerre mondiale, et a dû changer de vie après avoir été trahie. Mais par qui ?

L'originalité de ce bouquin tient surtout dans sa structure : on lit un chapitre du point de vue de Ruth qui vit sa petite vie de professeur particulier d'anglais langue étrangère, puis un chapitre de l'histoire d'Eva, ainsi de suite. Le style, lui, n'est pas très original, mais l'histoire est suffisamment prenante pour que Une vie aux aguets offre un bon moment de lecture. Il est paru au Seuil.


Le deuxième livre de cette semaine est de la littérature jeunesse : Le dernier elfe, de Silvana de Mari. Le monde est ténébreux, pluvieux et froid pour Yorsh, un tout jeune elfe, qui se retrouve tout seul. Il rencontre une femme humaine, Sarja avec qui l'incompréhension est grande : les humains haïssent les elfes et craignent leurs pouvoirs magiques, et la grand-mère de Yorsh lui a dit que les humains mangeaient les elfes avec du romarin.

Dans la première partie il y a des moments drôles quand on comprend les réactions de Sarja alors que l'elfe nage dans le brouillard, mais aussi des moments qui serrent le cœur devant la peur et la solitude de Yorsh. La seconde partie ressemble un peu plus à un conte classique, mais elle n'est pas moins bien écrite que la première, et toute l'histoire est très jolie.

Le dernier elfe est disponible aux éditions Albin Michel, collection Wiz.

publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Lundi 24 septembre 2007
Les gens qui fréquentent aussi le blog de Djac se rappellent certainement d'un bouquin qu'il a porté aux nues en juillet dernier, Cryptonomicon, de Neal Stephenson. J'ai suggéré son achat à ma médiathèque, et en attendant qu'ils se décident, je suis allée voir ce que ce monsieur avait bien pu écrire d'autre. Le résultat de ma quête : L'âge de diamant, ou le manuel illustré d'éducation pour jeunes filles. C'est de la science-fiction, et c'est 'achement bien.

C'est un futur pas si éloigné que ça, où des machines peuvent synthétiser tous les objets qu'on leur demande. Les hommes se sont organisés en tribus qui vivent de manière très différente. Un vieil aristocrate appartenant à une tribu néo-victorienne ne fait pas confiance à une éducation classique pour transmettre les valeurs et le savoir nécessaires à la durée et à la stabilité de ce mode de civilisation. Il propose un projet à un jeune ingénieur de la même tribu : concevoir un manuel interactif qui pourrait développer chez une petite fille, en l'occurrence sa petite-fille, toutes les qualités qu'il juge nécessaire. L'ingénieur conçoit ce livre, petite merveille d'électronique et d'interactivité. Mais il aimerait en faire faire une copie, pirate celle-là pour sa fille, pour qu'elle ait les mêmes chances que la petite-fille de l'aristocrate. Il se fait agresser par de jeunes voyous alors qu'il vient juste de récupérer sa copie pirate, qu'il a fait réaliser par un savant chinois, et le livre atterrit entre les mains de Nell, une petite fille des bas-fond, négligée par sa mère, maltraitée par ses beaux-pères successifs. Le Manuel s'adapte à elle et lui raconte l'histoire de la princesse Nell, prisonnière d'un château noir...

J'ai beaucoup aimé ce bouquin. Il y a des passages bizarres, la fin est surprenante. On n'a pas le temps de s'ennuyer mais on n'est pas non plus en permanence dans l'action, et le monde créé est bien fouillé et plausible. Si ça vous tente, L'âge de diamant ou le manuel illustré d'éducation pour jeunes filles est disponible au livre de poche.
publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Lundi 17 septembre 2007
Le puits des histoires perdues est le troisième tome des aventures de Thursday Next (les deux premiers sont L'affaire Jane Eyre et Délivrez-moi). Thursday travaille dans une brigade littéraire, dont le rôle est en gros de veiller sur les livres : attraper les plagieurs et ceux qui voudraient changer l'intrigue des romans. En effet, dans ce monde, les livres ont une vie propre, des personnages peuvent être kidnappés, c'est ce qui arrive à Jane Eyre dans le premier tome. Dans Le puits des histoires perdues, Thursday tente de prendre un repos bien mérité dans un petit roman policier promis à la destruction, mais la sœur d'Achéron Hadès, le méchant du premier tome, la poursuit et tente de lui faire perdre la mémoire. Ajoutez à ça un énorme complot équivalant en gros à faire une OPA hostile sur tous les livres, et la vie de Thursday est moins paisible que prévu dans ce bouquin oublié...

J'avais lu le premier tome, l'avais trouvé plutôt bof, et avait malgré tout décidé de lire celui-là qu'on me présentait comme le meilleur de la série. Ce bouquin a tout ce qu'il faudrait pour me plaire : un monde un peu loufoque et qui en plus concerne les bouquins, comme un croisement entre Douglas Adams et La bibliothécaire de Gudule... Un type capable de mettre Humpty Dumpty en grève, ou d'écrire une phrase comme "Cette semaine, on a une promotion sur les chagrins d'amour : pour un acheté, vous avez un frère cadet toxicomane sans supplément" devrait sans doute faire partie de mon panthéon personnel, mais voilà, je n'y arrive pas. Thursday ne m'intéresse pas, voilà tout, je lis ses aventures de manière bien trop détachée pour y prendre plaisir. C'est dommage, mais c'est comme ça... Pour ceux qui voudraient tenter l'aventure, les deux premiers tomes sont parus en 10/18 et le troisième est au Fleuve noir.

J'ai enchainé sur du lourd, un roman pour jeunes adultes signé Joyce-Carol Oates : Sexy. Toute l'histoire est racontée du point de vue d'un garçon de 16 ans, Darren, qui est, vous vous en seriez douté, extrêmement sexy. Il sent les regards des autres sur lui, regards de femmes, regards d'hommes, et se cache de ces regards derrière une fausse désinvolture. Un soir, après son entraînement de natation, son prof de littérature, M. Tracy, lui propose de le raccompagner chez lui. Il se montre amical envers lui, il lui propose de l'appeler par son prénom. Darren panique et fuit. Un peu plus tard, ce prof donne une mauvaise note à un des membres du club de natation, entraînant son exclusion. Ses camarades sont d'autant plus furieux qu'ils se doutent que M. Tracy est homosexuel, et l'homophobie n'est pas franchement latente chez eux. Ils décident de se venger de lui en tentant de faire croire au proviseur qu'il est pédophile, qu'il a agressé des enfants.

J'avais déjà bien aimé Nulle et grande gueule, du même auteur, qui était déjà assez peu conventionnel et traitait aussi de la rumeur. Cette fois Joyce-Carol Oates flanque un coup de pied encore plus monumental dans les tabous qui sévissent parfois dans la littérature jeunesse, et donne un peu plus dans la noirceur. Dans ce bouquin rien n'est évident, la plupart des personnages sont très nuancés et la peinture qui est faite de ce lycée et des élèves est tout simplement effrayante. Je ne le conseillerais pas à des enfants trop jeunes, mais vers la fin du collège ça devient abordable. Sexy est paru chez Gallimard, collection Scripto.
publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Lundi 10 septembre 2007
Après avoir adoré Talk talk (qui est maintenant paru en français, aux éditions Grasset) j'ai eu envie de lire d'autres bouquins de T.C. Boyle. Le premier sur lequel je sois tombé à la médiathèque est Le cercle des initiés.

Le narrateur, John Milk, tente de raconter tout ce qu'il sait du professeur Kinsley, que tout le monde appelle Prok, et qui étudie un sujet tabou dans les années 30 : la sexualité humaine. John le rencontre pendant ses études et tombe sous son charme. Prok l'engage pour son projet : réunir le plus possible de témoignages relatant l'histoire sexuelle des sujets, de la façon la plus objective possible. John est complètement fasciné par Prok, qui se révèle un mélange bizarre entre bourreau de travail et libertin effréné, qui ne voit la fidélité, par exemple, que comme un tabou ridicule. John s'implique complètement dans son projet, quitte à ce que sa vie personnelle y laisse des plumes.

Je n'ai pas retrouvé dans Le cercle des initiés la même force que dans Talk talk, mais ça reste un très bon roman, bien écrit, et qui plonge de manière très intéressante dans la vie d'un personnage sous influence. Il est disponible au livre de poche.

Histoire de se détendre après un roman sérieux, de la SF, et de la bonne : Poupée aux yeux morts, de Roland C. Wagner. Kerl est un naute, il revient sur Terre après avoir voyagé à une vitesse proche de la lumière. Contrairement à toute prévision, il a vieilli pendant le voyage quié tait sensé conserver sa jeunesse. Quant à Sue, la femme qu'il aimait, et qu'il a laissée sur Terre pendant son voyage, elle n'a pas pris une ride, mais s'est transformé en être désincarné, une poupée aux yeux morts qui vend son corps de manière mécanique et qui ne se souvient pas de lui. Quand Kerl est parti de la Terre, les Néopurs, des intégristes de première classe, étaient au pouvoir. A son retour, ils n'y sont plus, mais les gens ont du mal à se remettre sur leurs pieds et tentent, au lieu d'aller de l'avant, de recréer un passé de pacotille : Paris est transformé en attraction pour touristes, plus personne n'y vit vraiment. Kerl est complètement perdu lorsqu'il rencontre un extraterrestre bizarre, le fouinain, qui lui annonce que ce n'est que le début et que d'autres événements vont venir mettre en question la théorie de la rationalité, qui jusqu'ici était jugée comme la théorie fondatrice du monde. Mais est-ce la théorie qui se révèle fausse, ou le monde qui change ?

Je vous avais déjà parlé de Roland C. Wagner, c'est lui l'auteur des Futurs mystères de Paris. Ce bouquin ne fait pas partie de la série, mais il est très bon, et certains thèmes sont communs : ce qui se trame dans cet univers a des points communs avec le passé de celui de Tem. C'est de la bonne SF, assez bien écrite, cohérente, et originale. Poupée aux yeux morts est sorti chez Fleuve noir et est encore disponible dans certaines librairies et bibliothèques (autrement dit, je me suis rendu compte qu'a priori il n'était plus édité. Dommage.)
publié dans : Livres
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
blog religion sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus