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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Mercredi 14 février 2007
    Dans le cadre de mes changements d'habitude radio, j'ai fait hier quelque chose que je n'avais pas fait depuis quelques années : j'ai écouté une fiction à la radio.

    La dernière fois que j'ai fait ça, c'était lors de la dernière rediffusion de Bons baisers de partout, feuilleton génial de Pierre Dac et Louis Rognoni. Autant dire que ça fait un sacré bail, je dirais au moins 6 ou 7 ans. Hier, en jetant un oeil sur les programmes de France Culture (j'avais dans l'idée de faire pour la radio ce que je fais pour la télé, c'est-à-dire savoir ce qui passe avant d'allumer le poste) j'ai vu une fiction prévue de 21h à 22h. Je me suis dit que c'était une bonne occasion de dérouiller mes oreilles.

    Or donc, hier soir, fiction radio sur France Culture, Veuillez ne pas quitter de Mariannick Bellot J'avais peur d'avoir perdu mes bonnes habitudes, et je n'avais pas tout à fait tort. A la radio j'écoute plutôt des émissions de reportage, de discussion, de divertissement, l'attention qu'on porte n'est pas tout à fait la même. J'ai eu un peu de mal à fixer mon attention pendant toute l'heure - il faut dire aussi que c'était assez bizarre comme fiction, j'ai fait assez fort pour un recommencement. Bref, il m'a bien fallu une demi-heure pour arriver à faire quelque chose de peu absorbant (en l'occurrence plier du linge) tout en fixant mon attention sur la radio pour ne pas en perdre une miette.

    Ce qui m'a amenée à réfléchir sur l'idée de pouvoir faire plusieurs choses en même temps. Faire quelque chose de peu intellectuel - je ne sais pas, moi, tricoter tout droit sans réductions ni augmentations, par exemple - en fixant plutôt mon attention sur la radio ou un bouquin, je sais le faire. Pareil pour plier du linge. Remarquez, ça a aussi des mauvais côtés. A une époque j'allais très peu à la piscine, parce que je trouvais ça chiant de nager sans aucune "distraction". Je crois que c'est surtout une question d'entraînement et d'habitude, comme souvent avec notre petit cerveau. S'il a l'habitude d'être stimulé de tous les côtés, ce sera difficile pour lui de se concentrer sur une seule tâche. A l'inverse, s'il a l'habitude de faire une chose à la fois sans aucune distraction, toute interruption le rendra chèvre. Il faudrait, comme toujours, se débrouiller pour trouver un juste milieu, savoir être multitâche et interruptible tout en se gardant des temps de pause.
publié dans : La vie, l'univers et le reste
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Mardi 13 février 2007
    Parler des quatre coins du monde quand le monde dont on cause est patatoïde, ça me fait toujours sourire.
publié dans : Les belles histoires de Tante Anna
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Lundi 12 février 2007
    Je suis tombée la semaine dernière à la bibliothèque sur un bouquin que j'avais lu il y a bien longtemps, et j'ai vu à côté de lui qu'il avait une suite que je ne connaissais pas. Je les ai empruntés tous les deux, pour avoir le premier bien frais en tête au moment de lire le deuxième.
   
    Le premier s'appelle La guerre des chocolats, et le second Après la guerre des chocolats. Jerry fréquente une école de garçons, Trinity. Dans cette école sévit une société secrète, les Vigiles. Archie en est le chef. L'école tremble sous la domination d'un professeur pervers, le père Léon. Celui-ci essaye de manipuler Archie pour se servir des Vigiles dans son propre intérêt, et Archie utilise la société secrète pour martyriser - je ne sais pas si il y a un mot plus précis en français, en anglais on dirait bully - les élèves les plus faibles en leur imposant des "tâches". Jerry est de ceux-là. Il commence par obéir à Archie, mais un jour, sans qu'il sache lui-même vraiment pourquoi, il désobéit. Bien sûr, ça ne se passe pas comme ça...
   
    J'ai trouvé ce roman remarquable, une vraie baffe. Il révèle une face de la réalité qu'on ne voit pas si souvent : les rouages du pouvoir que certaines personnes exercent sur d'autres, ce qu'il faut pour que les rapports de force restent comme ils sont, ou pour qu'ils se déplacent... Je ne vous raconte pas le deuxième roman, ça me forcerait à vous dévoiler beaucoup trop de l'intrigue du premier, mais il est de la même veine. Ils sont tous les deux parus à L'École des loisirs.
publié dans : Livres
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Vendredi 9 février 2007
    J'ai vécu une grande histoire d'amour avec France Inter. J'aime encore beaucoup certains programmes. Daniel Mermet, bien sûr. La bande à Bonnaud vaut le coup, parfois. Panique au Mangin Palace, le dimanche. Mais les journaux et émissions d'information m'insupportent, ils sont de plus en plus semblables à ceux n'importe lequel de leurs concurrents. Les journalistes se complaisent dans des détails sordides et inutiles, quant à leur traitement de la campagne présidentielle, je le trouve pathétique - ils se contentent de rapporter fidèlement les petites phrases et les "affaires". Le moins qu'on puisse dire c'est que je n'écoutais plus la différence. Ça ne pouvait plus durer.
   
    Il y a deux semaines, j'étais en voiture un soir (je revenais de la chorale) quand le présentateur a dit quelque chose de particulièrement irritant. J'ai zappé au hasard. Je regardais la route, pas les boutons de l'auto-radio.
   
    Je suis tombée sur France Culture.
   
    A part pour des Papous dans la tête (une super émission oulipienne) il y a bien longtemps, je n'avais jamais écouté France Culture. Je gardais de cette station une image plutôt rébarbative. Ce soir-là, je suis tombée sur une voix qui racontait l'investiture de José Bové, mais autrement. Qui expliquait un peu les idées autour, les tenants et les aboutissants, le tout de manière plutôt calme. J'ai aimé. Le lendemain, quand j'ai rallumé ma radio, j'ai changé de fréquence. Depuis, je teste France Culture.
   
    Je ne l'écoute pas toute la journée, c'est une évidence, mais globalement je suis plutôt contente du changement. Je déguste des débats un peu riches. Les voix et jingles sont globalement moins excités que sur France Inter. Il y a des moments particulièrement abscons, que je laisse passer. Le reste du temps, j'écoute. Je ne sais pas si je vais rester sur France Culture, mais je me sens déjà reconnaissante, elle a rendu de la curiosité à mes oreilles blasées.
publié dans : Les belles histoires de Tante Anna
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Jeudi 8 février 2007
    Pour ceux qui aiment Alias, diffusion à partir de ce soir 22h40 de la saison 5 sur M6... Ce que j'en ai entendu ne me fait pas espérer le meilleur, mais pas craindre le pire non plus.

    Je me demande quand même pourquoi ça passe si tard...
publié dans : De choses et d'autres
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Mercredi 7 février 2007
    Le mercredi, je reçois mon nouveau Télérama. Du coup, quand je n'ai pas eu le temps d'éplucher l'ancien, je le fais. Je suis tombée dans le numéro 2677 sur un article sur la peine de mort. Le journaliste, Vincent Rémy, racontait des exécutions "manquées", les fois où ça ne se passe pas tout à fait comme prévu, où le corps résiste. De manière assez précise - en anglais on dirait graphic - pour un journal comme celui-là. Et d'enchaîner sur le fait que la peine de mort, c'est pas bien.
   
    Je suis tout à fait d'accord, la peine de mort, c'est pas bien. Mais ce ne sont pas ces exécutions ratées qui font que la peine de mort est un crime. Sinon, il suffirait de trouver un moyen "sûr" et "propre" pour tuer les gens, et ça deviendrait légitime... Je ne suis pas sûre du tout que répéter jusqu'à la nausée les détails sordides de ces exécutions serve à la cause des condamnés à mort. On doit interdire la peine de mort parce que tuer un être humain, sauf en cas de légitime défense, c'est mal. Or la société dispose de moyens pour empêcher les gens de nuire, de moyens autres que la mort. Des moyens qui permettent aux gens, peut-être, d'atteindre la rédemption. Qui permettent aussi de leur rendre un avenir, s'il s'avère qu'on s'est trompé, qu'on n'avait pas le bon coupable. Les prisons françaises sont notre honte, épinglées chaque année par Amnesty International, et pour cause - mais je crois tout de même qu'elles valent mieux que la mort. Si la société assassine, elle ne vaut pas mieux que les meurtriers qu'elle tue, point-barre. Quand on ôte la vie d'un être humain hors légitime défense on commet un crime.
   
    Au lieu de répéter les derniers instants de ces hommes, on ferait mieux de s'intéresser à qui ils étaient avant d'arriver là comme simples numéros, aux personnes qu'ils laissent derrière eux. On ferait alors acte d'humanité. Se complaire dans le sordide, dans les détails horribles, ça nourrit des penchants pas très nets, et les médias adorent ça en ce moment.
   
    Vous remarquerez que j'ai pris soin, justement, de ne pas raconter les détails en question. Je compte sur vous pour faire de même dans les commentaires, et vous me feriez plaisir en restant sobres et posés dans vos discussions.
publié dans : La vie, l'univers et le reste
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