Cette note sera en trois parties. Thèse, antithèse, synthèse ? Pas du tout. Simplement je sais que le public de ce blog est assez divers, donc je vous propose une division selon les intérêts.
Première partie spécialement pour les gens qui n'ont pas vu le film, deuxième pour ceux qui l'ont vu mais qui n'ont pas lu les livres (ou du moins pas le suivant), et dernière pour les
Potterophiles qui ont tout lu et qui préparent déjà leur sac de couchage pour dormir devant une librairie vendredi soir. Comme ça, personne n'apprend d'éléments importants s'il ne le veut pas.
Or donc,
pour tout le monde y compris ceux qui n'ont pas vu
L'ordre du Phénix : j'ai trouvé que c'était
un assez bon film. Peut-être pas aussi bon que
Le prisonnier d'Azkaban, mais indubitablement meilleur que
La coupe de feu. Il y a suffisamment de scènes d'action pour qu'on ne s'ennuie pas, suffisamment de
scènes de non-action pour que ça ait du sens, et je crois qu'on peut comprendre ce qui se passe sans avoir lu les livres. Les effets spéciaux sont pas mal du tout, la musique assez prenante, les
acteurs pour la plupart excellents. Mention spéciale à Imelda Staunton, qui joue
le professeur
Umbridge. James et Oliver Phelps qui jouent
les jumeaux Weasley grandissent pour devenir
carrément mignons, je n'aurais pas cru ça en les découvrant dans le premier film. Je conseille d'aller le voir en VO, parce que même le meilleur doubleur du monde ne pourrait pas rendre la voix
d'Imelda Staunton dans ce film (vous avez vu, je n'ai même pas parlé d'
Alan Rickman) (merde !)
Pour ceux qui ont vu le film ou lu le livre. J'ai trouvé Umbridge exactement comme elle devait être, flippante à force de rose bonbon, de grands sourires, de chatons
cromeugnons et de dévotion pour Fudge. Sa petite toux, c'était exactement comme je l'imaginais ! L'actrice qui joue
Luna Lovegood est très bien aussi, peut-être moins barrée que je la voyais.
On voit un peu moins le côté chiant de Harry adolescent que dans le livre. Avoir choisi Cho comme "traîtresse" (involontaire, puisque qu'Umbridge lui a fait boire du Veritaserum) au lieu de son
amie Marietta est un bon choix pour un film où on doit rester centré sur les personnages principaux. Je suis contente qu'ils aient gardé la scène où Hermione explique les sentiments de Cho à Ron
et à Harry, c'est une des plus drôles du livre.
J'ai un peu regretté de ne pas revoir Dobby : dans le livre c'est lui qui propose l'endroit où le DA s'entraîne, mais c'est bien que ce soit Neville qui l'ait remplacé pour ça. Dommage qu'on
n'explique pas bien ce que sont devenus ses parents (fous après avoir été torturés par Bellatrix) et que Voldemort aurait pu le choisir autant que Harry. Dommage aussi qu'on voie si peu
Kreacher. Je sais que JK Rowling a insisté pour qu'il apparaisse dans le film, mais on ne comprend rien de son
rôle dans la mort de Sirius : dans le livre il raconte tout ce qu'il peut aux Malfoy et induit Harry en erreur en lui faisant croire que Sirius est parti de la maison quand Harry a la vision de
Sirius torturé par Voldemort. Kreacher a un rôle essentiel puisque c'est un elfe de maison vraiment horrible : il fait un contraste avec Dobby qui est adorable encore qu'un peu frappadingue. La
scène de combat au ministère de la magie m'a un peu déçue : les death eaters (à l'exception de
Bellatrix Lestrange, formidable Helena Bonham Carter) sont moins effrayants que les dementors
au début. C'est marrant, d'ailleurs, c'était la même chose pour La coupe de feu : les death eaters du début étaient vraiment terrifiants, Voldemort à la fin limite moins. On s'attendrait à une
progression dans l'autre sens, tout de même.
Je suis toujours aussi déçue par le jeu de Michael Gambon en
Dumbledore, il lui manque une dimension de
sagesse et d'affection pour Harry, qu'on ne sent même pas à la fin quand il lui explique qu'il lui a caché des choses pour le protéger. On ne voit pas non plus son humour. C'est quelque chose que
j'adore chez lui, pourtant.
Les feux d'artifices de Fred et George sont un peu moins impressionnants que je les avais imaginés, mais ils montrent quand même bien que leur spécialité, c'est la révolte joyeuse, et c'est
génial. J'ai adoré les thestrals. Le seul truc qui m'a un peu gênée côté effets spéciaux c'est à la fin, pendant la bataille, quand les méchants se déplacent en laissant une traînée noire et les
gentils une traînée blanche. Quand on pense qu'un peu plus tôt Sirius dit que chacun a en lui la lumière et l'ombre, et que ce sont nos choix qui font la différence, c'est bien manichéen comme
vision.
Enfin, les Potterophiles qui ont lu le bouquin suivant, vous pouvez surligner ce qui suit avec votre souris : il y a des détails sur
Half Blood Prince et des théories sur
Deathly Hallows.
Si Michael Gambon continue comme ça, je crois qu'il n'y aura pas grand-monde pour pleurer la mort de Dumbledore à la fin du prochain film, alors que dans les livres... Je ne
connais pas grand-monde qui les ait lus et qui ne l'ait pas pleuré.
Le film montre aussi des choses qu'on ne sait pas encore vraiment dans ce tome-là : les regards de Ginny sur Cho quand elle drague Harry, par exemple, joli détail. On
apperçoit Percy aux côtés de Fudge même s'il n'est pas nommé. La chèvre dans le bar où le DA se retrouve pour la première fois tend à prouver que le barman est bien Aberforth, le frère de
Dumbledore (si, rappelez-vous, dans Goblet of Fire Dumbledore dit que son frère a été arrêté pour avoir
pratiqué des sortilèges interdits sur une chèvre). La façon dont on voit la mort de Sirius - "avalé" par le voile - confirme à mon avis une théorie selon laquelle les voix derrière le voile sont
celles de tous ceux qui ont été tués par le sort Avada Kedavra. Une des dernières phrases de Harry dans le film, quand il dit qu'il a pitié de Voldemort qui ne connait ni l'amour ni l'amitié,
avance aussi pas mal sur le tome 6 où il se rend vraiment compte à travers des "leçons" de Dumbledore que Voldemort est un humain comme n'importe qui d'autre, qu'il a fait des choix lui aussi,
qu'il n'est pas né armé et maléfique. J'espère que dans le prochain film Dumbledore va bien dire à Harry que ce sont ses choix qui comptent, pas la prophétie. Parce que mine de rien, Harry Potter
porte aussi une vision du monde, et qu'elle n'est pas fataliste.
Je ferai probablement un post en deux parties (sans et avec spoilers) dès que j'aurai fini de lire Deathly Hallows et de sécher mes larmes, dimanche ou lundi. En attendant,
puisque cette note est déjà un peu décousue et que c'est la dernière occasion que j'ai de le faire, je vais vous raconter ma théorie sur le prochain tome. Il y a pas mal de gens qui pensent que
Harry lui-même, ou sa cicatrice, est un horcrux, qu'il contient une partie de l'âme de Voldemort. Ce que je crois - une théorie comme une autre, dont on rira peut-être dans une semaine mais que
j'aime bien tout de même - c'est que Harry était un horcrux, mais que depuis que Voldemort a assimilé son sang pour retrouver son corps dans le tome 4 il ne l'est plus. Vous vous
souvenez, quand Dumbledore apprend ça, il y a dans son regard une lueur de triomphe, Harry croit qu'il se trompe quand il la voit mais JK Rowling a confirmé que c'était important. Je crois que
Dumbledore avait compris que Voldemort avait retrouvé au moins cette partie de son âme, que Harry ne serait pas forcé de se sacrifier.
Je suis sûre que RAB, celui qui a le vrai médaillon horcrux, est bien Regulus Black, le frère de Sirius, parce que selon les traductions les initiales changent pour
concorder avec son nom. Pour ce qui est de Snape... Je refuse de croire que c'est un pur salaud, parce que c'est le personnage le plus intéressant de la série, toujours en tons de gris. J'espère
qu'il restera comme ça, avec une bonne part d'ombre mais quelques éclairs de lumière par-ci par-là.
Si vous avez envie de commenter, ce serait sympa de préciser si vous allez raconter des éléments de Half Blood Prince ou des théories sur la suite avant de le faire pour garder
la surprise à ceux qui ne l'ont pas lu. En fait, si vous pouviez faire comme moi et garder les spoilers en blanc pour qu'on ne puisse pas tomber dessus par hasard, ce serait encore mieux.
Commentaires