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Je m'appelle Anna, je suis une lectrice insatiable et une perpétuelle curieuse. Je vous propose des conseils de lecture et des réflexions sur la vie, l'univers et le reste...
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Vendredi 29 septembre 2006
    Il n'y a pas si longtemps j'avais les cheveux longs, et je disais avec Desproges qu'on ne me verrait jamais mettre les pieds et encore moins la tête chez un coiffeur. Mais le temps a passé, mes tifs si longs ont fini par m'énerver surtout l'été quand ils tiennent chaud. Comme je ne tenais pas à ressembler à un caniche en sortant de chez le coiffeur, j'ai demandé conseil aux copines. Plusieurs allaient chez le même, ce qui m'a décidée assez vite.

    C'est comme ça que j'ai atterri dans un petit salon de coiffure dans le Vieux Lille et que j'ai confié mes cheveux aux mains expertes de Julien. Shampoing avec massage de crâne (ce que ça peut être agréable !) puis la coupe. Julien m'a fait une coupe superbe, qui allait vraiment bien à mon visage, et en plus il n'a pas été chiant. On a un peu papoté mais rien de forcé, et le reste du temps il a chantonné en me coupant les cheveux. Du bien-être, quoi.

    C'était si chouette que je ne me suis même pas posé la question, Julien est devenu mon coiffeur attitré. Ça a duré quelques mois, puis j'ai senti que l'ambiance se gâtait. Le salon a été racheté et le personnel de moins en moins bien traité. Un jour, en mars dernier, alors que j'avais téléphoné la veille pour prendre rendez-vous spécifiquement avec Julien comme je le faisais toujours, je suis arrivée au salon pour y trouver seulement une coiffeuse, engagée assez récemment. Elle a répondu à mes questions avec embarras, et m'a dit qu'aujourd'hui elle s'occuperait de moi. Je n'étais pas venue depuis un bon moment, je ressemblais à un yéti, alors pour une fois j'ai accepté. La coupe n'a pas été terrible, j'ai subi son bavardage à la schtroumpf et pour couronner le tout elle m'a collé les cheveux avec un gel atroce qui sentait la barbe à papa. L'odeur était si forte et écoeurante que j'ai dû me relaver les cheveux en rentrant chez moi, bien la peine d'avoir payé le brushing ! Cet épisode m'a donné des soupçons, quelques coups de fil aux copines ont confirmé ce que je pensais : Julien ne travaillait plus là.

    Après ça, ma situation capillaire est allée de mal en pis. Julien parti, je n'avais plus aucune raison de fréquenter ce salon, j'en ai donc essayé d'autres, mais en vain. Entre les coiffeurs chiants, les coiffeurs qui coupent mal et ceux qui font les deux, me faire couper les cheveux, du plaisir que c'était, est devenu une corvée supplémentaire.

    Je pensais donc me les laisser repousser, plus pour éviter la corvée que par goût, quand Hélène de mon blog de fille m'a donné une idée : me servir d'Internet pour savoir ce que Julien était devenu ! Ce gars a de l'or dans les mains, il a sûrement retrouvé du boulot, il suffirait de savoir où. D'où cet appel : je cherche un coiffeur dénommé Julien, j'espère qu'il travaille encore dans la région lilloise, en tout cas il a dû partir de son job précédent entre janvier et mars 2006. Si vous savez où il travaille aujourd'hui, merci de me le dire, pour que ses doigts de fée me rendent la sérénité capillaire !
publié dans : Les belles histoires de Tante Anna
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Mercredi 27 septembre 2006
    Je ne sais pas vous, mais moi il me faut ma dose de folie douce dans la semaine, sinon je me sens morose et je deviens pas drôle du tout. Quand je dis folie, c'est peut-être un peu restreint : il me faut juste parfois faire des choses inutiles à première vue, avoir un comportement absurde. La pataphysique de la vie quotidienne, en somme. Liste, non exhaustive, des comportements idiots qui me remettent le sourire aux lèvres :

    - Appeler les choses par un nom et leur parler comme si elles m'écoutaient. Rassurez-vous, je sais parfaitement que ni ma voiture ni mon ordi ne vont me répondre si je leur dis respectivement "Bonjour ma titine ! Tu ne t'es pas trop ennuyée sans moi pendant la répétition ?" ou "Alors coco, tu te connectes ?" mais ça me met de bonne humeur de le faire.

    - Chanter en pleine rue, ou dans les couloirs de l'endroit où je bosse à des heures où je sais que je ne vais pas gêner. Ça me détend, et en plus ça a des chances de détendre aussi les gens qui me croisent (ou de leur mettre insidieusement dans la tête une chanson qui ne les quittera pas de la semaine, donc je chante des trucs pas trop chiants, genre, jamais Le petit bonhomme en mousse, ce serait de la cruauté pure et simple).

    - Esquisser quelques pas de danse quand je suis joyeuse. Rien de trop voyant (je n'ai quand même pas envie qu'on m'enferme...), juste de quoi exprimer la joie.

    - Quand je me retrouve avec une musique d'attente au téléphone, selon les cas je chantonne ou je bouge en rythme. Bon moyen d'éviter le syndrome du comportement désagréable avec la personne que j'ai au téléphone parce que je l'ai attendue pendant une plombe.

    Je tache d'être discrète, mais parfois ça ne marche pas... Je me demande ce qui passe dans la tête des gens qui me surprennent dans ce genre de phase. Je suis à peu près convaincue que la plupart rigolent, avec moi ou de moi. Les autres me prennent probablement pour une dingue : je leur réponds que c'est bien plus fou de toujours être raisonnable.

    En d'autres termes...
publié dans : La vie, l'univers et le reste
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Lundi 25 septembre 2006
    Au temps bien lointain où j'étais à l'école, j'étais une buse en histoire. La raison était très simple : j'étais infichue de retenir les dates, et ma mémoire avait - a toujours - une sale tendance à ne retenir que ce qui l'intéresse. L'histoire "récente" (les deux derniers siècles en gros) pas de problème, avant ça j'étais paumée.

    Deux personnes sont venues à mon secours : Maurice Druon et Alexandre Dumas (inutile de me casser les pieds, je sais que Dumas avait des nègres - paradoxal pour un petit-fils d'esclave - mais ce n'est pas mon propos aujourd'hui.)

    D'abord Alexandre Dumas. J'ai commencé à lire Les trois mousquetaires assez jeune, vers 10 ans, puis j'ai lu la suite (20 ans après et Le vicomte de Bragelonne), j'ai aussi lu La Reine Margot... Tous ces bouquins m'ont tellement intéressée, m'ont emmenée ailleurs de façon si brillante qu'aujourd'hui encore ce que je sais de l'histoire de France je le dois en grande partie à Dumas. Le moyen de ne pas s'intéresser à nos mousquetaires si braves, à leurs aventures qui bon, d'accord, sont un peu rocambolesques, mais dont on redemande !

    C'est grâce à Dumas que je sais que Richelieu était éminence grise sous Louis XIII, que Mazarin a pris le relais après la mort du roi, que la Fronde s'est déroulée pendant l'enfance de Louis XIV, qu’Henri IV était un protestant converti... Je sais que je ne peux pas prendre ce qu'il écrit comme argent comptant (qui couche avec qui par exemple) - ce sont des romans, de la fiction après tout - mais le cadre historique est correct, c'est ce qui compte.

    Ensuite est arrivé dans mon univers de lecture Maurice Druon, l'auteur des Rois Maudits, je-ne-sais-plus-combien-logie flamboyante qui démarre à l'époque de Philippe Le Bel. Au début de cette saga le roi condamne à mort le grand chef de l'ordre des Templiers, Jacques de Molay. Celui-ci meurt sur le bûcher en maudissant le roi de France, le Pape et je ne sais plus qui d'autre (il faudrait que je relise mais depuis la dernière adaptation télé plus moyen de mettre la main dessus à la bibliothèque) sur 13 générations. Malédiction réussie ou malice des hommes, en effet les rois vont mal. Là encore, à prendre avec la distance qui convient mais le cadre historique est correct. Maurice Druon m'a sauvé la mise au collège.

    Si seulement les profs d'histoire pouvaient de temps en temps devenir des profs d'histoires et nous refiler une belle envie d'en savoir plus !
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Vendredi 22 septembre 2006
    Je ne crois pas qu'on soit arrivés à une date symbolique pour Franquin (anniversaire de sa mort...) mais j'ai envie aujourd'hui de mon faire partager mon admiration pour ce type. Ce n'est peut-être pas Debussy, mais dans son domaine c'était à mon avis un vrai génie.

    Avertissement au lecteur : je ne prétends pas à l'exhaustivité, je vais laisser des tas de choses de côté et j'en suis bien consciente.

    Commençons donc par les héros archi-connus, dessinés et scénarisés par beaucoup, entre autres par Franquin qui leura donné à mon avis le meilleur souffle : Spirou et Fantasio. Pour moi, c'est Tintin en mieux... Jugez plutôt : on y retrouve un héros courageux (Spirou et Tintin), un camarade plus maladroit (Fantasio et le capitaine Haddock), un animal (Milou et Spip) et un savant plus ou moins doué (le professeur Tournesol et le comte de Champignac). La comparaison s'arrête là. Spirou est pour moi plus inventif et plus agréable à lire que Tintin, et ses aventures offrent surtout une vision du monde un peu différente...

    Autre héros hyper connu mais très original pour l'époque : Gaston Lagaffe. Il fera son apparition dans les pages du Journal de Spirou, commençant par traîner sans but puis se définissant comme "héros sans emploi". Anti-héros surtout, Gaston rate quasiment tout ce qu'il fait et ne fait jamais ce pour quoi il est payé (s'occuper du courrier des lecteurs. Il est aussi brièvement documentaliste et crée un labyrinthe avec les archives du journal). Il vit au début sous la tyrannie de Fantasio, qui essaye désespérément de le faire travailler, puis sous celle de Prunelle. Avec ses inventions loufoques (le gaffophone !), ses animaux (la mouette, le chat) et son génie quand il s'agit de ne rien faire, il n'y a pas moyen de ne pas aimer Gaston. A condition de ne pas travailler avec lui.

    Beaucoup plus noir mais là encore très drôle, Franquin est aussi l'auteur des Idées Noires. Publiées dans Fluide Glacial (ce ton sinistre n'aurait pas convenu au public de Spirou) elles développent un humour noir (bien sûr), cynique et néanmoins réjouissant. Jugez plutôt.

    Pour finir sur une note plus légère, Les Tifous ! Ces petites bestioles poilues qu'on imagine toutes douces vivent joyeusement dans un univers coloré. Franquin les a dessinés pour la télévision suisse, le scénario est de Yvan Delporte, Xavier Fauche et Jean Léturgie. Trop mignons, non ?

    Si vous voulez en savoir plus sur Franquin, essayez son site officiel ou la page qui lui est consacrée sur Wikipedia - et surtout lisez ses BDs !
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Mercredi 20 septembre 2006
    Le titre fait peut-être un peu hautain, alors j'explique. Je n'ai pas de leçons à donner sur la meilleure façon d'arriver à ses fins. Je suis juste une femme mariée qui se fait draguer de temps en temps et qui aimerait bien pouvoir se sortir de ce genre de situation avec élégance. Or, messieurs, certains d'entre vous sont charmants et je suis sûre que vous avez les meilleures intentions du monde, mais parfois vous ne nous laissez  vraiment aucune porte de sortie. Aussi je propose, pour que tout le monde se comprenne bien, quelques règles de base à observer lors de vos tentatives d'approche.

    1) Une femme qui porte une alliance ou une bague de fiançailles (c'est-à-dire une bague à l'annulaire de la main gauche, sa gauche donc votre droite) a pas mal de chances de ne pas être en train de chercher quelqu'un d'autre. La plupart du temps elle porte cette bague comme symbole de son amour pour celui qui la lui a offerte et de sa fidélité pour lui (ce sont les paroles du rite catholique du mariage en tout cas). Ce serait sympa de regarder vous-mêmes ce genre de détail avant de demander si elle est avec quelqu'un. On ne va pas non plus se faire tatouer sur le front "je suis heureuse en ménage", soyez subtils.

    2) Si vous n'êtes pas clairs sur vos intentions, vous n'aurez pas non plus de réponse claire. On le voit bien, à vos regards, à vos sourires, que vous nous trouvez jolies et que vous aimeriez bien plus si affinités, mais si vous vous contentez de dire que vous exposez des sculptures dans telle galerie ou que vous jouez de la musique à tel endroit, on ne peut pas vous répondre tout de go "écoute, tu es mignon mais je ne suis pas intéressée". Pas besoin non plus d'être grossier, évitez les phrases du genre "joli cul" ou "viens chez moi j'ai un lit", un simple "je te (vous) trouve mignonne, si on allait se prendre un café un de ces jours ? " suffit à nous permettre de répondre franchement si on est intéressées ou pas.

    3) Si la réponse est non, soyez beau joueur, prenez le bien, évitez de jouer le gars outragé qui n'a jamais voulu dire ça, on sait que c'est faux et ça nous laisse sur une très mauvaise impression. Et n'oubliez pas que contrairement aux rumeurs, la plupart des femmes n'ont pas de défaut d'élocution, quand elles disent non c'est non et pas peut-être.

    Trois règles hyper simples qui faciliteraient vraiment la vie de celles qui se font draguer et qui vous permettraient aussi de ne pas nourrir de faux espoirs... Qu'en pensez-vous ?
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Mardi 19 septembre 2006
    Parfois, j'aimerais que prendre du recul soit aussi simple que ça : respirer, s'envoler, se voir soi-même de très haut et se dire qu'au fond ses petits soucis ne sont pas si graves... Mais je ne suis pas encore équipée de cette fonction.

    Peut-être pour Anna 2.0 ?
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